Un 3ème œil sur la réalité

L’Evangile de Judas: Première partie

Les mystères
de l’évangile de Judas

L’évangile de Judas est aujourd’hui le texte gnostique le plus populaire et le plus connu car il a bénéficié d’une gigantesque campagne marketing du National Geographic. Il n’est pas le texte le plus typiquement « gnostique » puisque selon certains spécialistes, il serait porteur de conceptions et d’influences plus proches du christianisme comme cette étrange notion d’une humanité damnée et d’une autre, plus authentique.
Cette conception d’une double humanité paraît à première vue dérangeante mais elle cache peut-être un lourd secret que les autorités du monde antique –le pouvoir romain et puis plus tard, les Pères de l’Eglise– ont voulu dissimuler, voire éradiquer. Cette notion de double humanité a subi une mutation sémantique et donc idéologique au cœur du christianisme et c’est sans doute les restes de cette conception qui ont permis de générer une croyance typique du christianisme radical : celle d’un cercle d’élus de Dieu face à la multitude des pêcheurs impies, des hommes rigoureux, vertueux et obéissant aux lois de l’église face aux hérétiques et autres incroyants. Ce système fondamentaliste existe encore aujourd’hui et est représenté par certains courants évangélistes ou bien sectaires comme la secte des témoins de Jéhovah qui prévoit que seul un nombre restreint d’élus (144.000 en fait) seront sauvés.  Dans ce dossier, nous tenterons d’en savoir plus sur cette mystérieuse « double humanité » mais également sur certains autres thèmes très étranges développés par les gnostiques et qui nous invitent à examiner le phénomène de l’intrusion extraterrestre d’un autre œil.
La popularité de l’évangile de Judas trouve son origine dans l’affirmation selon laquelle Judas était sans doute le disciple préféré du Christ et qu’il n’a fait, en le dénonçant, que remplir une mission que Jésus lui avait confié. De la sorte, la boucle était bouclée et cette dénonciation auprès des Romains permettait à l’épisode de la crucifixion de se dérouler et au message chrétien de se propager.  Quel message ? La venue d’un messie, «ressuscité d’entre les morts» qui « enlève les péchés du monde » ? Rien n’est moins certain !
Les gnostiques considéraient que la crucifixion de même que la mort et la résurrection étaient des aberrations du christianisme messianique, une sorte de virus idéologique et que le message du Christ n’était certainement pas sa mise au supplice et la promesse d’une vie meilleure après cette incarnation terrestre. C’est sans doute pour cette raison que l’évangile de Judas s’arrête net, précisément au moment de la dénonciation, juste avant le calvaire du Christ, peut-être parce que justement, la promesse et le message de Jésus ne résidaient pas dans le dolorisme.  Selon la conception gnostique, le message central est un message de libération portée par une entité, « XRS » (prononcez Krest), peut être le Christ historique et il s’agissait d’une libération par le biais de la connaissance. Pas d’une connaissance livresque et intellectuelle mais bien d’une connaissance du fonctionnement intérieur de la psyché humaine et de ses relations avec le monde qui l’entoure.
Car en fin de compte, les religions monothéistes comme les sectes gnostiques se posent la question suivante : de quoi l’homme est-il prisonnier ? Et que doit-il faire pour se libérer ? Pour les dogmes judéo-chrétiens, l’homme est prisonnier d’une faute commise par son ancêtre, « la faute originelle » et donc, l’être humain est l’objet d’une damnation qui ne sera levée qu’au jugement dernier. Or cela, point de salut ! Pour les gnostiques, l’homme est captif de son ignorance et doit combattre des ennemis : les Archontes. Nous en reparlerons. Il n’y a pas eu de « faute » mais une erreur commise par la déesse « Sophia » (sagesse) lors de la création de la terre et de la lignée humaine, une erreur aux proportions cosmiques qui a eu pour conséquences de couper l’homme de la source créatrice et donc, d’entraver son fonctionnement psychique et de le confiner dans la peur et le manque.
Pour mieux visualiser les enjeux cachées derrière la Gnose, deux auteurs nous ont livré leurs impressions et leur savoir : Daniel Meurois-Givaudan et John Lash.

De quoi parlons nous ?
Avant de nous pencher sur l’évangile de Judas, un texte à part qui ne fait pas partie de la fameuse et plus importante collection de textes gnostiques découverte en 1947 dans la localité de Nag Hammadi, nous essayerons de situer les textes gnostiques en général par rapport à d’autres textes dits « sacrés » comme les évangiles canoniques et « certifiés » par les autorités vaticanes ou encore les Manuscrits de la Mer morte. Ce qui permettra au lecteur d’y voir plus clair dans cet imbroglio de codex et autres parchemins anciens.
Attention : les évangiles et textes gnostiques ne sont en aucun cas des sujets réservés à des spécialistes vieillots à la peau jaunie par des années d’enfermement en bibliothèque, de ces exégètes à la longue barbe grise passant leur vie de sinistre labeur détaché du monde réel, penchés sur des volumes poussiéreux et publiant leurs trouvailles dans quelque obscure publication pour théologiens somnolant. C’est ce que l’on voudrait vous faire croire pour la tranquillité des dogmes bien établis. Bien au contraire, certains de ces textes dits « gnostiques » contiennent des thèmes très polémiques, contemporains, brûlants d’actualité, nous révélant peut-être des informations sur le réel, sur la manière dont nous sommes conditionnés à le percevoir, sur nos origines et les dangers qui nous guettent sur le chemin de l’évolution de «notre» âme ! Les religions du Livre, à savoir les grands monothéismes judéo-chrétiens mais aussi la création et la soi-disant fin du monde, la vie extraterrestre, toutes ces thématiques se retrouvent débattues par le biais de ce sujet des textes gnostiques, au détour de certains passages des codex découverts dans la localité égyptienne de Nag Hammadi en 1945 (NDLR : Ces textes sont symbolisés par l’abréviation d’origine anglaise « NHL » ou Nag Hammadi Library, voir infra). De la lecture de ces codex émergent d’autres réponses à des questions troublantes. Pourquoi l’homme ne serait-il pas coupable d’un péché originel ?  A quoi sert ce concept ? Pourquoi les dogmes religieux établis font l’apologie de la souffrance ? Qui sont les Archontes et le démiurge, Yahvé ? Des « faux Dieux »? Peut-on parler d’une intrusion extraterrestre concernant ces entités ? A quoi sert le concept de la Fin des Temps établi selon le scénario biblique ? Voilà de quoi il sera question dans ce dossier. Un dossier qui, pour être dynamique et bien compris est illustré et complété par deux entretiens avec deux personnalités. Ces deux personnalités sont, à première vue, très différentes l’une de l’autre : John Lash et Daniel Meurois-Givaudan. Le premier est un mythologue et un exégète, spécialiste des textes gnostiques, le second est l’auteur de plusieurs best-sellers comme « De mémoire d’Esséniens » ou « Récits d’un voyageur de l’astral » pour parler de ses œuvres les plus connues. De nationalité américaine, John Lash partage son temps entre Bruxelles et l’Andalousie. Daniel Meurois-Givaudan, un français établi au Canada, présente par le biais de ce qu’il nomme la lecture des annales akashikes, une vision totalement différente du Christ et de la métaphysique en général, de ce que les religions établies nous ont habitués à concevoir. C’est un amoureux du Christ mais d’un Christ païen, en communion avec la terre et la nature. Et quelque part, une sorte d’auteur gnostique dans la mesure où il fait appel à des notions voisines de celles développées par cette doctrine étrange quand il parle de « Noùs » au lieu d’esprit saint ou encore « d’erreur » au lieu de péché. Et John Lash relie le savoir gnostique au chamanisme, au bouddhisme et à une nouvelle écologie dans laquelle la Terre, Gaïa, est une entité consciente.
Sur la question de la double humanité, nous nous sommes adressés à Laura Knight et Henry See, deux auteurs membres du groupe des « Cassiopéens » qui ont longuement étudié cette notion ainsi que certains auteurs qui l’ont abordée : Mouravieff, Gurdjieff et Ouspsensky. Ils ont pu nous fournir de nombreuses précisions.

Les valeurs centrales des religions « bibliques »
Les textes gnostiques de l’école de Seth (notion que nous expliquerons plus loin) contiennent une mise en garde claire et une opposition nette à des valeurs véhiculées par le Christianisme des Pères de l’Eglise et qui sont centrales dans les religions judéo-chrétiennes : la valeur de rédemption ou encore le Salut par la souffrance et l’obéissance stricte et sans réflexion préalable aux prescrits des Ecritures et autres Lois divines ! Sans oublier le messianisme, une notion finalement étrange qui contraint l’humanité à une certaine passivité, nous expliquent de plus en plus d’auteurs. Nous sommes dans l’attente d’un messie qui viendra nous sauver d’un événement traumatique que nous avons de toute évidence bien mérité, nous apprennent les religions du livre : l’Apocalypse. Cet évènement révèlera le dessous des cartes : il y aura des « gentils » et des « damnés », des élus (144.000 parait-il)  et des méchants. Et par conséquent, un paradis et un enfer (avec en outre un purgatoire, selon la version catholique)
Ce conditionnement au messianisme aurait formaté la psyché de l’être humain de manière très particulière. C’est ce que pensent des auteurs comme John Lash ou Paul Von Ward, un auteur américain, ex-pasteur, vétéran du Vietnam,  ancien diplomate, chercheur en théologie. Pour eux, le but de ce conditionnement était et est de nature politique : la soumission aux pouvoirs en place par la crainte d’une autorité ultime, invisible et surnaturelle. Paul Von Ward parle même d’un « traumatisme » général et millénaire, « d’une peur existentielle » qui se transmet de manière inconsciente de génération en génération : « la souffrance individuelle se poursuit par le biais d’un complexe d’être déchu (via le concept de péché originel). La très large vénération que nous avons pour la projection de l’image d’un Dieu aux traits humains entrave le sens que l’homme possède de son potentiel. L’abdication de notre propre responsabilité dans le cadre de l’impact que l’être humain a sur cette planète et sur les futures générations est provoqué par ce syndrome. Placer notre destiné dans une source de puissance distante et intouchable (c’est-à-dire des Dieux surnaturels ou « être avancés » qui reviendraient pour nous sauver) a permis à la société d’éluder toute responsabilité psychologique à l’égard de notre comportement autodestructeur  et à l’égard de nous-même, des autres  et de notre environnement » souligne-t-il.  Pour Von Ward, cette entité surnaturelle, ce « Dieu » que nous avons érigé en maître suprême et le programme qui nous a été instillé via les dogmes religieux trouvent leur source dans ce qu’il nomme des « Etres Avancés » (Advanced Beeings ou A.B) et qui sont en réalité des visiteurs extraterrestres qui ont joué un rôle non négligeable dans notre destinée, la création de nos religions et nos modes de gouvernement (comme la royauté de droit divin). (Von Ward se fonde, à l’instar de Zecharia Sitchin, d’Anton Parks et de bien d’autres auteurs sur une certaine lecture de textes anciens, notamment les tablettes sumériennes qui relatent l’arrivée, l’installation sur terre de ces Dieux colonisateurs et les guerres et cataclysmes qui en ont été les conséquences. Tout comme il met en relief le fait que nombre de récits mythiques présents dans la Bible ainsi que dans d’autres cultes originaires d’Egypte, du Moyen-Orient ou d’Inde, puisent leurs racines dans les textes sumériens)

La survie de l’espèce humaine en jeu?
Pour les Gnostiques, une humanité qui suivrait le chemin du messianisme est une humanité en danger.
Pour paraphraser Nigel Kerner, un très discret journaliste britannique établi au Sri Lanka qui a entre autre effectué des recherches sur l’intervention extraterrestre dans la genèse de l’humanité, « la plus grande tragédie de la condition humaine est que la vaste majorité des êtres humains sur terre semble être satisfaite de leur vie quotidienne ou à tout le moins, ne se pose aucune question sur la signification existentielle de l’homme en tant qu’espèce, en tant que groupe ou concernant sa destinée individuelle » (Nigel Kerner, « The Song of the Greys, The Dark Side of Alien Visitation» Hodder and Stoughton, 1997). Bref, nous dormons sur un tas de questions et de contradictions et cela nous a toujours été fatal. Il serait plus que temps de sortir de notre « torpeur hypnotique », souligne Kerner.
Selon John Lash, le fait d’étudier les écrits gnostiques découverts à Nag Hammadi peut amener l’être humain à une réflexion plus que salutaire : il en irait de sa survie ! Car la psyché de l’homme a été conditionnée depuis des millénaires par un système de valeurs malsain et démentiel, un système propre aux religions judéo-chrétiennes (attention, il ne s’agit pas d’une attaque de la spiritualité mais d’une critique du système qui construit les religions) dans lequel le message « d’amour » est inversé et inapplicable. Car ce qui prime dans le message d’amour judéo-chrétien est le dolorisme. Ce message d’amour, au lieu d’être actif et positif, est étrangement négatif et tordu puisqu’il pousse l’homme vers la souffrance : avec des notions comme « aimes ton ennemi, tends la joue droite lorsque l’on te frappe sur la joue gauche », « les derniers seront les premiers » ou encore « heureux, les pauvres, ceux qui souffrent car ils méritent d’être sauvés », l’être humain se trouve confronté à un diktat divin incompréhensible, quasi impossible à respecter et qui mène immanquablement vers un sentiment de culpabilité perpétuelle. On aurait voulu faire de l’homme un esclave soumis que l’on aurait pas trouver mieux, affirment des auteurs comme Lash ou Von Ward. C’est une invitation à la victimisation et en fin de compte, une invitation aux bourreaux à perpétrer leurs méfaits puisqu’ils génèrent « d’heureux » martyrs. Combien de régimes, de sociétés, de systèmes se sont-ils épanouis grâce à une telle idéologie, se demandent-ils dans leurs ouvrages ? Une telle idéologie nous pousserait à l’immobilisme et à la déresponsabilisation. Et fatalement, si nous ne faisons rien, si nous ne nous changeons pas de l’intérieur, le scénario de « Fin des Temps » arrivera de lui-même. Ce ne sera pas une question de prophétie mais de simple logique. A une époque cruciale où les discours extrémistes des néo-conservateurs américains et des radicaux islamistes gagnent du terrain, leurs visions apocalyptiques dopées par un discours guerrier et haineux (croisade contre le mal au nom de Dieu le Père, au nom d’Allah, Djihadisme) finiront pas prendre corps et se réaliser.

Les prédicateurs de l’Apocalypse au pouvoir
Un nombre croissant de témoignages de militaires, d’hommes politiques et de témoins crédibles travaillant au cœur du cartel militaro-industriel américain relayés par des gens comme le Dr. Steven Greer s’élèvent sur Internet pour raconter qu’une véritable cabale de personnages guidés par ces croyances et cette idéologie religieuse patriarcale, élitiste et tournée vers la Fin des Temps se développe. Cette cabale a pris une telle importance que ce sont ces gens qui sont vraiment au pouvoir. Des militaires se sont même ligués dans le cadre d’une fondation pour dénoncer cette main mise des groupes chrétiens évangéliques dans l’armée américaine. (militaryreligiousfreedom.org). On peut comprendre alors pourquoi ce point de vue critique représenté par les Gnostiques est d’actualité. Et que de plus en plus d’auteurs venus d’horizons très différents dénoncent ce radicalisme messianique et apocalyptique. Il en irait de notre survie. « La découverte de la sagesse quasi chamanique des Gnostiques pourrait nous apprendre d’étonnantes leçons », s’émeut John Lash. Enfin, cette question de la Fin des Temps ou de la Fin d’une époque –dirait plutôt Daniel Meurois Givaudan– prend un relief particulier avec les informations qui s’accumulent ces derniers temps à propos d’une date clé : l’année 2012 qui correspond à la fin du calendrier maya.

L’évangile de Judas
Mais revenons à l’évangile de Judas et à sa place dans les autres écrits. Ce texte a défrayé l’actualité ces derniers temps, en pleine frénésie pour le Code Da Vinci de Dan Brown, l’écrivain de fiction qui a popularisé les gnostiques sans pour autant apporter de la clarté au débat. Son but était de montrer qu’il avait existé aux temps premiers du christianisme une multitude de groupes préchrétiens, de textes apocryphes et que l’église en tant qu’ordre patriarcal avait tenté, avec succès, d’éradiquer une mystique qui vouait un culte au « féminin sacré » et à Marie Madeleine. Voilà pour le code Da Vinci.
Le testament de Judas, classé par ceux qui l’ont découvert comme faisant partie des « évangiles apocryphes gnostiques », appartient à un groupe de textes appelé le « Codex Tchacos » (du nom d’une des propriétaires de ces manuscrits). Ce codex a connu un étrange destin. Il a émergé mystérieusement en 1978 lors de fouilles menées dans la région de Minieh en Moyenne Egypte. On sait très peu de choses sinon rien sur la manière dont le codex a été exhumé. Il se retrouvera emprisonné entre les mains d’un antiquaire jusqu’en 2000 ; période au cours de laquelle le codex fut malmené. L’antiquaire espérait en tirer des sommes astronomiques, car au fil des années, l’intérêt du public allait grandissant à cause des controverses et de l’aura de mystère à propos d’autres textes polémiques et ennuyeux pour le Vatican : les Rouleaux de la Mer Morte (qui ne sont pas des textes gnostiques !!!) d’une part et les évangiles et autres codex de Nag Hammadi d’autre part. Même s’il fut conservé dans les coffres d’une banque suisse, les textes de « Tchacos » furent presque réduits en poussière car il semble que des amateurs de parchemins anciens et des archéologues peu scrupuleux aient monnayé au prix fort auprès de l’antiquaire, la possibilité de photographier certaines parties du codex qui ont été manipulées sans aucun soin. Des passages cruciaux sont illisibles et certaines pages sont même manquantes. On parle pour la première fois dans le grand public du Codex de Tchacos en 2004 lorsqu’il a été acquis par la Fondation Maecenas. L’Evangile de Judas qui fait partie de ce recueil de textes va mettre mal à l’aise les milieux des exégètes chrétiens, on verra pourquoi. Et c’est en 2006 que l’Evangile est pour la première fois intégralement publié avec des commentaires rédigés par une équipe du National Geographic.
Attention : l’évangile de Judas ne fait donc pas partie des textes de Nag Hammadi. Et pour certains spécialistes comme John Lash, cet évangile n’est pas un texte gnostique à proprement parler car il contient des idées influencées par des sectes chrétiennes. C’est plutôt un texte hybride contenant des concepts purement gnostiques et des idées proches du christianisme des premiers temps.

Les textes de Nag Hammadi
Que sont alors ces parchemins trouvés en 1945 dans la localité égyptienne de Nag Hammadi au juste ? Il s’agit de la première découverte d’une collection très étoffée de textes gnostiques apocryphes de diverses tendances. Mais c’est en 1947 –une date décidément bien chargée dans le monde de la conspiration (incident de Roswell, Kenneth Arnold et les flying saucers, création de la CIA, etc.) – que le public prendra connaissance de l’existence de cette collection de textes parfois très brûlants, polémiques et embarrassants pour l’église catholique. Mis à part deux ou trois textes (comme le codex de Berlin), aucun codex gnostique n’avait survécu aux persécutions et autodafés systématiques de l’église. Cette campagne d’épuration avait démarré à partir des 3ième et 4ième siècles, même si les affrontements entre sectes gnostiques et chrétiennes remontent aux premiers temps du christianisme.
Jusqu’à il y a peu, nous ne savions pas grand-chose des idées véhiculées par les Gnostiques si ce n’est ce qu’en disaient les adversaires des Gnostiques, à savoir les autorités chrétiennes qui chassaient les hérésies et déclaraient ce qui était conforme et canonique et ce qui ne l’était pas. Par conséquent, c’est par le biais des Pères de l’Eglise et chasseurs d’hérésies comme l’auteur chrétien Hippolyte de Rome ou encore saint Irénée (2ième siècle de notre ère) que l’on connaît mais de manière caricaturale une partie du contenu de l’enseignement des groupes gnostiques.

Les Gnostiques, Satan et l’Eternel féminin
Simon le Mage, l’un des plus célèbres gnostiques, était considéré par les autorités de l’époque comme un sorcier diabolique, d’où l’accusation qui persiste encore que les Gnostiques et les Religions des Mystères sont les piliers ancestraux du satanisme contemporain. Les Gnostiques ne croyaient pas en la résurrection, certains de ces groupes luttaient contre la propriété privée, ce qui ne plaisait pas du tout aux Pères de l’Eglise. Un groupe gnostique « ophite » vouait un culte au « serpent » symbolisant la connaissance, perpétuant un rituel quasi chamanique  qui était perçu comme des rituels sataniques. On les accusait encore de s’adonner à la fornication et la débauche car des prêtresses vouaient un culte à l’Eternel féminin. Il y a eu des débordements et certains groupuscules extrémistes ont mal compris les rituels sexuels d’invocation de l’éternel féminin pour se livrer des actes pour le moins dépravés et répréhensibles. Mais il s’agissait d’une minorité. Selon l’historien  byzantin Procopius (562 après J.C), « des millions de païens, polythéistes et autres hérétiques dont faisaient partie les Gnostiques furent exterminés par l’Empereur Justinien … au cours de persécutions systématiques menées par ce bigot pédant » (Procopius cité dans C.W King « Gnostics and Their Remains, London, David Nutt, 1887, pp340). L’Inquisition avant la Sainte Inquisition romaine !

L’ennemi des Gnostiques
Bref, nous ne savions presque rien de ce que proclamaient les Gnostiques et c’est la découverte des textes à Nag Hammadi qui permît aux spécialistes de mieux comprendre la teneur des enseignements de ces groupes qui n’étaient ni unis, ni monolithiques. Grâce aux Codex de Nag Hammadi, on comprenait également en quoi les Gnostiques s’opposaient tant au groupe Chrétien qui s’était imposé parmi toutes les tendances et divergences qui existaient lors de l’émergence du Christianisme. Le groupe qui a emporté la mise est la tendance que l’on pourrait qualifier de « Paulinienne », à savoir conforme aux préceptes de Paul de Tarse. Cet apôtre aurait vécu une illumination sur la route de Damas et avait été chargé par les Romains, avant son « illumination », d’infiltrer une secte extrémiste sise près de la Mer Morte et de Qumrân : les Zaddikims. Ce groupe qui estimait incarner la seule voix vertueuse et authentique d’un judaïsme strict (dont une partie de l’enseignement était secret) inquiétait les Romains. Il séduira Paul de Tarse, le futur St Paul qui deviendra un des zélateurs les plus énergiques de cette secte juive intégriste. Mais il avait un autre projet en tête : en la noyautant, il créait en son sein sa propre secte. Crime suprême, il révéla à ses adeptes une partie des enseignements secrets des Zaddikims mêlés à des conceptions préchrétiennes. Paul de Tarse pratiquait « l’évangélisation » des masses, convertissant à tour de bras, un prosélytisme qui était aussi une trahison aux yeux de ses anciens collègues. John Lash nous raconte cet épisode décisif de la fondation du christianisme contemporain dans l’interview. Le groupe des Zaddikims est comparable, nous apprend John Lash, à une secte ufologique vouant un culte à une entité extraterrestre –Yahvé- à l’instar des Mormons ou de la secte de David Koresh à Waco au Texas.

Manuscrits de la Mer morte contre Codex de Nag Hammadi
Il peut arriver que le grand public opère une confusion entre les manuscrits de Qumrân ou rouleaux de la Mer morte et la collection des textes gnostiques coptes découverts à Nag Hammadi. Or, ces deux découvertes, quoi que quasiment contemporaines, sont l’antithèse l’une de l’autre. Nous pourrions même dire que ces textes s’affrontent car ils ont été rédigés par des groupes antagonistes. Ce qui entretient la confusion, c’est qu’ils ont été découverts à la même période par hasard tant en Egypte (NHL) qu’en Israël (manuscrits de la Mer morte) et que l’église a tenté d’en retarder la publicité car le contenu de ces deux collections de textes constituaient pour des raisons diverses une menace pour les autorités vaticanes. Ces manuscrits sont d’abord passés longuement entre les mains de théologiens et d’exégètes soigneusement sélectionnés avant d’être publiés.
Mais qu’est ce qu’il y a de gênants dans ces textes ? Prenons d’abord les manuscrits ou rouleaux de la mer morte. Il s’agit de manuscrits qui furent rédigés entre 250 avant J.C. et 68 après J.C. Ils constituent un ensemble d’environ huit cents textes qui jettent un éclairage direct et nouveau sur la période de naissance du christianisme et de cœxistence avec le judaïsme rabbinique, et, par là, sur ces deux religions elles-mêmes. Ils sont pour la plupart écrits en hébreux et quelques-uns le sont en grec. Ce n’est que petit à petit que le contenu de ces textes est porté à la connaissance du public, soit entre 1955 et 2001, ce qui prouve qu’il y avait des choses embarrassantes dans ces écrits. Un nombre appréciable d’auteurs comme Michael Baigent, Richard Leigh, Herschel Shanks ou Hugh Schonfield ont décrit par le détail les multiples tentatives de dissimulation du Vatican. Car certains de ces textes sont le produit d’une idéologie assez extrémiste et parfois raciste, belliqueuse et élitiste, celle représentée justement par les Zaddikims, qui restent minoritaires au sein de la communauté au sens large des Esséniens. Le contenu des rouleaux est significatif à cet égard. Certes, certains manuscrits contiennent un message pacifique mais d’autres textes comme la « Règle de la guerre » ou « Rouleau de la guerre des Fils de Lumière contre les Fils des Ténèbres » recèlent une vision belliciste dans laquelle le peuple élu de Dieu doit mener une guerre sans pitié contre les étrangers, les fils des Ténèbres.
Ces exégètes ont pu montrer qu’en définitive, l’église catholique romaine puisait ses racines historiques et idéologiques dans cette tendance du judaïsme radical. C’est un aspect que les autorités vaticanes n’ont pas envie de montrer, préférant de loin la version plus « adoucie » des évangiles et textes canoniques du Nouveau Testament. L’ennemi juré de ce groupe des Zaddikims a été désigné dans les rouleaux de la Mer morte sous la dénomination des « enfants de Seth » qui ne sont rien d’autre qu’un groupe appartenant au mouvement gnostique.
Quant aux codex de Nag Hammadi, leur contenu est également gênant pour l’église car il révèle l’existence d’une toute autre forme de spiritualité qui était en concurrence directe avec les Zaddikims et les groupes chrétiens ultérieurs. Ces textes nous décrivent une autre conception du monde et surtout dénoncent le Dieu de l’ancien Testament comme étant un imposteur dément, ce qui est totalement inacceptable pour les autorités ecclésiastiques.

Textes sacrés et textes maudits
Comment en est-on arrivé à faire du Nouveau Testament un recueil de ce que l’on nomme respectueusement les « Saintes Ecritures » par opposition aux autres évangiles qui sont tombés dans l’anonymat ou qui ont été détruits ? Tous ces textes proviennent du 2ième et 3ième siècle et sont des copies. Des copies d’originaux. Et en définitive, nous ne savons pas à quoi ressemblaient les originaux.  On peut dire la même chose des textes de l’ancien testament : les textes définitifs qui sont parvenus entre les mains des autorités religieuses sont des copies d’autres textes. Comment étaient les textes originaux ? Certains passages ont-ils été censurés et écartés par soucis de conformité ?
Prenons par exemple les Evangiles. Il y en a eu un grand nombre et les quatre évangiles du Nouveau Testament sont en réalité des écrits anonymes. « C’est seulement au 2ième siècle qu’on en vint à les intituler d’après les noms de deux disciples de Jésus (Mathieu et Jean) et de deux compagnons des apôtres (Marc, compagnon de Pierre et Luc, compagnon de Paul) », nous apprend Bart D.Ehrman (dans « Le Christianisme mis sans dessus dessous : l’Evangile de Judas, un autre vision » , Flammarion, National Geographic 2006). D’autres évangiles apparurent, qu’on prétendit également rédigés par des apôtres. Il y eut une énorme compétition entre tous ces évangiles prétendument rédigés par des « témoins directs » et disciples du Christ ou par des compagnons de ces apôtres. En réalité, chacun de ces évangiles représentait une tendance au sein de tous ces groupes préchrétiens et gnostiques. Tous ces évangiles ont été révérés par un groupe ou un autre et avec le temps, il en est apparu de plus en plus. C’est finalement le groupe qui recueilli le plus d’adeptes et qui prit les mesures politiques les plus efficaces et les plus radicales qui l’emporta sur les autres. « Ce fut le groupe auquel appartenait Irénée et d’autres figures familières aux spécialistes du christianisme des 2ième et 3ième siècle, comme Justin le Martyre ou Tertullien. Ce groupe devint orthodoxe, et, une fois scellée sa victoire sur tous les adversaires, il réécrivit l’histoire de l’engagement, prétendant qu’elle avait toujours été l’opinion majoritaire dans le christianisme, que ses vues avaient toujours été celles des églises apostoliques et des apôtres et que ses credo étaient enracinés dans les enseignements de Jésus. La preuve en était que Mathieu, Marc, Luc et Jean  racontaient tous l’histoire comme les proto-orthodoxes s’étaient accoutumés à l’entendre » (Bart D.Ehrman « Le Christianisme mis sans dessus dessous » Flammarion, National Geographic 2006). Tous les autres évangiles gnostiques ou chrétiens hérétiques furent détruits à l’instar des groupes qui les vénéraient lors de violentes campagnes d’épuration religieuse. Ou bien, ils tombèrent dans l’oubli et non repris par les copistes, les originaux furent réduits en poussière avec le temps. L’histoire et la chance ont permis de récupérer quelques-uns de ces évangiles hérétiques comme l’incroyable recueil de textes récupérés à Nag Hammadi ou encore le codex de Tchacos. Si ces découvertes archéologiques n’avaient pas été faites, nous ne saurions rien de ces évangiles. Et rien ou pas grand-chose des concepts qui étaient enseignés à l’époque du Christ par ces groupes dissidents. Nous n’aurions pas mis la main sur l’évangile de Philippe, sur les deux versions différentes de l’évangile du frère de Jésus –Judas Thomas- ou sur l’évangile de Marie-Madeleine. Et bien entendu, sur l’évangile de Judas qui fait partie du codex Tchacos. Nous ne saurions rien non plus de l’existence d’un enseignement alternatif du Christ qui n’a rien à voir avec le martyre et la résurrection.

Le personnage de Judas et la racine de l’antisémitisme
L’évangile de Judas jette un trouble car il confère au personnage personnifiant la traîtrise et la corruption (des concepts qui ont si bien servi l’église dans ses campagnes d’antisémitisme), un autre rôle et une autre aura. Mieux encore : Judas incarne dans cet évangile le disciple préféré du Christ.
Dans les évangiles canoniques, le rôle de Judas est clair : au plus les évangiles sont tardifs, au plus Judas incarne le rôle du traître. Le remord le ronge mais son sort final varie d’un évangile à l’autre, du suicide à une mort douloureuse et quasi surnaturelle. Dans l’évangile de Jean, Judas est diabolisé au point où l’on ne distingue plus la figure de Judas de celle des Juifs qui seraient responsables de la mort de Jésus. Judas a trahi pour l’argent et le pouvoir, deux concepts qui seront associés plus tard à l’image du juif perfide, du « péril juif » de la droite extrême.
Nous tombons également dans la racine « religieuse » de l’antisémitisme où le peuple Juif a incarné aux yeux de l’église le peuple déicide, les tueurs du fils de Dieu. Dans ce cas précis, la symbolique véhiculée par le personnage de Judas sert les desseins de l’église catholique qui poursuivait divers buts, entre autre chose, ôter toute connotation juive au christianisme, gommer à tout prix le fait que le christianisme puise son inspiration dans le judaïsme. Grâce au personnage de Judas, Jésus devient le fils ressuscité de Dieu, défenseur des valeurs chrétiennes de l’Occident et des peuples européens par opposition au judaïsme sémitique. L’antisémitisme y a trouvé sa légitimité religieuse puis politique. Celui qui embrasse le christianisme fait partie du peuple élu, de ceux qui seront sauvés par opposition au peuple juif qui est un peuple d’imposteurs apatrides et criminels. C’est le résultat d’une compétition messianique dans le cadre d’une idéologie du salut.
Un point fondamental : l’évangile de Judas ne raconte pas l’épisode de la crucifixion et de la résurrection. Il se clôt sur le moment où Judas livre Jésus aux Romains après que le Christ l’ait averti de la difficulté de sa tâche, du sacrifice et de l’importance de sa mission. Cette fin abrupte peut signifier une chose selon certains exégètes : pour les Gnostiques, la crucifixion et la résurrection ne sont pas importantes. Jésus doit mourir dans son corps de chair pour que son esprit se libère et vive.

Source: Karmapolis

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Article proposé par : hermes

La double humanité
et l’intrusion extraterrestre.

Dans un passage clé de l’évangile de Judas, Jésus révèle à ce dernier des informations capitales qui ne peuvent être entendues que par Judas car il serait suffisamment initié pour en comprendre la portée, signe dans cet Evangile que Judas avait effectivement un statut privilégié aux yeux du Christ. Judas s’inquiète de son avenir et Jésus lui enseigne ce qu’il advient des âmes après la mort. En d’autres termes, il y est question de « salut » Malheureusement, ce passage critique est amputé de certains mots parce que le codex a été abîmé. Mais de quel « salut » parle le Christ ? Du salut venant d’un messie, d’un « jugement » qui va sauver des élus ? Pas exactement. Jésus apprend à Judas qu’il existe deux sortes d’êtres humains, en réalité deux lignées humaines : « la grande génération sans archonte au dessus d’elle » et la « génération perdue » (in « l’Evangile de Judas » et « Le christianisme mis sans dessus dessous », Flammarion, 2006). La génération adamique, ceux à qui l’archange Gabriel a accordé l’esprit éternel et qui appartient par conséquent à « la grande génération sans archonte » regagnera le royaume dont elle est issue. Elle retrouvera sa source, toujours porteuse de son âme éternelle. Quant à la seconde génération, elle est dépourvue d’âme éternelle mais possède « un esprit à titre temporaire pour le service » reçu de l’archange Michel, une notion assez mystérieuse qui met en évidence que l’intelligence –une forme d’intelligence plus mécanique- aurait été donnée à cette humanité uniquement pour servir pour un temps déterminé. Voilà d’étranges notions qui jettent un autre éclairage sur cette notion d’élus qui nous est parvenue sous une autre forme, sans doute manipulée, via certains dogmes chrétiens fondamentalistes. Comme par exemple, les témoins de Jéhovah pour lesquels seule, une petite partie de l’humanité (144.000 âmes) seront choisis par le Seigneur à la Fin des Temps. En réalité, cette conception déformée est l’arbre qui cache la forêt. A savoir qu’au départ, des textes apocryphes voulaient tout simplement nous informer de l’existence d’une double humanité, d’un double héritage, d’une double création et d’une double influence. Et non d’un cercle élitiste d’âmes obéissantes choisies par Dieu en récompense de leur stricte observance des commandements du dogme.

L’apport de Mouravieff
Cette notion d’une double humanité a été relayée par d’autres auteurs comme Boris Mouravieff, un historien russe du début du 20ième siècle, grand spécialiste de l’ésotérisme chrétien, du mysticisme présent dans l’Orthodoxie orientale, enseignant et chercheur à l’Université de Genève, ami d’Ouspensky et de Gurdjieff. Il souligne ainsi dans son œuvre maîtresse en trois volumes -« Gnosis »- l’existence d’une double humanité et de ce fait, d’un double héritage : au sein de l’humanité, certains seraient dotés d’une âme éternelle tandis que d’autres ne le seraient pas. Ce ne serait que des sortes de robots, des entités organiques mimant l’activité de l’âme, dotées d’un esprit qui est relié à une sorte d’esprit collectif alors que l’être humain “adamique” possède une âme individuelle.
Pour Mouravieff, la caractéristique fondamentale de l’humanité est sa capacité de compassion, d’empathie, bref, de se mettre à la place d’autrui, ce que l’on résume justement sous le vocable « d’humanité ». « … Les Écritures Saintes contiennent plus d’une référence au sujet de la coexistence sur notre planète de ces deux humanités, qui sont maintenant de forme similaire mais d’essence différente. .. » rapporte Mouravieff.

La seconde lignée de l’humanité
La seconde lignée est constituée par « les êtres de la race anthropoïde ». En d’autres termes, la lignée pré-adamique, datant d’avant l’intervention de la déesse « Sophia » dans la création de l’humanité.  Cette lignée pré-adamique serait l’oeuvre des Archontes. Nous comprendrons encore mieux cette notion lorsque nous en viendrons à détailler la genèse du monde vue par les Gnostiques. Laura Knight-Jadczyk, une auteur américaine responsable du groupe des Cassiopéens et du site Internet du même nom (http://cassiopaea.xmystic.com/fr/index.html) a longuement analysé ce phénomène d’une double humanité. Elle a baptisé les entités dépourvues d’âme du nom de « portails organiques ». Se fondant sur les recherches de Boris Mouravieff mais également sur ses propres travaux avec le groupe des Cassiopéens, elle pose la situation en ces termes : « Dans le troisième tome de son oeuvre Gnosis, Mouravieff traite de ce qu’il nomme « l’humanité pré-adamique » et « l’humanité adamique ». Après avoir lu cela, j’ai réalisé que ce que je m’évertuais à comprendre sous l’angle de la psychopathie ainsi que je l’ai exposé dans la série « Aventures Cassiopéennes », correspondait en fait exactement à ce que Mouravieff décrivait. Cependant, il faisait référence à la Bible pour l’expliquer et cela ne cadrait pas bien. Néanmoins, l’idée fondamentale demeure que ces types d’hommes pré-adamiques ne possèdent tout simplement pas d’âme, ni même la possibilité d’en développer une. C’est certainement choquant; pourtant, ce sujet a récemment fait l’objet de nombreuses discussions académiques basées sur ce qui semble être des preuves cliniques montrant qu’en effet, il existe des êtres humains dont la nature est vraiment « mécanique » et qui n’ont pas du tout de « Moi intérieur » ou de « Moi supérieur ». Gurdjieff en a parlé, comme l’a fait Castaneda. Donc, j’ai demandé si les idées de Mouravieff au sujet des deux types fondamentaux d’êtres humains, dans tout ce qu’elles impliquaient, étaient justes ».

Une seconde « humanité » psychopathe ?
Laura Knight-Jadczyk voit dans le mode de fonctionnement pathologique d’une partie de l’humanité qui semble précipiter le monde dans sa chute un indice évident de l’existence de cette double « humanité » et du marasme qui en découle : « Comment se fait-il qu’il y ait tant de conflits dans le monde, pourquoi tant de gens demeurent divisés, chacun privilégiant la paix ou la guerre, le respect ou le manque de respect, la protection de l’environnement ou sa destruction, c’est à dire en résumé, une perspective purement matérielle au service de soi ou alors une approche spirituelle au service d’autrui. Peut-être, nous approchons-nous de la réponse, car la vérité semblerait être qu’il n’y a pas et qu’il n’y a jamais eu un « nous » homogène (la race humaine) sur la planète. « Nous » ne sommes pas tous identiques ; « nous » ne voyons pas le monde de la même manière. « Nous » ne sommes pas simplement une race divisée ; nous sommes deux races différentes » (http://quantumfuture.net/fr/organicportals1_fr.htm). Bien entendu, admettre l’existence de ces deux sortes d’êtres humains présuppose que l’on admet l’existence de deux types de consciences et même, tout simplement, l’existence de l’âme humaine, ce qui n’est pas gagné au vu de la manière dont le monde scientifique perçoit le réel et l’homme en général. La science et la psychiatrie comportementaliste considèrent l’âme humaine comme une sorte de machine, d’ordinateur très sophistiqué fait d’échanges électriques entre neurones et de circulations d’hormones cérébrales. La conscience n’existerait pas en dehors de son support organique, c’est-à-dire le cerveau et la recherche spirituelle n’a que peu de place dans l’univers matérialiste des scientifiques.
Laura Knight-Jadczyk a rédigé pour son site Internet un long article en deux parties (http://quantumfuture.net/fr/organicportals1_fr.htm ) sur l’existence de ces deux races humaines. Le sujet est en réalité infiniment plus dense et plus complexe que cette brève description car il se focalise sur toutes les complexités du fonctionnement de notre psyché.

Hommes de pouvoir et psychopathie

Laura Knight range dans cette seconde catégorie « pré-adamique », les psychopathes, les monstres criminels, les sociopathes en tout genre mais aussi, les petits tyrans domestiques que l’on rencontre dans la vie quotidienne, des gens dépourvus de la capacité d’empathie et des activités émotionnelles du même genre. Bref, des prédateurs ordinaires. Cette seconde catégorie recouvre également « des membres de l’élite matérialiste, sans âme ni conscience dont une partie se retrouve dans des positions de pouvoir ». Ce sont eux qui influencent de manière déterminante le fonctionnement de notre société qui se fonde sur la prédation, le rapport de force, la création de la richesse par le déséquilibre, la consommation frénétique, des valeurs qui sont perçues en outre comme étant la norme sociale dans une société libérale. La dérive de l’homme serait provoquée  justement par cette domination des « anthropoïdes pré-adamiques ». Mouravieff constate leur domination en ces termes : « À partir de là, la coexistence de ces deux types d’humains et la compétition qui en fut le résultat, devinrent la norme… Nous pouvons constater qu’au cours des siècles, et même encore à notre époque, les hommes adamiques, dans leur condition postérieure à la chute, ont été et sont encore généralement dans une position inférieure à celle des hommes pré-adamiques (les psychopathes)» (in : http://zone-7.net/humanite_les_2_races/).
Et sur la façon dont ces deux lignées se sont mélangées, Laura Knight-Jadzczyk précise: « Il est extrêmement important de comprendre que des croisements entre les deux races se sont produits depuis des milliers d’années, si ce n’est des dizaines de milliers d’année. Il est impossible d’examiner les différentes races, la rouge, la blanche, la noire, la jaune, existant maintenant sur Terre et de décider laquelle d’entre elles est cette race « pré-adamique » dépourvue d’âme. Il n’y a pas de groupes, nations, tribus ni de peuples qui fassent partie de cette race des « sans-âme » en tant que groupe. L’ADN des deux races est complètement mélangé, et c’est cela, qui est le sens véritable de la contamination de la descendance. Seulement ceux qui possèdent le code génétique approprié peuvent au final héberger une âme et ainsi poursuivre le travail ésotérique, ce qui signifie qu’aucune couleur ou groupe ethnique n’est exclu, ni ne bénéficie d’un avantage particulier ».

Confirmation de l’ancien Testament
En 1960, l’auteur Brinsley Le Poer Trench, Comte de Clancarty, chercheur précurseur sur la thématique des « Anciens astronautes » et des Ovnis estime dans son livre « Le Peuple du Ciel » que l’ancien testament contient  également cette information selon laquelle il y aurait une double humanité, ou plutôt comme le rapporte le journaliste Hermes Kempf dans le N°21 des « Grands mystères des sciences sacrées » « non pas une mais deux créations de l’humanité par deux créateurs différents ». L’information révélée par Le Poer Trench est plus étrange encore car elle fait appel à cette idée récurrente d’une histoire cyclique de la terre, de l’univers en général. Un âge d’or suivi par un âge des ténèbres, d’une renaissance et d’un nouvel âge d’or etc… En d’autres termes, notre planète a connu par le passé un « âge d’or », une ère peuplée par des créatures (humaines et animales) qui vivaient en bonne intelligence et aux capacités nettement supérieures aux nôtres. « La première histoire de la création dans la Genèse a trait à l’établissement de l’Age d’Or. La seconde, au chapitre 2, raconte la création de l’être humain au corps chimique animal, la création d’une second Adam, par Yahvé ». Cette création fut le péché du grand archange qui a dit « je serai semblable à Dieu » et qui fut puni de sa témérité en devenant responsable des effets de ses expériences interdites jusqu’à l’heure où les choses pourront être remises au point, à la satisfaction de toutes les entités concernées. »  L’auteur poursuit : « La création de l’homme-animal fut un acte illégal, commis sans autorisation dans un lieu isolé, spécifiquement choisi ». L’intérêt de cette conception est évidente : cette faute perpétré par Yahvé est bel et bien le péché originel et pèse sur l’homme de façon indirecte : il n’en est pas l’auteur comme les autorités religieuses nous l’enseignent mais en subit plutôt les conséquences. Il doit une partie de son existence à une erreur perpétrée par un être à l’ego surdimensionné.
Kempf précise à propos du rôle des entités créatrices des deux modèles humains :  « Dans la première Création, l’originale, ce sont les Elohim (appelé « Fils de Dieu » ou encore « anges ») qui créent par le Verbe, l’homme à leur image, c’est-à-dire « mâle et femelle. »  Il est question d’une création gémellée, androgyne. Plus tard, Yahvé Elohim fabrique un homme-animal et par ce fait, détruit le cycle cosmique. « Celui qui créa cet être se rendit responsable des difficultés qui l’accablent » dit Brinsley Le Poer qui poursuit en ces termes: « C’est ce que l’ont entend par l’aspect « Satan » de Yahvé. »  Selon lui, « Yahvé désigne un peuple venu d’ailleurs dans l’espace qui créa délibérément, grâce à sa science génétique, une race d’êtres humains particulièrement adaptés pour accomplir certaines fonctions bien définies et prévues ». Non seulement, Yahvé et ses Archontes adaptèrent des formes humaines à leurs propres idées et créèrent aussi des plantes et des animaux… Il en résulte qu’il existe au sein de l’humanité deux races d’origine différentes : celle issue de la Création originale pensée par le Dieu suprême, émanée des êtres de lumière ou Elohim tournée vers la spiritualité, l’autre provenant de la seconde création, une fabrication artificielle de Yahvé, dominée par les attraits de la matière. Ces doubles tendances sont les sources de bien des conflits humains, individuels, sociaux et religieux. Chez une majorité d’individus, c’est malheureusement le facteur « Yahvé »qui prédomine, ce qui signifie que l’humanité est portée naturellement par ses pulsions et ses instincts de survie. Les Archontes et leur chef sont dépourvus d’âmes, d’émotions, de « Noùs », autrement dit d’étincelle divine. Ils n’ont plus aucun lien avec la « Source ». Et depuis toujours, par méchanceté, nécessité de survie et jalousie, ils ont soumis et subjugué l’humanité détentrice de cette âme, de cette connexion qu’ils avaient perdue.

Il existe un conflit ancestral entre ces deux races humaines primordiales et entre leurs deux créateurs, les Elohim ou « Fils de la Lumière » et les « Fils des Ténèbres » ou Archontes. Cet antagonisme s’aggravera dans l’avenir jusqu’à ce que l’un ou l’autre camp soit victorieux. Le camp des « Fils des Ténèbres » et la race des êtres humains qui les servent aveuglément arrivent tout doucement en bout de cycle, à l’écroulement de leur monde, le nôtre. Cet événement est connu sous le nom d’Apocalypse”.
On retrouve dans l’œuvre d’Anton Parks cette même idée d’un « Dieu » usurpateur, versé en génie génétique qui a créé un premier modèle d’hommes esclaves en volant le patrimoine à des Dieux « planificateurs » (Lire l’interview d’Anton Parks).

Vers un règlement final ?
Et donc, nous y voici, en plein dans cet événement prédit par toutes les religions du livre, celui de l’apocalypse, à savoir de la « révélation » faîte à l’homme de sa double nature profonde, de sa double origine. Il ne s’agirait donc pas d’une colère aveugle d’un Dieu dispensateur de punitions ou de récompenses mais plutôt du règlement final d’un problème « génétique » antédiluvien, l’affrontement entre les deux races de l’humanité. Etant donné que ces deux races se seraient mélangées depuis des millénaires, il est plus raisonnable de penser qu’il s’agira d’un conflit intérieur de l’homme avec lui-même, une lutte entre sa part « humaine » et sa part « mécanique », avec cette partie qui cultive des émotions, de l’empathie et une autre qui ne ressent rien et ne songe qu’à sa survie immédiate. Nous serions tous amenés à devoir prendre une décision et à favoriser en toute conscience ou non notre partie porteuse d’une âme. Ce conflit intérieur est quelque part bien décrit par ce concept mis en avant par Laura Knight du site des Cassiopéens : les fameux portails organiques qui se caractériseraient par des comportements de type psychopathique.

Nous sommes tous des portails organiques !
Mal utilisée, mal comprise, cette information d’une double humanité dérangeante est dangereuse et ne sert à rien. Si cette notion est instrumentalisée par des groupes sectaires radicaux, elle ne peut qu’ajouter du chaos au chaos, de l’ostracisme et de la discrimination à un monde déjà fondé en partie sur la ségrégation. Les informations de Mouravieff ou des Cassiopéens ne sont, à notre sens, que des hypothèses de travail et ne constituent en aucun cas des certitudes absolues qui pourraient servir à des visées racistes et haineuses. Laura Knight me faisait parvenir dans un bref mail une réponse en ce sens : “Il est très important de souligner que les portails organiques ne doivent pas être perçus comme maléfiques ou diaboliques. Selon la Tradition, ils possèdent un esprit de groupe qui se développe de manière opposée aux âmes individuelles, de la même manière que les animaux partagent un même réservoir d’énergie associé à leur type animal : l’énergie de l’espèce « ours », du rat, du cheval, du chien et ainsi de suite.  Cela est également vrai pour les membres de l’autre groupe, les Adamiques jusqu’à ce qu’ils fassent le choix conscient de travailler sur eux-mêmes pour former leur “Je” authentique et “réel”, le « rebirth » ou renaissance dont parlent Gurdjieff et les enseignements ésotériques de l’église orthodoxe orientale. La différence entre les portails organiques et adamiques est une question de potentiel. Une âme individuelle est le résultat final d’un travail sur le “Soi”, la fusion finale d’un grand nombre de petits “Je” constitutifs de la personnalité. Tant que ce travail n’est pas fait, nous sommes tous effectivement des portails organiques. A cause de cela, il serait futile d’employer cette connaissance pour ostraciser les gens, les rabaisser. L’important est de comprendre les comportements, pas de les dénigrer… ».
D’autant plus qu’il nous semble impossible de conclure quoi que cela soit sur des entités dénuées d’âme alors que nous ne savons pas exactement ce qu’est une âme. Ensuite, les textes gnostiques nous apprennent que l’irruption des Archontes et donc, des générations nées sous les archontes (l’homme pré-adamique), est le fruit d’une erreur et non d’une faute, d’un quelconque péché. L’émergence de cette erreur a une fonction, elle remplit un rôle sur lequel nous ne pouvons conclure dans l’état actuel de nos connaissances.

L’avis de Daniel Meurois et de John Lash sur la double humanité
Nous avons demandé à Daniel Meurois ce qu’il pensait de cet étrange concept d’une double humanité présente dans l’Evangile de Judas et d’autres textes : « Selon ma propre compréhension des choses, tout ce qui vit est doté d’une âme. Le  mot ‘âme’ est cependant un peu flou… C’est le terme global et pratique qui sert  à évoquer la notion de conscience. Toutefois, vous conviendrez aisément que  cette notion fait aussi référence à une multitude de réalités extrêmement  diverses. D’où le concept plus précis de « niveaux de conscience ». En fait, il y aurait dans l’univers une multitude de formes de vie, chacune manifestant et expérimentant un niveau de conscience spécifique, c’est-à-dire une sphère
particulière de perception de la vie. La spécificité d’une planète comme la Terre est de n’être pas homogène quant aux niveaux de conscience qu’elle abrite. Elle est comme un point de convergence, une zone de rencontre cosmique permettant à des niveaux de sensibilité – ou de conscience – différents de s’exprimer à de fins d’évolution. Depuis ce qu’on appelle l’aube des Temps, la Terre est ainsi le lieu de rendez-vous  privilégié d’êtres dont les âmes sont d’origines extrêmement éparses. Il en est de très primaires, n’agissant qu’à des fins parfois bestiales, souvent égotiques et d’autres, plus rarement altruistes ayant la lumière de la Connaissance pour but. Selon le stade de conscience atteint par une âme, la compréhension des grands principes comme ceux du Bien et du mal, par exemple, peuvent diverger radicalement. Ce qui est le Bien d’un type de conscience peut être perçu comme le Mal à un autre niveau. Avant d’avoir atteint un réel point d’intégration de la Sagesse, une âme a toujours tendance à percevoir comme étant bien ce qui est, en fait, son propre bien parce que cela correspond à ses appétits et à l’équilibre de son microcosme intérieur. Je crois personnellement que le fait de parler d’une humanité « à deux vitesses » – avec et sans âme – exprime un concept qui peut être dangereux dans le sens où il nous ancre toujours davantage dans la dualité. Il désigne des ennemis absolus, il n’unifie pas. Si on prétend vouloir emprunter le chemin de la
Sagesse, il faut essayer de voir plus loin et accepter le fait que toutes les formes de manipulation, de domination, d’asservissement aussi – et même de monstruosité – sont des étapes sur la voie de l’Évolution 
».
Quant à John Lash, même s’il pense que le travail de Mouravieff sur la Gnose est brillant, il insiste sur le fait que l’illumination gnostique est un chemin ouvert à tous et qu’il n’y a pas d’humanité sans âme. En cours de route, l’homme peut perdre son âme, c’est-à-dire sa connexion avec la source : « La théorie de Mouravieff est une brillante transposition de certaines idées gnostiques qui décrivent avec force la folie et l’absence d’âme dont l’humanité peut faire preuve. Mais je ne trouve aucune preuve textuelle d’une humanité pré-adamique sans âme dans les écrits gnostiques. La séparation duale ou encore la forte dichotomie qu’il propose est contraire aux enseignements de base des gnostiques sur le « Noùs » : nous sommes tous porteur du « Noùs », du moins sous sa forme potentielle. Bien entendu, si vous n’en faîtes pas usage, vous perdez cette connexion avec la source qu’est le « Noùs ». Comme on le dit en anglais : « Use it or loose it ! » (soit :  «faites en usage ou il disparaît ») Certes, il y a toujours quelque chose à perdre mais les zombies sans âme n’ont rien à perdre. La tragédie de l’humanité réside dans le fait que nous avons quelque chose de précieux à perdre. Je pense que le scénario de Mouravieff est utile en termes d’analyse des « symptômes », à savoir une manière de décrire le comportement typique des Archontes mais il ne reflète pas la promesse réelle de l’Illumination gnostique, c’est-à-dire un chemin ouvert à tous ».
Pour Ouspensky et son mentor Gurdjieff, le fonctionnement de l’homme « normal » s’apparente à un fonctionnement mécanique, même lorsque l’on parle de « fonctions » soi disant supérieurs comme les émotions. Les choses ne font qu’arriver à l’homme, il ne fait que subir les événements, comme une mécanique aveugle. Pour Ouspensky, ainsi que pour son mentor Gurdjieff, l’homme « normal » et authentique est donc en sommeil. La seule chose que l’homme doit faire est de s’éveiller, de sortir de sa condition de machine pour devenir « humain » au sens plein du terme.

Deux stratégies de survie ?
En tout état de cause, les récits et informations qui transpirent de l’ensemble de ces textes gnostiques et autres évangiles apocryphes indiquent qu’il s’est passé dans notre lointain passé, dans notre « création », un événement significatif aux proportions immenses et qui n’a rien à voir avec une « faute originelle » commise par Eve, cette femme tant décriée par les Pères de l’Eglise. Les récits gnostiques et la tradition orthodoxe retenue par Mouravieff mettent d’une certaine manière en relief la possibilité que le bagage génétique humain, son hérédité est le jeu d’un combat et d’une double influence. Certains êtres sont « humains », d’autres le seraient moins ou pas du tout. C’est la coexistence de deux stratégies de survie, de deux modèles. L’anthropologue Carlos Castaneda, sur base des enseignements du sorcier don Juan,  parle lui aussi d’une influence radicale du comportement humain qui transforme l’homme en prédateur. Dans ce modèle, l’homme est également prisonnier, mais d’une entité prédatrice non organique et parasitaire que Castaneda désigne sous le terme de « flyers », c’est-à-dire « planeurs » ou encore « volants ».

La réalité selon Castaneda
Avant de parler de ces prédateurs, il est important de tenter d’évoquer en quelques mots à quoi ressemble la conception du monde enseignée par Castaneda, don Juan et la lignée de sorciers ou « naguals » de la tradition toltèque. Sa description de l’univers ou de l’infinité d’univers et des êtres qui le peuplent est très cohérente, extrêmement complexe et totalement déroutante. Même si certains éléments nous semblent abstraits ou incompréhensibles, pour les naguals, il s’agit de décrire un monde et des choses aussi concrètes que ne le sont pour nous un arbre, un animal, une maison, un être humain ou un paysage. Il s’agit donc de choses réelles. Pour don Juan, nous ne voyons pas la réalité comme elle l’est vraiment, objectivement. Nous ne voyons que ce que nous en pensons, dans la bulle limitée de notre ego, à travers les reflets de nos conceptions, nos préjugés et notre activité émotionnelle que nous confondons trop souvent avec notre moi ou avec nos sentiments. « Voir » la réalité est un tout autre acte qui requiert énergie et méthodes. Cette façon de « voir » est très voisine des modes de pensée de l’Extrême-Orient et du Bouddhisme. Pour « voir », il faut développer ce que Castaneda nomme la « seconde attention » et être capable d’arrêter le cours de la pensée, l’incessant bruit de notre conversation mentale interne.

Le point d’assemblage
Castaneda affirme que les sorciers ont vu l’homme comme un œuf lumineux. Du moins, celui-ci peut être vu sous cette forme si l’on est capable de « voir » comme les naguals le font, ce qui est une question d’énergie et de perception. Nous percevons tous le même réel parce que nous avons tous ce que Castaneda appelle notre « point d’assemblage » aligné de la même manière, sur la même zone à la périphérie de ce cocon lumineux qui englobe notre corps. Ce point d’assemblage est un peu comme une tête de lecture d’un appareil électronique qui « lit » les mêmes fréquences (les bandes d’émanations selon le vocable de Castaneda), même si cette image est peu exacte et grossière. Un sorcier va donc tenter de comprendre et de lire « l’intention », à savoir « la force qui modifie et réordonne les choses ou les maintient telles qu’elles sont » (in « La Force du silence », Carlos Castaneda, Editions Gallimard, 1988). Tout comme il va tenter de faire bouger son point d’assemblage pour percevoir d’autres réalités. Bref, le nagual est un être qui essayera de comprendre ce qu’est la réalité qui se cache derrière les apparences, c’est à dire les énergies et les forces profondément mystérieuses qui animent les êtres et les objets apparents du réel ainsi que les entités invisibles, afin de, entre autre chose, conserver son intégrité et échapper à un piège tendu par la vie. Mais quel est ce piège ? La matrice comme David Icke la dépeint ? Une sorte d’amas infini d’énergies qui se déploie comme un aigle et qui consomme les énergies des âmes avant leur décès ? Oui, en partie. Mais pas uniquement.

Les planeurs
Peu avant de disparaître, dans son dernier ouvrage, Castaneda se laisse aller à la confidence, comme s’il s’autorisait enfin, comme le fit Don Juan, à révéler la notion la plus embarrassante de son savoir, le « cœur du sujet », à savoir l’existence d’un parasite psychique, de nature non organique qui traiterait l’être humain comme du bétail : les « flyers ». Ceux-ci ont une existence objective pour les chamanes de la tradition toltèque et nous pouvons les voir dans certains états de conscience que les chamanes apprennent à force de ténacité et de discipline: « Les sorciers de l’Ancien Mexique… ont découvert quelque chose de transcendant… Ils ont découvert que nous avons un compagnon de vie. Venu des profondeurs du cosmos, un prédateur est là, qui toute notre vie nous maintient sous son emprise. Il a su nous rendre faibles et dociles. Il étouffe toute velléité de protestation ou d’indépendance et nous empêche de vivre librement ».
Que sont-ils ? Ces « lourdes ombres noires » comme les appelle Castaneda sont des entités parasitaires d’une autre dimension qui consomment certaines de nos émotions humaines comme nous consommons de la nourriture. Ils se délectent de ce que les sorciers mexicains perçoivent chez nous comme étant « une couche brillante de conscience … C’est pourquoi nous étions une proie facile pour le mode de conscience différent, plus pesant du prédateur … Cette étroite bande de conscience était le siège de l’auto-contemplation dans laquelle l’homme était irrémédiablement piégé» affirme don Juan à un Carlos Castaneda stupéfait. Ces « flyers » cultivent chez l’homme des émotions dont ils sont friands, cette manière dont notre mental travaille, centré sur lui-même. « Ils ont besoin de nous pour se nourrir et c’est pour cela qu’ils nous pressurent implacablement » affirme également don Juan à Castaneda.  « Exactement comme nous qui élevons des poulets pour les manger, ils nous élèvent dans des poulaillers humains pour ne jamais manquer de nourriture ». Comme ils se délectent de nos peurs, de notre agressivité, ils les cultivent et les suscitent en nous prêtant leur mode de fonctionnement. Voilà ce qu’en dit encore don Juan : « Ce sont les prédateurs… qui nous ont imposé nos systèmes de croyance, nos idées sur le bien et le mal, nos mœurs sociales. Ce sont eux qui suscitent nos espoirs et nos attentes, nos rêves de succès ou notre peur de l’échec, eux encore qui insufflent dans notre esprit convoitise, avidité et lâcheté et qui le rendent prétentieux, routinier et égocentrique… Ils ont accompli une manœuvre extraordinaire, extraordinaire bien sûr sur un plan stratégique, mais horrible du point de vue de ceux qui en sont victimes. Ils nous ont donné leur esprit ! Tu m’entends ? Les prédateurs ont remplacé notre esprit par le leur qui est bizarre, incohérent, grincheux, et hanté par la peur d’être percé à jour… » (Carlos Castaneda, « Le voyage définitif » Editions du Rocher 1998).

Archontes et planeurs : les points communs
Ces prédateurs non organiques, ces créatures invisibles  font certes penser aux Archontes. John Lash a ainsi dressé une liste de 13 points communs entre les descriptions du monde selon les gnostiques et le système développé par Carlos Castaneda et son mentor. Quant au scientifique américain Gerry Zeitlin, un ancien du projet Seti (Search for Extraterrestrial Intelligence), il a consacré un article établissant les similarités entre les Archontes et les extraterrestres des récits contemporains et intitulé : « La Gnose, les Archontes et les Gris : un programme de contrôle » (openseti.org). Il serait trop long de faire ces inventaires dans le présent article mais les points communs relevés par Lash entre les deux systèmes de connaissance sont saisissants de similarité. Ces prédateurs d’une autre dimension font penser à certaines caractéristiques « prédatrices » décrites dans les récits des victimes d’abductions extraterrestres, notamment lorsqu’elles furent confrontées à des entités reptiliennes. Il ne s’agit pas ici d’affirmer que les « flyers », les Gris ou les Reptiliens sont une seule et même chose, loin de là mais tant les Gris, les Reptiliens des récits d’enlèvements que les « flyers » révèlent ce qui pourrait être des « interférences extraterrestres ». Des anciennes religions parlaient de démons, de succubes, d’incubes, de transes et de possessions. On parle aujourd’hui d’enlèvements, de traumatismes et de syndrome psychiatrique de personnalités multiples dans les cas les plus extrêmes et les plus manifestes. Mais pour en revenir aux « Flyers », selon les conceptions développées par Castaneda et la tradition toltèque, ces entités entravent la vie psychique de tout un chacun. Nous serions tous concernés. Notre côté maniaque, routinier, peureux et parfois prédateur et agressif est un « cadeau » empoisonné qu’ils nous ont fait pour assurer notre défense et leur nourriture.

Au-delà du bien et du mal
Certes, la prédation ou le parasitisme sont des phénomènes présents partout dans notre monde mais il est impératif de les percevoir de manière moins appuyée. Tout est toujours question de point de vue, c’est-à-dire de manière de « percevoir ». C’est la façon dont Daniel Meurois-Givaudan le fait. Pour Daniel comme pour nombre d’auteurs, le mal n’est pas une entité toute puissante et autonome.
L’existence du « mal » et sa genèse sont le fruit d’un autre concept primordial dans le principe de création : celui du libre-arbitre. Selon Daniel Meurois-Givaudan, même l’erreur a le droit d’exister dans l’univers. Elle est partie prenante dans le processus de création et d’affinement d’une âme. Toute chose reçoit la liberté d’être. « Je vous l’annonce, vous êtes l’énergie et le moteur de ce vent par lequel Satan prend forme…jusqu’à vous façonner vous-mêmes. Issu du principe de liberté, l’Adversaire est maintenant devenu le fruit de vos carences en Amour, constamment entretenu par la sève de vos petitesses. Il est comme un gigantesque réservoir de venin que vous remplissez à chacune de vos bassesses puis dans lequel vous plongez votre coupe à chaque fois que, par vos orgueils, vos colères et aussi vos peurs en esprit et en actes, vous vous séparez du Tout. Ainsi, je vous l’affirme, Satan est un peu de vous tant que vous résistez au sentiment d’union totale avec mon Père dans l’Infini… votre Père » écrit Daniel Meurois-Givaudan dans « Les Enseignements premiers du Christ (Editions Le Perséa, Montréal, 2006). Daniel Meurois ne se sert pas du principe de culpabilité pour évoquer le mal et nos carences mais affirme plutôt que le « Diable » n’est rien d’autre que « le reflet de vos désordres et le fruit de votre expérimentation de la liberté » (Daniel Meurois-Givaudan, Comment Dieu devient Dieu, une biographie collective, Editions Le Perséa, 2005). Ce principe de liberté concerne par conséquent toutes les formes de conscience, toutes les formes de vie, même les plus inimaginables, avec lesquelles nous pouvons entrer en interaction… et qui ne seront également que le reflet de ce que nous pouvons être et des stratégies adoptées pour la vie et la survie.
Toutes les stratégies d’existence et d’adaptation ont droit de citer, que cela soit le parasitisme et la prédation ou au contraire le commensalisme (association de deux organismes qui s’aident mutuellement) et la symbiose ou mutualisme. L’empathie et l’altruisme, ce que Laura Knight appelle le « service des autres » sont des stratégies d’existence dans lesquelles une entité peut choisir de se « sacrifier » au profit des autres parce qu’elle est capable de s’identifier à la souffrance ou à la joie d’autrui. Dans un mode de prédation ou « service de soi », l’entité privilégie la force, la ruse et la consommation de ce qu’elle trouve comme ressources pour son seul et unique intérêt, quitte à sacrifier les autres et pomper leur énergie. C’est une autre stratégie de subsistance qui vise le court terme et qui est, objectivement, moins rentable à long terme car elle peut mener à l’autodestruction, comme le montre la manière dont les choses se déroulent sur notre planète, principalement guidée par « le service de soi ».
Et puis, ces prédateurs ou encore ce que nous appelons « le mal » pourrait être comme l’affirme Daniel Meurois, notre meilleur enseignant, notre défi le plus formateur. Dans un même ordre d’idée, don Juan résume en une phrase ce que peut représenter pour l’homme l’expérience de la conscience et de la lutte contre le prédateur : « Nous sommes des sondes énergétiques douées de conscience… que l’univers a créées pour prendre conscience de lui-même. Les planeurs constituent pour nous un défi auquel nous ne pouvons nous soustraire. Nous ne devons pas les mésestimer. Nous devons les vaincre pour que l’univers laisse les êtres humains poursuivre leur existence » (in : Carlos Castaneda, « Le voyage définitif). Et une façon de les vaincre est de donner à l’ego, à ce que Castaneda appelle « l’auto-contemplation », c’est-à-dire notre dialogue mental au quotidien qui enfle de manière grotesque au gré de l’importance que nous nous accordons, de moins en moins d’ampleur. Petit à petit, le prédateur se désintéressera de nous. Cette manière de donner le moins d’importance possible à l’ego est très voisine du système de pensée bouddhiste. C’est une façon de restaurer notre connexion avec la source créatrice de la conscience.

La part gnostique de Daniel Meurois-Givaudan
Daniel Meurois-Givaudan est un auteur atypique, ou plutôt adogmatique dans la mesure où l’homme a bâti sur son expérience personnelle sa cosmologie et sa perception du réel qui emprunte à certaines traditions mystiques sans s’y référer de manière figée. De fait, pour nous faire comprendre comment sa perception du monde s’ordonne, Daniel Meurois a emprunté aux traditions gnostiques certaines conceptions comme celle du « Noùs » ou encore le concept « d’erreur » en lieu et place de péché originel. Le « Noùs » pourrait être défini comme l’étincelle divine qui se reflète en chacun de nous, cette lumière qui nous pousse et nous guide indubitablement vers la transcendance. Dans « l’Evangile de Marie-Madeleine », Daniel Meurois affirme que le « Noùs correspond au mental supérieur ou encore supra-mental. Il n’a rien à voir avec l’intellect pur qui dissèque et par conséquent dévitalise l’objet de son regard » (Daniel Meurois-Givaudan, « L’évangile de Marie-Madeleine… selon le livre du temps » Editions Le Perséa, Montréal, 2000). Il en va de même pour la fameuse «connaissance » des gnostiques, la « Sophia » à la fois déesse et source de l’humanité terrestre, contenant et contenu. Cette connaissance qui nous relie à la source n’a rien à voir avec un savoir mortifiant, livresque, encyclopédique, avec une éventuelle culture générale. Non, il s’agit plutôt d’une connaissance du réel, de notre fonctionnement émotionnel, de notre capacité à nous observer et à voir au-delà des apparences. « Un tel portail est appelé Noùs… Le Noùs restitue donc l’être à lui-même, il le prolonge et l’invente à l’infini à mesure qu’il déploie ses ailes. La sagesse est de le laisser monter en soi lorsque l’on se sait sur le bord de la falaise, à bout d’arguments et le cœur assoiffé » (Daniel Meurois-Givaudan, « Comment Dieu devient Dieu, une biographie collective ; Editions Le Perséa, Montréal, 2005). Le « Noùs » est donc notre supplément d’âme, ce « plus » qui nous différencie d’un fonctionnement purement robotique. C’est finalement le fond de notre âme. Daniel Meurois-Givaudan, au lieu de parler de péchés originels, de fautes et de culpabilité privilégie les notions d’erreurs, ou plutôt d’essais et d’erreurs qui permettent à l’homme de corriger sa destinée et sa perception du réel. Il existe en langue copte chez les gnostiques un terme spécifique : « Sorem » que John Lash définit de la sorte : « la tendance de l’être humain à dévier de sa propre course d’expériences, en partie grâce à l’exceptionnelle liberté et aptitude à commettre des erreurs, en partie provoquée par l’intervention subliminale des Archontes ».

La création du monde et de l’homme selon les gnostiques
Daniel Meurois évoque également dans ses ouvrages un concept proche des gnostiques : l’esprit d’une planète. La création du monde et de la terre racontée par les Gnostiques dans « l’Hypostase des Archontes » par exemple, est très bizarre et n’a aucun rapport de près ou de loin avec la Genèse de l’ancien testament dans laquelle une entité anthropomorphe crée la terre, sa biosphère, les animaux qui la peuplent et l’humanité en 7 jours. Dans le mythe gnostique de Sophia, il est question d’une erreur de création et de parcours, celui de « Sophia » qui est tombée du plérôme, du cœur de notre galaxie et qui, dans sa chute, a provoqué l’apparition de la terre. La déesse Sophia, par la puissance de son rêve, en est venu à se métamorphoser et à s’incorporer dans un astre, la terre. La substance première de ce corps, nous apprend John Lash,  est de la « lumière organique » ou « sophianique ». En termes imagés, Sophia est tombée amoureuse de son rêve de création, et comme hypnotisée, elle a fini par s’incarner dans la terre, devenue planète consciente. Dans le cadre de cet événement de création colossal a surgi par accident, du dégagement d’énergie immense provoqué par cette chute de la déesse, le Démiurge, le Grand Archonte, une entité inorganique, (donc dépourvue de lumière organique) qui s’est prise pour Dieu et qui a généré des sortes d’aides, des assistants : les Archontes. Notre système planétaire s’est alors développé et est devenu le Royaume des Archontes, par opposition à la terre, siège de Sophia ou de Gaïa. Ces Archontes, pour défier Sophia, ont voulu créer la vie. Un premier homme, monstrueux, a surgi de cette tentative. Sophia ayant vu le sort peu enviable de cette créature lui a fait alors don d’une étincelle divine, du « Noùs », en bref d’une âme éternelle ; ce que les Archontes ne possèdent pas. Par conséquent, nous révèlent les Gnostiques, les Archontes ont alors tenté de soumettre et de subjuguer l’humanité qui possède cette âme éternelle, cette connexion avec la source. Bizarre odyssée que celle-ci. Une fois de plus, apparaît dans un récit mythique cette confrontation entre des entités dotées d’une âme, d’une connexion avec la source créatrice et des entités dénuées d’âmes, de ce lien avec la source.

Les super consciences galactiques
Dans la conception du monde développée par Daniel Meurois-Givaudan, la terre, le soleil, les planètes sont également « habitées » par une intelligence, une conscience, une âme supérieure. Mais attention, il ne s’agit pas d’une âme supérieure comme pourraient l’entendre nos religions traditionnelles mais d’une âme infiniment expérimentée qui s’est jointe à d’autres en « un mariage cosmique ». « Ils ont la possibilité de fusionner leurs esprits afin de permettre l’émergence de ce qui sera le soleil intérieur d’une planète lors d’une vague de création à venir. Oui, toute planète possède son soleil central. Celui-ci est son feu sacré, son cœur palpitant, sa force de cohésion. Il est aussi vital que peut l’être le noyau d’une cellule au sein de celle-ci. Ce qu’il nous faut comprendre surtout, c’est qu’il est le gardien de ses mémoires, c’est-à-dire la somme incalculable des expériences vécues globalement par les formes de vie que les Maîtres ascensionnés qui lui ont donné naissance ont emporté avec eux à partir de la dernière Vague de Création dont ils sont issus ».
En fait, pour paraphraser ce que Daniel Meurois affirme au sujet du fonctionnement du système solaire et des galaxies, nous pourrions dire que des « super consciences » habitent chacun des astres qui composent un système solaire. Le cœur de la galaxie est « habité » par une autre sorte de super conscience plus évoluée encore, de « Dieu » local qui est la somme de toutes les mémoires et de toutes les expériences de conscience et de vie qui peuplent cette galaxie. « Le soleil majeur d’une galaxie –son Dieu- est né de la fusion de tous les soleils- c’est à dire de tous les Christs- ayant eu en charge des systèmes planétaires, dans la vague de création précédente ». Paradoxalement donc, un Père est la résultante inévitable de l’Amour, de la Connaissance et de la Vision d’un grand nombre de Fils, qui eux-mêmes sont les enfants les plus aboutis et affinés d’une multitude d’humanités et de forme constamment en évolution ». (Daniel Meurois-Givaudan : « Comment Dieu devient Dieu, une biographie collective, Editions Le Perséa, Montréal, 2005). Ce qui correspond qu’à un seul niveau puisque l’on sait que l’univers est infini et que les univers sont sans doute multiples. Le « Divin » s’expérimente de manière infinie et se raffine à l’infini par le biais d’expériences de la vie parfois indicibles et incompréhensibles pour nous. Les Gnostiques, pour leur part, avaient eux aussi une vision du monde qui était « spatiale » puisqu’il était question d’astres, de soleils, d’étoiles, un univers peuplé d’Archontes, d’Eons (Sophia) et traversé de conflits galactiques. Pour eux, le siège des Eons, du « divin » est le cœur galactique tandis que les bras d’une galaxie sont encore le siège des Archontes, des entités non organiques.

La dualité absolue versus dualité à deux sources
Les religions judéo-chrétiennes affirment que le bien et le mal sont deux entités antagonistes absolues et autonomes qui proviennent de la même source. Dans ce contexte, le Mal est une entité toute puissante que Dieu a créé dans le cadre de sa colère divine, ce qui fait de Dieu, une étonnante divinité siège de tendances en violentes oppositions. Pour les gnostiques, le bien et le mal ne proviennent pas de la même source. Le mal est issu de l’expérience humaine provoquée par la superposition de deux systèmes perceptuels. Ce second système de perception qui s’adosse au premier, est celui généré par les Archontes, par l’erreur. Il nous appartient donc de percevoir derrière l’hologramme 3D de la matrice, la véritable réalité, à l’instar de Néo, le héros de la trilogie Matrix qui doit se déconnecter du système de réalité virtuelle pour comprendre la nature du réel. L’interview de John Lash est assez explicite à cet égard.
Daniel Meurois parle aussi d’hologramme, de réalité à deux sources mais exprime avec ces concepts un autre ordre des choses : « la conscience de vie, le relief de celle-ci naît des jeux d’interférence produits par le mariage de deux faisceaux lumineux. Le premier provient en droite ligne de la Puissance Génératrice –Dieu- alors que le deuxième est réfléchi par la création visée par le premier faisceau. Analogiquement à un hologramme, Dieu est d’une certaine façon constitué par une infinité d’images ou de présences qui toutes sont à son image. L’un n’existe pas sans l’autre, l’un appelle l’autre et l’implique complètement dans son mouvement ». En d’autres termes, « Dieu » ou encore la « Source » expérimente une infinité d’états d’âmes par notre entremise dans un jeu holographique infini de reflets. Notre existence ou notre destin revient à vivre  en nous le reflet de ce rayon « divin » à travers des expériences évolutives sans cesse affinées.
Quant à Nigel Kerner, cet auteur britannique qui a consacré un livre entier à l’emprise extraterrestre des Short Greys sur l’humanité, il souligne à l’instar de la pensée gnostique la chose suivante : “Nous sommes piégés dans une existence physique parce que nous avons certaines « restrictions », certains traits, certaines « caractéristiques » qui reflètent chez nous un manque de compréhension de la véritable nature de la réalité.  Ces « caractéristiques » sont la haine, l’envie, l’avidité, l’agressivité etc… Ces caractéristiques sont des forces mentales d’impulsion qui séparent en parties, qui divisent au même titre que l’univers sépare, segmente en parties. Ces caractéristiques sont des sentiments équivalents à des impulsions qui segmentent toute chose, aux forces entropiques physiques de la séparation au sein de l’univers.  Donc, elles amènent de fêlures, des « empreintes de saleté » sur les « lentilles » individuelles que nous sommes à travers lesquelles la lumière de Dieu s’exprime pour briller en nous. Ces défauts déforment, dénaturent cette « lumière » qui définit chacune de nos individualités  comme des prolongements de la différence, de nos différences individuelles face à cette lumière. C’est comme cela que se définissent nos individualités au départ. L’interception extraterrestre ajoute d’autres « griffures », d’autres taches de saleté qui se révèlent être des extra à nos propres restrictions ou encore « péchés ». Par conséquent, l’interception extraterrestre est un abus, une imposition supplémentaire qui nous est infligée” affirme Nigel Kerner. « Le but des Gris est de permettre à leurs “maîtres”, les clones, de retrouver une âme éternelle, soit un lien vers leur Etre Premier”. Et le message du Christ, toujours selon Kerner, était de nous mettre en garde contre cette intrusion extraterrestre que l’église, a par la suite décrite de manière déformée sous les traits de Satan, du démon personnifiant le mal.
Et Lash de fortement nuancer : « Les Archontes influencent la façon dont vous percevez le monde. Ils n’influencent pas le monde en lui-même. La Puissance première du monde dans lequel nous vivons s’avère être la Divinité qui réside dans notre planète, l’intelligence de Gaia, appelée Sophia par les Gnostiques. Si vous vous alignez sur l’intelligence de Gaia, vous ne percevez plus le monde comme un endroit investi par la peur et la prédation mais comme un monde de beauté, de bonté et de magie ». L’humanité ne peut être surpassée par les Archontes, conclut John Lash, mais nous pouvons abdiquer. A savoir qu’ils pourraient nous avoir à l’usure grâce à une sorte de guerre psychique.

La nature des prédateurs : les informations en présence
En fin de compte, quelle est la nature de ces « prédateurs », de ces « Archontes » de la tradition gnostique. En se renseignant sur leur nature, nous pourrons comprendre s’il faut se les représenter en termes de menaces. S’agit-il d’entités organiques, des extraterrestres de notre dimension ? Ou bien d’êtres extradimensionnels, des sortes d’entités éthériques ? Est-ce que ce sont des parasites non organiques comme les décrit Castaneda ?
Prenons d’abord la thèse de John Lash : les Archontes sont des entités non organiques, des sortes d’organismes robotiques incapables de créer par eux-mêmes. Ils imitent et travestissent la vie comme le font les entités robotiques. Ils ont aussi la capacité d’évoluer de notre dimension à une autre qui nous est « invisible ». Ce qui est cohérent avec le récit des victimes d’enlèvements qui évoquent parfois des épisodes de matérialisation/dématérialisation de ces entités (Gris ou reptiliens). Mais John Lash insiste sur le fait que les archontes sont des imitateurs et qu’ils seraient surtout incapables d’avoir une emprise physique et directe sur notre monde. Ils ne peuvent pas par exemple manipuler notre patrimoine génétique et ne sont en aucune manière nos créateurs. Ils veulent nous le faire croire.
Castaneda, à l’instar de Jacques Vallée, voit dans l’intervention extraterrestre des phénomènes d’ordre spirituel et donc, des créatures inorganiques qui se manifestent essentiellement dans notre psyché. « C’est une nouvelle forme de conscience qui émerge et qui arrive à manipuler notre perception de la réalité… » affirme Jacques Vallée dans « Confrontations ».
Les thèses développées par Anton Parks et dans une autre mesure par Nigel Kerner montrent qu’il s’agit d’entités organiques ayant une incidence physique sur notre réalité. Pour Nigel Kerner, les Archontes sont les Gris des récits d’enlèvements extraterrestres. Il leur manque une « âme », à savoir une connexion avec ce qu’il nomme « l’être premier », la source créatrice et donc la capacité de se réincarner. Seule, la technologie leur permet de prolonger leur existence de manière indéterminée mais leur patrimoine génétique est sujet à l’entropie, c’est-à-dire à des mutations et une déstructuration dramatique. Ces entités veulent se reconnecter à la source et c’est la raison pour laquelle ils auraient inséré une partie de leur patrimoine dans le nôtre au moment de l’épisode biblique de la Genèse.
Anton Parks, par le biais de ses visions et de son analyse des récits sumériens, voit dans l’intrusion extraterrestre actuelle la conséquence d’intrusions préalables qui ont joué un rôle fondamental dans la genèse et l’histoire de l’humanité. Nous sommes le résultat d’un combat, d’une lutte d’influences titanesque entre plusieurs « races » extraterrestres qui sont majoritairement reptiliennes. Les Archontes des évangiles gnostiques de Nag Hammadi symbolisent pour Parks le jeu pervers joué par la lignée Anunnaki d’Enlil, d’An et Ansar, responsables d’un ordre patriarcal, très centralisé et dictatorial. Ces entités reptiliennes à polarité masculine nous ont créés et élevés comme du bétail pour le bénéfice de leur entreprise coloniale. Face à cette « dynastie », le « Dieu » Enki, allié aux lignées reptiliennes à polarité féminine, les « Amasutum » ainsi qu’aux planificateurs  « Kadistu » ont rempli un rôle positif d’enseignants de l’humanité. Ils sont les Elohims de la Bible, les « porteurs de lumière » lucifériens, le serpent de la connaissance, les « Prométhées » que le récit biblique de Yahvé/An/Enlil a transformé en entités sataniques. Par conséquent, par le biais du « bestiaire » des récits mythiques sumériens immortalisés par l’écriture cunéiforme dans des milliers de tablettes d’argile, Anton Parks montre que l’influence extraterrestre sur l’humanité n’est pas uniquement négative.

A la veille d’une mutation ?
Le message des religions judéo-chrétiennes revisité par le Nouvel Âge concorde en partie avec les assertions selon lesquelles nous serions dans une période charnière qui nous mènera vers un immense basculement que certains tentent de situer dans le temps : la date de 2012 est régulièrement évoquée. Plusieurs « interprétations » coexistent à propos de cette date et de la nature de ce basculement. Il y a la version « apocalyptique » et messianique qui parle de « Fin des temps », de punitions et de rétributions, d’élus et de damnés. Les groupes évangéliques surfent sur la vague « 2012 » pour nous persuader de la justesse de leurs visions. Il existe une autre version, moins « dramatique » selon laquelle nous sommes effectivement à une période charnière, la fin d’un temps, d’une époque, comme dirait Daniel Meurois mais il ne sert à rien de tenter de la dater (voir interview). Il est plutôt question d’une sorte de grand balancier cosmique, d’une mécanique d’évolution dans laquelle, lors des cycles de transformations, les événements s’accélèrent et s’intensifient pour conférer à l’histoire un cours de plus en plus violent et chaotique.
Par contre, si nous « croyons » en l’émergence d’une apocalypse, le scénario que nous avons imaginé finira bien par prendre forme. Tout est donc une question de perception personnelle. Il en va de même pour ce que Daniel Meurois nomme « l’adversaire ». Il pourrait prendre le visage que nous voudrons bien lui donner.
Emprise complète, partielle, démon interne, parasite extérieur, réalité, illusion, matrice, simulation virtuelle, chacun de ces concepts et des auteurs qui les évoquent nous livrent des informations parfois contradictoires, parfois complémentaires sur la nature des entraves de l’humanité.
Toute cette matière, cette sagesse développée par les uns et les autres est certes indicatrice mais demeure lettre morte pour nous tant que nous n’avons pas développé nos expériences personnelles de perception afin de jauger la pertinence de ces constatations sur la nature du monde spirituel. L’intrusion extraterrestre, le caractère infiniment étrange que peut induire cette rencontre dans notre psyché va nous bousculer, c’est un fait certain, et elle peut augurer d’un prélude à un immense changement dans notre façon de percevoir le réel. C’est peut-être cela, l’apocalypse, la « Révélation » : une révolution dans notre fonctionnement psychique et donc, cérébral.

Un sentiment de merveilleux
Enfin, nous ne raisonnons qu’en termes d’importance de notre existence ou d’insignifiance de notre ego face au monde, ce qui est générateur d’angoisses et de peurs. C’est plus fort que nous de « penser » le monde de la sorte. Certes, face à l’infini et à l’étrangeté de ce que représente l’univers, les êtres qui le peuplent et l’existence en général, nous sommes saisis par ce sentiment d’insignifiance mais aussi par cette impression de merveilleux. Tout est une fois de plus question d’angle de perception et de point de vue.
Il est impossible de comprendre et de décrire vraiment un système si l’on en fait partie et qu’on y est immergé. Il nous manque un panorama, un regard externe. Par conséquent, nous décrivons la possibilité d’une « intrusion » extraterrestre qu’en termes de confrontations, de luttes hostiles et de prédations parce que nous sommes immergés dans notre matrice en 4 dimensions apparentes (3D et dimension temporelle). L’expérience de la conscience hors de cette matrice pourrait nous apporter une vision peut-être moins chargée de peur. Il serait par conséquent inutile de conclure définitivement sur la nature profonde de cette intrusion « extraterrestre » de l’endroit où nous sommes, intégré dans notre propre système cognitif. N’oublions pas ce qu’affirme l’astrophysicien Jacques Vallée dans son livre « Révélations » : « Quelqu’un est en train de se donner énormément de mal pour nous convaincre que nous sommes menacés par des êtres venus de l’espace. Pour étayer cette idée, les faits qui se rapportent au vrai phénomène Ovni et sa véritable histoire ont été tellement déformés que les spécialistes eux-mêmes abandonnent leurs recherches et cessent d’enquêter sur des cas réels… ». En d’autres termes, on nous inculque la peur, une peur déformante qui ne nous aidera certainement pas à comprendre et poursuivre ce qui est sans doute l’avenir de cette aventure dans la conscience.

La suite : deux interviews
Pour compléter ce dossier sur l’évangile de Judas, Daniel Meurois Givaudan et John Lash nous livrent dans les entretiens qui suivent des perspectives supplémentaires sur tous les points que nous avons évoqués ici : les évangiles gnostiques, le rôle nocif joué par certains dogmes et religions dans le développement d’une spiritualité réelle et utile, l’intrusion extraterrestre et les Archontes, le message apocalyptique, 2012 ainsi que sur les liens entre Judas et le Christ.

Certaines parties de ce dossier ont été publiées sous une autre forme dans le n° 53 de l’édition française du magazine Nexus (novembre-décembre 2007)

Source: Karmapolis

Lire aussi les articles liés : L’Evangile de Judas: Première partie, L’Evangile de Judas: Interview avec John Lash et L’Evangile de Judas: Interview avec Daniel Meurois-Givaudan.

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Une Réponse

  1. Sabin accrombessi

    Si je comprend bien judas est le diciple le mieu aime du Christ qui n’a fait que ce que jesus voulait, qu’elle est interet des anciens qui ont suprime les evangiles de judas,de marie madelaine et de philipe.J’aurais appris que jesus a eut un anfant avec marie madelaine,qu’elle etait son?sinon le nom des decendants ou bien ils ont ete tue?

    6 février 2012 à 17:55

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