Un 3ème œil sur la réalité

James Redfield – La Dixième Prophétie – 2 : Voir une Revue de Vie.

James Redfield – La Dixième Prophétie – 2 : Voir une Revue de Vie.

Sur un rocher situé au-dessus de moi, à moitié dissimulé par une saillie, se tenait Wil, les mains sur les hanches. Il arborait un large sourire, mais son visage me sembla un peu flou ; je dus plisser fortement les yeux et me concentrer pour le distinguer plus clairement.

– Je savais que tu viendrais, affirma-t-il en descendant agilement du surplomb et en sautant pour atterrir à mon côté. Je t’attendais.

Stupéfait, je le regardai et il m’attira vers lui pour me donner une chaleureuse accolade ; à part une légère luminescence, son visage et ses mains paraissaient normaux.

– Je n’arrive pas à croire que tu sois ici, balbutiai-je. Que t’est-il arrivé après ta disparition au Pérou ? Où étais-tu passé ?

Il me fit signe de m’asseoir en face de lui sur un rocher voisin.

– Je vais tout t’expliquer, dit-il, mais d’abord raconte-moi. Pourquoi es-tu venu dans cette vallée ?

Je lui relatai les faits : comment j’avais appris la disparition de Charlène, interprété sa mystérieuse carte et rencontré David. Wil me posa plusieurs questions précises sur ma conversation avec l’Indien puis se pencha vers moi :

– La dixième révélation porte sur la renaissance spirituelle qui se manifeste actuellement sur notre planète, à la lumière d’une autre dimension. Mais tu dois d’abord découvrir la véritable nature de tes intuitions. Je suppose que David te l’a expliqué ?

– Oui, répondis-je. Est-ce exact ?

Il réfléchit quelques instants puis me demanda :

– Que t’est-il arrivé depuis que tu es entré dans la vallée ?

– J’ai immédiatement commencé à capter des images, dis-je. Certaines provenaient d’un passé lointain, mais ensuite j’ai vu à plusieurs reprises ce bassin, dans ses moindres détails, les rochers, les cascades, et j’ai même pressenti que quelqu’un m’attendait ici, mais je ne savais pas qu’il s’agissait de toi.

– Que faisais-tu dans cette vision ?

– Je me dirigeais vers cet endroit et tout à coup j’apercevais l’étang et les cascades.

– Alors il s’agissait de ton avenir potentiel.

Je l’interrogeai du regard.

– Je ne suis pas sûr de bien saisir.

– La première partie de la dixième révélation, comme te l’a expliqué David, porte sur une meilleure compréhension de nos intuitions. Lorsque nous appliquons les leçons des neuf premières révélations, nos intuitions nous apparaissent comme des perceptions purement machinales ou des impressions vagues et passagères. Mais plus nous nous familiarisons avec elles, plus nous parvenons à saisir leur nature. Rappelle-toi ce qui t’est arrivé au Pérou. Tes intuitions ne t’apportaient-elles pas des images ? Tu visualisais non seulement les gens que tu allais rencontrer, mais des situations et des lieux précis, et cela te poussait à partir dans telle ou telle direction. N’est-ce pas ainsi que tu as su à quel moment tu devais te rendre aux ruines de Celestine ?

« Ici, dans cette vallée, tu as vécu les mêmes expériences. Tu as reçu une image mentale d’un événement potentiel, trouver les chutes et rencontrer quelqu’un, et tu as continué à avancer, tu as su provoquer la coïncidence qui t’a permis de dénicher cet endroit et de me rencontrer. Si tu avais chassé cette image, ou douté de la possibilité de découvrir les chutes, tu serais passé à côté de la synchronicité et aurais été déçu. Mais tu as pris cette image au sérieux ; tu l’as conservée dans ton esprit.

– David m’a expliqué que je devais apprendre à « conserver mon intuition », dis-je.

Wil approuva d’un hochement de tête.

– Et les autres images ? demandai-je. Les scènes du passé ? Les signes émis par les animaux ? Qu’en dit la dixième révélation ? As-tu vu le Manuscrit ?

Wil balaya toutes mes questions d’un revers de la main.

– Tout d’abord, laisse-moi te raconter mon expérience dans l’autre dimension, ce que j’appelle l’Après-Vie. Au Pérou, j’ai réussi à conserver mon niveau d’énergie, alors que vous tous aviez peur et perdiez votre vibration ; j’ai été transporté dans un monde incroyable, où régnaient la beauté et la clarté. Je me trouvais toujours au même endroit mais tout était cependant différent. Ce monde de lumière m’a impressionné à un point tel que je suis encore incapable de te le décrire. Pendant un long moment je n’ai fait qu’évoluer dans cet univers extraordinaire, et je vibrais de façon encore plus intense. En outre, j’ai découvert un phénomène tout à fait étonnant. Par ma seule volonté je pouvais me projeter n’importe où sur la planète ; il me suffisait de visualiser la destination choisie. Je me baladais partout où j’en avais envie ; je vous ai cherchés, toi, Julia et les autres, mais je ne suis pas arrivé à vous trouver.

« Et j’avais aussi un autre pouvoir. Si je me représentais l’image d’une étendue vierge, je pouvais quitter la planète pour une dimension purement imaginaire où je parvenais à créer tout ce que je voulais en le visualisant. Je fabriquais des océans, des montagnes, de superbes panoramas, des images de gens qui se comportaient exactement comme je le désirais, etc. Et ces images me semblaient aussi réelles que s’il s’agissait de personnes ou de paysages terrestres.

« Pourtant, ce monde fabriqué, je ne le trouvais pas très enrichissant. Le fait de créer de façon arbitraire ne me procurait aucune satisfaction réelle. Au bout d’un certain temps, je suis rentré chez moi et j’ai réfléchi à ce que je voulais faire. À cette époque je pouvais encore atteindre une densité suffisante pour parler avec les gens parvenus à un niveau de conscience supérieur. Je pouvais manger et dormir, même si je n’en avais pas besoin. Mais je négligeais un facteur important : je ne me préoccupais plus de susciter et de vivre des coïncidences. Me sentant déjà si léger, j’avais commis l’erreur de croire que je conserverais ma connexion intérieure ; je cherchais trop à contrôler les situations et j’avais perdu la voie. Il est très facile de s’égarer à ce niveau de vibration, quand on peut si aisément et si rapidement créer quelque chose en recourant à sa seule volonté.

– Et ensuite, que t’est-il arrivé ? demandai-je.

– Je me suis concentré sur l’intérieur de moi-même, en cherchant à me relier de façon plus intense avec l’énergie divine, comme nous l’avons toujours pratiqué. Je n’ai rien eu d’autre à faire. À partir de ce moment, ma vibration est devenue encore plus forte qu’avant et j’ai de nouveau reçu des intuitions. C’est alors que j’ai vu une image de toi.

– Quel rôle jouais-je dans ces visions ?

– Je ne sais pas exactement car l’image était floue. Mais lorsque j’ai fait appel à mon intuition et que je l’ai conservée dans mon esprit, j’ai pénétré dans une nouvelle zone de l’Après-Vie où je pouvais réellement voir d’autres âmes, plus exactement des groupes d’âmes. Je n’étais pas en mesure de leur parler, mais je comprenais vaguement leurs pensées et captais leurs connaissances.

– Ont-elles pu te communiquer le texte de la dixième révélation ? demandai-je.

Il déglutit et me regarda comme s’il allait lancer une bombe.

– Non, la dixième révélation n’a jamais été transcrite.

– Comment ? Elle ne fait pas partie du Manuscrit originel ?

– Non.

– Dis-moi, elle existe au moins ?

– Oui, bien sûr, mais pas sur terre. Elle n’est pas encore arrivée dans la dimension matérielle et n’existe que dans l’Après-Vie. Lorsqu’un nombre suffisant de gens sur notre planète percevra intuitivement cette information, alors elle deviendra assez réelle dans la conscience de certains pour qu’un individu la couche sur le papier. C’est ce qui s’est passé avec les neuf premières révélations. En fait, on constate que cela s’est produit pour tous les textes spirituels, y compris les prophéties les plus sacrées. L’information existe d’abord dans l’Après-Vie ; quand elle finit par être perçue de façon suffisamment claire dans la dimension matérielle, celui qui est destiné à l’écrire la retranscrit. C’est pourquoi l’on dit que ces écrits sont d’inspiration divine.

– Pourquoi a-t-il fallu tant de temps pour que quelqu’un perçoive le message de la dixième dimension ?

Wil eut l’air perplexe.

– Je ne sais pas. Le groupe d’âmes avec lequel je communiquais semblait le savoir mais je n’ai pas réussi à bien comprendre. Mon niveau d’énergie n’était pas assez élevé. Cela s’explique sans doute par le fait que les hommes ont de plus en plus peur. Nous vivons dans un monde qui évolue du matérialisme vers une nouvelle conception spirituelle globale.

– Alors tu penses que nous allons bientôt connaître la dixième révélation ?

– Oui, les groupes d’âmes l’ont vue arriver, petit à petit, dans tous les pays, au fur et à mesure que l’humanité acquiert une perspective plus élevée ; celle-ci provient de la connaissance de l’Après-Vie. Mais il faut qu’un nombre suffisant de personnes l’assimile, exactement comme les neuf premières révélations, pour vaincre la Peur.

– Sais-tu sur quoi porte le reste de la dixième révélation ?

– Oui, apparemment le fait de connaître les neuf premières ne suffit pas. Nous devons apprendre à accomplir notre destinée, à saisir la relation spéciale qui existe entre la dimension matérielle et l’Après-Vie. Il nous faut découvrir le sens de notre naissance, d’où nous venons, le dessein global que l’humanité essaie de réaliser.

Une pensée me traversa soudain l’esprit.

– Attends une minute. Tu avais bien réussi à voir une copie de la neuvième révélation. Que disait-elle sur la dixième ?

Wil se pencha vers moi.

– Elle affirmait que les neuf premières révélations décrivent l’évolution spirituelle, à la fois sur le plan personnel et collectif ; mais pour vraiment appliquer ces révélations, les vivre au quotidien et mener à bien notre destinée, nous avons besoin de mieux assimiler le processus. Selon la dixième révélation, la planète doit d’abord vivre une transformation spirituelle, non seulement à partir de la perspective terrestre, mais aussi à partir de celle de l’Après-Vie. Nous comprendrons mieux pourquoi nous essayons d’unir les deux dimensions, pourquoi nous devons réaliser cet objectif historique ; cette connaissance, une fois intégrée dans la culture, permettra d’atteindre ce but. La dixième révélation mentionne également la Peur : en même temps qu’émergera une nouvelle conscience spirituelle, une réaction de polarisation se produira ; il se formera une opposition fondée sur la crainte et cette opposition cherchera à contrôler l’avenir au moyen de différentes technologies nouvelles, des technologies encore plus dangereuses que la menace nucléaire et qui sont sur le point d’être découvertes. La dixième révélation permettra de supprimer cette polarisation.

Il s’arrêta brusquement et fit un signe de tête en direction de l’est.

– Tu as entendu ?

Je tendis l’oreille mais ne perçus que le bruit des chutes.

– Quoi ? demandai-je.

– Ce bourdonnement.

– Je l’ai entendu auparavant. De quoi s’agit-il ?

– Je ne sais pas exactement. Mais on le perçoit aussi dans l’autre dimension. Les âmes que j’ai vues m’ont semblé très perturbées par ce bruit.

Tandis que Wil parlait, je vis clairement le visage de Charlène se projeter dans mon esprit.

– Penses-tu que ce bourdonnement soit lié à ces nouvelles technologies ? demandai-je, un peu distrait.

Brusquement absent, Wil ne répondit pas.

– L’amie que tu cherches, demanda-t-il, a-t-elle des cheveux blonds et de grands yeux très inquisiteurs ?

– Oui.

– Je viens de voir une image de son visage.

Étonné, je le regardai fixement.

– Moi aussi.

Il se détourna et contempla les cascades pendant un moment tandis que je suivais la direction de son regard. Autour des chutes d’eau, l’écume blanche et l’éclat irisé des gouttelettes formaient un majestueux décor pour notre conversation. Je sentais l’énergie croître en moi.

– Tu n’as pas encore assez d’énergie, dit-il. Mais étant donné que ce lieu est si tonifiant, je pense pouvoir t’aider. Si nous nous concentrons tous les deux sur le visage de ton amie, nous pénétrerons dans la dimension spirituelle et découvrirons peut-être où elle se trouve et ce qui se passe dans cette vallée.

– Crois-tu que moi aussi je puisse y parvenir ? demandai-je. Tu devrais peut-être y aller seul et je t’attendrais ici.

Son visage devint flou. Wil sourit et posa sa main sur mon dos, me communiquant de l’énergie.

– Ne vois-tu pas que notre présence ici a un but précis ? L’humanité commence à pressentir l’existence de l’Après-Vie et à capter la dixième révélation. Nous avons maintenant l’occasion d’explorer ensemble l’autre dimension. Notre destin nous dicte de le faire.

À ce moment j’entendis, en arrière-plan, le bourdonnement qui recouvrait même le bruit des chutes d’eau. En fait, je le sentis jusque dans mon plexus solaire.

– Le bourdonnement s’amplifie, affirma Wil. Partons. Charlène a peut-être des ennuis.

– Qu’allons-nous faire ? demandai-je.

– Recréer l’image de ton amie que nous avons reçue, me répondit Wil en se rapprochant un peu de moi, sa main toujours posée sur mon dos.

– La sauvegarder ?

– Oui. Comme je te l’ai dit, nous apprenons à reconnaître la valeur de nos intuitions et à croire à leur efficacité. Nous souhaiterions que les coïncidences se produisent plus fréquemment, mais la plupart d’entre nous n’ont pris conscience de leur importance que depuis peu ; la culture dans laquelle nous vivons est marquée par le pessimisme, l’absence d’espérance et de foi. Cependant, si nous sommes très attentifs, si nous examinons dans ses moindres détails l’avenir potentiel que nous visualisons, si nous nous efforçons de conserver ces images dans notre esprit, si nous y croyons intensément, alors toutes nos représentations mentales tendront à se concrétiser plus facilement.

– Notre volonté peut donc tout ?

– Non. Souviens-toi de mon expérience dans l’Après-Vie. Tu peux créer n’importe quoi rien qu’en le désirant, mais ce n’est pas enrichissant. Ici-bas, cela se passe de la même façon, mais tout évolue plus lentement. Sur terre, nous pouvons créer presque tout ce que nous souhaitons, mais notre satisfaction ne devient réelle que lorsque nous écoutons vraiment notre guide intérieur et notre guide divin. Alors seulement notre volonté nous permet de progresser vers les avenirs potentiels que nous avons visualisés. Avec la source divine, nous devenons en quelque sorte des cocréateurs. Tu vois maintenant les prémisses de la dixième révélation ? Nous allons apprendre à maîtriser nos capacités de visualisation comme elles sont utilisées dans l’Après-Vie : quand nous y parviendrons, nous serons en harmonie avec cette dimension et cela contribuera à unir la Terre et le Ciel.

Je hochai la tête, car je comprenais son explication. Après avoir inspiré profondément plusieurs fois, Wil exerça une pression plus forte sur mon dos et me demanda de recréer les détails du visage de Charlène. Pendant un moment rien ne se passa, puis soudain je sentis une poussée d’énergie qui imprima une rotation à mon corps et je fus projeté en avant dans un mouvement brutal. À une vitesse fantastique je traversai une sorte de tunnel multicolore. Parfaitement conscient, je m’étonnai de n’éprouver aucune peur, mais plutôt un sentiment de reconnaissance, de satisfaction et de paix, comme si j’étais déjà venu là auparavant. Quand le mouvement qui m’entraînait cessa, je me trouvai environné d’une chaude lumière blanche. Je cherchai Wil des yeux : il se tenait légèrement derrière moi, à ma gauche.

– Et voilà, dit-il en souriant.

Ses lèvres ne bougeaient pas, mais je pouvais clairement entendre sa voix. Apparemment il n’avait pas changé, mais son corps semblait illuminé de l’intérieur.

Lorsque je tendis le bras pour toucher sa main, je remarquai que mon corps avait pris lui aussi le même aspect. Au moment où je voulus toucher Wil, je sentis qu’un champ d’énergie de plusieurs centimètres d’épaisseur l’entourait. Si j’essayais de pénétrer ce champ, je ne faisais que m’éloigner de mon ami.

Wil se retenait pour ne pas pouffer. Son expression était si drôle qu’elle me fit éclater de rire.

– Stupéfiant, tu ne trouves pas ? demanda-t-il.

– Il s’agit d’une vibration encore plus intense que dans les ruines de Celestine, répondis-je. Où sommes-nous ?

Wil resta silencieux et examina les alentours. Nous étions suspendus, immobiles, en plein ciel, et il n’y avait pas d’horizon. Seulement une lumière blanche dans toutes les directions.

Wil m’expliqua finalement :

– Il s’agit d’un point d’observation ; je suis venu ici brièvement, la première fois que j’ai visualisé ton visage. Ce jour-là, j’ai rencontré d’autres âmes.

– Que faisaient-elles ?

– Elles observaient les défunts.

– Comment ? Tu veux dire qu’ils viennent ici juste après leur mort ?

– Oui.

– Pourquoi sommes-nous ici ? Charlène a-t-elle de graves ennuis ?

Il se tourna franchement vers moi.

– Non, je ne crois pas. Souviens-toi de ce qui m’est arrivé quand j’ai commencé à te visualiser. Je me suis rendu dans de nombreux endroits avant de te rencontrer près des trois cascades. Il y a probablement quelque chose ici à quoi nous devons assister avant de pouvoir trouver ton amie. Attendons de voir ce qui se passe avec ces âmes.

Il fit un signe de tête vers la gauche où plusieurs entités d’apparence humaine se matérialisaient devant nous, à une dizaine de mètres.

– Wil, comment saurons-nous si leurs intentions sont amicales ? demandai-je avec méfiance. Comment procéder si elles tentent de s’emparer de nous ou de nous faire du mal ?

Son visage prit une expression grave.

– Sur terre, comment sens-tu que quelqu’un essaie de te contrôler ?

– Je m’en rends compte facilement, je devine quand on veut me manipuler.

– Comment ?

– Je sens qu’on cherche à me voler de l’énergie lorsque mon discernement faiblit et que ma capacité de prendre des décisions diminue.

– Exactement. Tu devines que ton interlocuteur ne suit pas les enseignements des révélations. Ces principes fonctionnent de la même façon dans l’autre dimension.

Les entités prirent une forme plus précise, mais je restai sur mes gardes. Soudain je sentis émaner d’elles une énergie positive, chargée d’amour ; leurs corps se composaient d’une lumière de couleur blanchâtre et ambrée qui se mouvait et chatoyait par intermittence. Les traits de leurs visages semblaient humains, mais nous ne pouvions pas les regarder en face. Je n’arrivais même pas à évaluer leur nombre. À un moment, trois ou quatre âmes évoluèrent devant nous ; je clignai des yeux, et soudain j’en vis six, puis de nouveau trois qui oscillaient, apparaissaient et disparaissaient. Toutes ensemble, elles formaient un nuage doré et animé, qui vacillait, dans un décor tout blanc.

Au bout de quelques minutes, une nouvelle forme se matérialisa derrière les autres. Je la distinguais mieux car son corps était lumineux comme celui de Wil et le mien. Il s’agissait d’un homme d’une cinquantaine d’années qui lançait des regards furieux autour de lui ; il se détendit un peu lorsqu’il aperçut le groupe d’âmes.

À ma grande surprise, quand je concentrai mon attention sur lui, je m’aperçus que je captais ses pensées et ses sentiments. Je jetai un coup d’oeil à Wil ; ce dernier hocha la tête pour me signifier qu’il percevait aussi les réactions de cet inconnu.

Je me concentrai de nouveau sur cet homme. Malgré un certain détachement et malgré l’amour et l’encouragement qui l’entouraient, son décès subit l’avait mis en état de choc. Quelques minutes auparavant, il faisait son jogging habituel et courait vers le sommet d’une colline, quand il fut terrassé par une crise cardiaque. Après une brève douleur, il plana au-dessus de son corps et vit un groupe de j passants accourir pour lui venir en aide. Une équipe de secours d’urgence arrivée rapidement tenta en vain de le ranimer.

Assis à côté de son corps dans l’ambulance, il entendit avec horreur le responsable des secouristes décréter qu’il était mort. Il essaya désespérément de communiquer avec eux mais personne ne pouvait l’entendre. À l’hôpital un médecin confirma que son coeur avait littéralement explosé : personne n’aurait pu le sauver.

Une partie de lui-même essayait d’accepter son décès ; l’autre résistait. Il appela à l’aide et se trouva instantanément dans un tunnel multicolore au bout duquel se trouvait l’endroit où nous nous tenions maintenant. Tandis que nous l’observions, il prit conscience de la présence des âmes et se dirigea vers elles ; sa silhouette m’apparut de plus en plus floue et se mit à ressembler à celle des âmes.

Puis il recula vers nous et soudain nous le vîmes dans un bureau rempli d’ordinateurs, de graphiques sur les murs et de gens affairés. Tout avait l’air parfaitement réel, sauf les murs semi-transparents qui nous permettaient de voir ce qui se passait à l’intérieur ; le ciel au-dessus du bureau n’était pas bleu mais d’une étrange couleur olivâtre.

– Il est en train de se leurrer lui-même, m’expliqua Wil. Il recrée le bureau où il travaillait sur terre et agit comme s’il était encore vivant.

Les âmes se rapprochèrent et d’autres surgirent de plus en plus nombreuses ; leurs silhouettes apparaissaient et disparaissaient,  vacillant dans la lumière ambrée. Elles semblaient envoyer à l’homme de l’amour et des informations que je ne pouvais comprendre. Le bureau devint flou, puis disparut complètement.

Une expression de résignation se peignit sur le visage du défunt et il rejoignit les âmes.

– Rapprochons-nous, me dit Wil en me poussant dans le dos.

Je sentis toute l’énergie que dégageait son bras. J’acquiesçai dans mon for intérieur, et aussitôt j’eus la sensation de me déplacer. Les âmes et l’homme m’apparurent beaucoup plus clairement. Leurs visages rayonnaient, comme celui de Wil et le mien, mais leurs mains et leurs pieds, au lieu d’être nettement formés, étaient constitués de simples rayons de lumière. Je pouvais maintenant me concentrer sur les entités durant quatre ou cinq secondes, puis je les perdais de vue et devais cligner de nouveau des yeux pour les retrouver.

Le groupe d’âmes et le défunt regardaient un point lumineux qui brillait intensément et se déplaçait dans notre direction. Il grossit jusqu’à devenir un énorme rayon qui illuminait tout. Ne pouvant regarder cette clarté en face, je me tournai de façon à voir seulement la silhouette de l’homme qui, lui, fixait apparemment sans difficulté le rayon de lumière.

Je pus de nouveau saisir ses pensées et ses émotions. Cette clarté le remplissait d’un extraordinaire sentiment d’amour et d’apaisement. Tandis que cette sensation l’envahissait, ses facultés de remémoration augmentèrent et il survola l’ensemble de sa vie à partir d’une perspective plus large, tout en découvrant des détails étonnamment précis.

Immédiatement il put revoir les circonstances de sa naissance et les premières années de sa vie familiale. Il s’appelait John Donald Williams ; son père était un homme à l’esprit plutôt lent ; quant à sa mère, elle ne s’occupait pratiquement pas de lui : elle passait peu de temps à la maison car elle menait une vie sociale très active. Enfant coléreux et méfiant, Williams faisait partie du clan des Interrogateurs : il voulait briller, réussir ce qu’il entreprenait, devenir un supersavant, un supermatheux. Il passa un doctorat de physique au Massachusetts Institute of Technology à l’âge de vingt-trois ans et enseigna dans quatre universités prestigieuses avant d’être embauché au ministère de la Défense, puis dans une grande société privée s’occupant des ressources énergétiques.

Il se lança dans le travail à corps perdu, négligeant pendant des années sa santé, sa forme physique et son alimentation. Les médecins diagnostiquèrent finalement chez lui une maladie cardiaque chronique. Il se mit à faire du jogging régulièrement mais, ce jour-là, il préjugea de ses forces, et l’effort lui fut fatal. Il était mort à la fleur de l’âge, à cinquante-huit ans.

À ce moment l’opinion de Williams changea ; il se mit à souffrir et à regretter la façon dont il avait mené sa vie. Il comprit que ses parents et son éducation l’avaient en quelque sorte programmé : il devait précocement devenir arrogant, avoir la conviction d’être important et de faire partie d’une élite. Sa principale arme avait été l’utilisation du ridicule : il rabaissait les autres en critiquant leurs capacités, leur conception du travail ou leur personnalité. Mais maintenant il s’apercevait que, tout au long de sa vie, des individus avaient été placés sur son chemin pour l’aider à combattre son insécurité latente. Tous étaient arrivés exactement au moment adéquat pour lui montrer la bonne voie, mais il les avait complètement ignorés.

Malgré tous les signes lui indiquant de choisir ses emplois avec plus de discernement et de ralentir la cadence, il avait gardé des oeillères jusqu’à la fin. La recherche qu’il menait sur les nouvelles technologies avait de multiples implications dangereuses pour l’humanité, mais il ne les avait jamais prises en considération. Il avait laissé ses employeurs lui bourrer le crâne, lui inculquer de nouvelles théories, et même des principes de physique qu’il maîtrisait mal, sans même se poser de questions sur leur valeur. Ces procédures marchaient, et cela seul lui importait parce qu’elles menaient au succès, à la reconnaissance sociale. Il avait succombé à son besoin d’être admiré… encore une fois. « Mon Dieu, pensa-t-il, j’ai échoué dans ce travail comme dans les autres. »

Sa pensée changea brusquement de cours et lui fit revivre une autre scène, dans une existence antérieure. Il se trouvait dans les Appalaches du Sud, au début du XIXe siècle, dans un avant-poste militaire. Des lanternes jetaient une lumière vacillante sur les parois de toile d’une tente où plusieurs hommes étudiaient une carte. Tous les officiers supérieurs présents pensaient que la guerre était inévitable ; il fallait donc organiser rapidement une attaque.

Occupant le poste d’aide de camp du général en chef, Williams se rallia à l’opinion des autres officiers. « Je n’ai pas le choix, conclut-il ; si j’exprime mon désaccord, je devrai dire adieu à ma carrière militaire. » De toute façon, même s’il l’avait voulu, il n’aurait pas réussi à convaincre ses compagnons d’armes. Il fallait lancer cette offensive, qui serait sans doute la dernière grande bataille de la guerre contre les Indiens menée dans l’Est.

Une sentinelle interrompit la réunion pour communiquer une information au général. La fille d’un colon voulait immédiatement voir le commandant en chef. Regardant à travers l’ouverture de la tente, Williams avait aperçu une frêle femme blanche, d’une trentaine d’années peut-être, au regard désespéré. Fille d’un missionnaire, elle venait annoncer que les Indiens proposaient une nouvelle initiative de paix. Elle avait personnellement négocié avec eux et encouru de grands risques.

Mais le général refusa de la recevoir : il resta dans la tente tandis qu’elle parlait très haut pour se faire entendre, puis il la fit finalement expulser du camp sous la menace des fusils ; il ne voulait même pas prendre connaissance de son message. De nouveau Williams se contrôla. Son chef subissait d’énormes pressions : il avait promis à ses supérieurs que la région serait pacifiée, accessible à l’expansion économique. Pour que la vision des gros bonnets de la finance et de l’industrie et de leurs alliés politiques puisse se réaliser, la guerre était nécessaire. Pas question de laisser les colons et les Indiens créer ensemble une culture spécifique de la Frontière. Non, il fallait façonner, manipuler et contrôler l’avenir pour défendre au mieux les intérêts de ceux qui apportaient stabilité et prospérité à leurs congénères. L’idée de laisser les petites gens décider de leur sort leur paraissait totalement irresponsable et les effrayait.

Williams savait qu’une guerre satisferait les magnats des chemins de fer et du charbon ainsi que ceux du pétrole, industrie en pleine expansion, et qu’elle assurerait également son propre avenir. Il lui suffisait de se taire et de jouer le jeu. Ce qu’il allait faire, même si en silence il désapprouvait cette offensive, contrairement au second aide de camp du général. Il se rappelait avoir regardé son collègue de l’autre côté de la tente, un petit homme qui boitait légèrement. Personne ne savait pourquoi, car sa jambe ne présentait aucun défaut. Ce parfait lèche-bottes connaissait les projets secrets des cartels ; il se plaisait à faire partie des initiés, admirait leurs projets, voulait y participer. En outre, il existait une autre raison.

Cet homme, comme le général et les autres politiciens, appartenait à la catégorie des Intimidateurs qui craignaient les Indiens et voulaient qu’ils soient chassés de là. Ceux-ci ne pouvaient que se montrer hostiles à l’expansion d’une économie industrielle qui envahirait leurs terres et détruirait leur civilisation. Mais les Blancs redoutaient encore plus une idée puissante, régénératrice, que seule une poignée d’anciens connaissait dans ses détails. Cette notion imprégnait toute leur culture et aurait eu le pouvoir d’inciter les gouvernants à changer de perspective, à se souvenir d’une autre vision de l’avenir.

Williams découvrit que la femme missionnaire avait convaincu tous les grands chamans d’unir leurs efforts, une dernière fois, pour partager leur savoir, trouver les mots adéquats pour le diffuser, dernière tentative pour s’expliquer et prouver la valeur de leur conception à un monde de plus en plus hostile. Williams savait, au plus profond de lui-même, qu’ils auraient dû écouter la femme, mais il était resté silencieux ; d’un rapide signe de tête le général avait écarté la possibilité d’une réconciliation et ordonné le déclenchement des hostilités.

Tandis que Williams se remémorait le passé, il se retrouva au-dessus d’une gorge, dans une forêt profonde, d’où l’on pouvait observer l’affrontement qui allait se dérouler. La cavalerie déboula sur une crête et surprit les Indiens ; ceux-ci montèrent à leur rencontre puis tendirent une embuscade aux cavaliers à partir des falaises qui surplombaient le défilé. À une courte distance, un homme de haute taille et une femme se terraient au milieu des rochers. L’homme, un jeune universitaire, assistant d’un membre du Congrès, était venu là pour une mission d’observation. Terrifié par la proximité du champ de bataille, il comprit qu’il avait commis une erreur, une terrible erreur. Il se passionnait pour l’économie, non pour la violence. Il pensait que les Blancs et les Indiens n’avaient nul besoin de se battre, que les plans du développement de cette région pouvaient être adaptés, modifiés de façon à y intégrer les deux cultures.

La femme qui se trouvait à côté de lui dans les rochers était la jeune missionnaire que Williams avait aperçue un peu plus tôt devant l’entrée de la tente des officiers. Elle se sentait abandonnée, trahie. Son effort aurait pu porter ses fruits, elle le savait, si les chefs des deux camps avaient écouté sa proposition. Mais elle ne renoncerait pas, elle se l’était promis, avant la disparition de toute violence. Elle répétait sans cesse :

– On peut y mettre fin ! On peut y mettre fin !

Soudain, sur la pente derrière eux, deux cavaliers blancs foncèrent sur un Indien. C’était le même chef véhément que j’avais vu dans mon rêve éveillé quand je parlais à David, celui qui avait contesté si violemment les idées de la femme blanche. Il se tourna rapidement et décocha une flèche dans la poitrine de l’un de ses poursuivants. L’autre soldat sauta de son cheval et se jeta sur lui. Les deux adversaires luttèrent furieusement, et le soldat plongea finalement son couteau dans la gorge de l’Indien. Le sang jaillit et coula sur la terre battue.

L’universitaire affolé supplia la femme de s’enfuir avec lui mais, d’un geste, elle lui intima de rester, de garder son calme. Pour la première fois Williams aperçut un vieux chaman près d’un arbre non loin d’eux ; sa forme tremblotait, apparaissant et disparaissant de mon champ de vision. Un second peloton de cavalerie surgit alors au sommet de la colline et fit feu dans toutes les directions. Les balles déchiquetèrent l’homme blanc et la femme. Souriant et se dressant de toute sa taille, l’Indien défia les soldats et il fut abattu également.

À ce moment l’attention de Williams se déplaça vers une colline qui dominait toute la scène. Un autre homme, un montagnard, observait les combats. Il portait une veste et des pantalons de daim et tirait une mule. Il tourna le dos, descendit la colline dans la direction opposée, dépassa le bassin et les chutes d’eau puis disparut hors de ma vue. Stupéfait, je me rendis compte que la bataille s’était déroulée exactement à cet endroit, dans la vallée, au sud des trois cascades.

Lorsque mon attention se reporta sur Williams, celui-ci revivait l’horreur du bain de sang et de la haine. Il comprenait que son incapacité à agir durant la guerre contre les Indiens avait conditionné sa dernière vie, mais, exactement comme dans son existence antérieure, il n’avait pas réussi à prendre conscience de sa mission. Il s’était trouvé aux côtés de l’assistant parlementaire qui avait été tué avec la fille du missionnaire, et n’était pas parvenu à se souvenir de leur objectif. Williams revit une scène qu’il avait vécue avec le jeune homme au sommet d’une colline, entouré d’un cercle de grands arbres ; à ce moment-là son ami aurait dû se rappeler son projet et aller chercher cinq autres personnes dans la vallée pour former un groupe de sept personnes qui toutes ensemble lutteraient pour éliminer la Peur.

Cette idée le plongea dans un souvenir encore plus ancien. La Peur avait été le grand ennemi des hommes durant leur longue et tortueuse histoire et Williams savait que la société actuelle était en train de se polariser, donnant aux Intimidateurs la dernière occasion historique de prendre le pouvoir et d’exploiter les nouvelles technologies pour leurs objectifs propres.

Il souffrait au point de vouloir rentrer sous terre. Les membres du groupe des sept devaient se retrouver, c’était d’une importance vitale. La situation historique était mûre pour l’apparition de tels groupes : si un nombre suffisant de ces groupes se formait, et si une majorité d’entre eux comprenaient la Peur, alors seulement la polarisation pourrait être éliminée et l’on réussirait à mettre un terme aux expériences dans la vallée.

Très lentement, je pris conscience que j’étais revenu à l’endroit qui baignait dans une douce lumière blanche. Les visions de Williams avaient pris fin, lui et les autres entités avaient rapidement disparu. Je perçus un mouvement derrière moi et me sentis pris de vertige et égaré. Wil se tenait à ma droite.

– Que s’est-il passé ? demandai-je. Où est-il parti ?

– Je l’ignore, répondit-il.

– Que lui arrivait-il ?

– Il assistait à une Revue de Vie.

Je hochai la tête.

– Sais-tu ce que c’est ? me demanda-t-il.

– Oui, répondis-je. Les personnes qui ont eu des expériences de mort imminente racontent souvent qu’elles ont revu le scénario de leur vie entière en quelques secondes. Il s’agit de cela, non ?

Wil réfléchit.

– Oui, mais la prise de conscience de ce phénomène a un grand impact sur l’humanité. La connaissance de l’Après-Vie nous ouvre des perspectives spirituelles nouvelles. Des milliers de gens ont eu des expériences de mort imminente ; plus on les diffuse et plus on réfléchit sur le récit de leurs expériences, plus cette réalité s’intègre à notre compréhension quotidienne. Après notre mort nous devrons réexaminer toute notre existence ; et nous souffrirons de toutes les occasions manquées, de toutes les circonstances où nous aurions dû agir mais ne l’avons pas fait. Cette perspective nous incite à mémoriser toutes les images intuitives qui nous viennent à l’esprit, à les garder fermement en tête. Nous vivons d’une façon moins passive. Nous ne voulons pas passer à côté d’un seul événement important. Nous voudrions éviter de souffrir lorsque nous réexaminerons notre existence plus tard, sinon, nous nous rendrons compte que nous avons tout gâché, que nous avons été incapables de prendre les décisions adéquates.

Soudain Wil marqua une pause, relevant la tête comme s’il entendait quelque chose. Immédiatement je sentis une secousse dans mon plexus solaire et entendis à nouveau le bourdonnement discordant qui disparut quelques minutes après.

Wil regardait autour de lui. Des lueurs grises intermittentes scintillaient sur le décor blanc qui nous entourait.

– Quelque chose affecte aussi cette dimension, me dit-il. Je ne sais pas si nous pouvons maintenir notre vibration.

Nous attendîmes. Les lueurs grises diminuèrent progressivement d’intensité et le décor redevint d’un blanc uniforme.

– Rappelle-toi l’avertissement dans la neuvième révélation à propos des nouvelles technologies, ajouta Wil, ainsi que le commentaire de Williams à propos de ceux qui ont peur et essaient de maîtriser ces techniques.

– Et qu’en est-il du retour du groupe des sept ? demandai-je. Et les visions de Williams à propos de cette vallée au XIXe siècle ? Wil, j’ai eu les mêmes, moi aussi. Que signifient-elles ?

Le visage de mon ami devint plus grave.

– Il est prévu que nous voyions tout cela. Et je pense que toi, tu fais partie de ce groupe des sept.

Soudain le bourdonnement augmenta de nouveau d’intensité.

– Williams a dit que nous devons d’abord comprendre la Peur pour parvenir à la vaincre, souligna Wil. Voilà notre prochaine tâche : trouver un moyen de comprendre cette Peur.

À peine Wil avait-il fini d’exprimer sa pensée que j’entendis un bruit assourdissant qui me fit trembler des pieds à la tête. Je reculai et Wil tendit le bras vers moi ; son visage se déforma puis disparut. J’essayai d’attraper son bras, mais il avait brusquement disparu aussi, et je tombai, impuissant, dans un puits multicolore.

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