Un 3ème œil sur la réalité

James Redfield – Le Secret de Shambhala – 11 : Le secret de Shambhala.

James Redfield – Le Secret de Shambhala – 11 : Le secret de Shambhala.

Pendant des heures, nous cherchâmes la grand-mère de Tashi. Soucieux de ne pas être rattrapés par les soldats chinois, nous explorions rapidement les bâtiments. À chaque fois, nous observions le travail des habitants des temples. Dans chaque bâtiment, ceux-ci se consacraient à une situation critique différente au sein des civilisations extérieures.

Dans un temple, on intervenait sur des problèmes liés également à l’aliénation des jeunes, la multiplication des actes de violence. Des films et des jeux vidéo propageaient en effet l’illusion que l’on pouvait accomplir ces actes violents dans la colère puis les effacer, les annuler sans dommages réels. Cette mystification était en grande partie à l’origine des fusillades dans les écoles américaines.

Shambhala envoyait à chacun des créateurs de ces jeux une dose d’énergie qui leur permettait d’atteindre une perspective intuitive supérieure et de réfléchir aux effets de leurs créations sur les enfants. En même temps, un certain nombre de parents étaient amenés à des états d’énergie supérieure, où ils pouvaient explorer leurs intuitions sur ce que faisait leur progéniture et trouver davantage de temps pour façonner une réalité différente.

Dans un autre temple on se concentrait sur le débat actuel à propos des médecines alternatives, préventives, approches qui concouraient efficacement à l’élimination des maladies et à l’accroissement de la longévité. Les tenants de l’allopathie (institutions médicales de différents pays, responsables des grands laboratoires de recherche, organismes de santé publique distribuant des subventions importantes, grosses sociétés pharmaceutiques) opéraient tous à partir d’un paradigme datant du dix-huitième siècle. Ils se bornaient à combattre les symptômes de la maladie sans accorder suffisamment d’importance à la prévention.

Ils voulaient identifier et éliminer les différents microbes, les gènes déficients et les tumeurs cancéreuses foudroyantes, mais la plupart d’entre eux pensaient que de tels problèmes résultaient du vieillissement. La plus grosse part des subventions allait aux grandes institutions qui recherchaient des sortes de potions magiques : des médicaments miracle qu’ils pourraient faire breveter et vendre pour tuer les microbes, détruire les cellules malignes ou reprogrammer les gènes, d’une façon ou d’une autre. Par contre, ceux qui cherchaient à stimuler le système immunitaire et à prévenir de telles maladies se voyaient allouer des sommes ridicules.

Ensuite nous assistâmes à une conférence réunissant les représentants de diverses spécialités médicales. Selon certains scientifiques, tout le champ de la médecine devait changer de point de vue, si nous voulions un jour percer le mystère des maladies humaines, en particulier les lésions artérielles des cardiopathies, les tumeurs cancéreuses et les maladies dégénératives, telles que l’arthrite ou la sclérose en plaques.

Ces scientifiques affirmaient, comme Hanh me l’avait expliqué auparavant, que la véritable cause de tous les dysfonctionnements était une alimentation polluée. Les toxines absorbées faisaient passer notre organisme de l’état sain, vibrant et alcalin de la jeunesse, à un état acide, terne, faible en énergie, créant un climat favorable à la prolifération des microbes et à la désagrégation généralisée des tissus. Chaque affection, pensaient-ils, provient d’une lente décomposition de nos cellules par les microbes, mais ceux-ci ne nous attaquent pas sans raison. Ce sont les aliments que nous consommons qui installent un terrain propice à leur prolifération.

D’autres participants se rebiffaient devant ces découvertes. Forcément, quelque chose clochait, pensaient-ils. Comment les maladies humaines pouvaient-elles avoir une explication aussi simple ? Ils travaillaient pour les industries pharmaceutiques qui voyaient les consommateurs dépenser des milliards dans des médicaments complexes et des opérations coûteuses. Les responsables de la santé publique se convainquaient que tout cela était nécessaire. Certains proposaient de mettre en place une mesure sur le point d’être adoptée dans de nombreux pays : ils souhaitaient que l’on implante une puce électronique dans chaque individu pour stocker des informations sur sa santé et son suivi médical. Les services secrets défendaient ardemment l’instauration de ce moyen de contrôle, de ce formidable outil d’identification. Leurs positions de pouvoir en dépendaient. Leur gagne-pain était en jeu.

En outre, tous ces gens-là aimaient les bons petits plats. Comment pouvaient-ils recommander à leurs concitoyens de changer de régime alimentaire s’ils ne pouvaient s’y résoudre eux-mêmes ? Non, il leur était impossible d’accepter des idées aussi novatrices.

Mais les médecins qui menaient les nouvelles recherches continuaient à défendre leur position, sachant que le climat était propice au changement de paradigme. Il suffisait de penser aux forêts tropicales abattues pour installer des élevages et répondre aux besoins en viande des pays occidentaux. La population mondiale devenait de plus en plus consciente de ce problème.

Un autre facteur positif intervenait : dans tous les pays, les enfants du baby-boom commençaient à atteindre un âge où ils risquaient d’être frappés par des maladies graves. Ayant déjà vu les médecins échouer à soigner leurs parents, ils cherchaient de nouvelles solutions.

Progressivement, l’antagonisme s’atténua dans la salle de conférences. Peu à peu, on se mit à écouter les arguments de ceux qui défendaient les médecines alternatives.

Dans un autre temple, le même type de débat se déroulait, mais cette fois entre spécialistes du droit. Un groupe de juristes incitait la profession à se donner des règles de déontologie plus strictes. Pendant des années, ils avaient assisté à des procès fabriqués, où les avocats indiquaient aux témoins comment déformer la vérité, inventaient des lignes de défense fantaisistes et essayaient d’influencer les jurys. L’heure était venue d’élever le niveau. Certains juristes pensaient qu’il fallait donner une perspective spirituelle à leur profession. Les avocats devaient comprendre leur vrai rôle : réduire les conflits, et non les entretenir, voire les susciter.

Plusieurs temples avaient pour tâche de traiter la corruption politique dans différents pays. Nous vîmes des députés discuter à Washington, à huis clos, de la nécessité de réformer la loi sur le financement des campagnes électorales. De grandes sociétés, soucieuses de défendre leurs intérêts particuliers, versaient des sommes astronomiques à des partis politiques ; et ces derniers utilisaient l’argent des donations pour financer des spots télévisés présentant une réalité déformée. Cette dépendance vis-à-vis de l’argent des grandes entreprises contraignait les politiciens de ces partis à accorder certaines faveurs. Et tout le monde le savait.

Ceux qui voulaient réformer la loi affirmaient que la démocratie ne deviendrait jamais effective tant que l’on diffuserait de tels spots et que l’on n’organiserait pas des débats publics sérieux – où les citoyens pourraient plus facilement juger le comportement, l’expression du visage et la sincérité des intervenants. Ils seraient ainsi en mesure d’utiliser leur intuition pour choisir les meilleurs candidats.

Alors que nous continuions à visiter des temples, nous comprîmes que chacun d’eux se consacrait à un domaine particulier de l’activité humaine. Nous vîmes des chefs d’État, bloqués par la peur, y compris des membres du gouvernement chinois, que l’on aidait à rejoindre la communauté internationale et à mettre en application des réformes sociales et économiques.

Dans chaque cas, la zone qui entourait ces personnages s’illuminait : ceux qui avaient le plus peur, ceux qui cherchaient à contrôler ou à manipuler les autres pour s’assurer une fortune ou un pouvoir personnels, devenaient moins rigides et catégoriques.

Tandis que nous continuions à chercher la grand-mère de Tashi, les mêmes questions me hantaient. Que se passait-il exactement ici ? Quelle était la relation entre les dakini, les anges et les extensions des champs de prière ? Quelles informations détenaient les habitants des temples, que nous-mêmes ignorions ?

À un moment, nous nous trouvâmes littéralement face à des kilomètres de temples. Les chemins partaient dans toutes les directions. En arrière-fond, nous entendions toujours les hélicoptères. Alors que nous hésitions, un autre grand édifice s’effondra deux cents mètres derrière nous.

– Qu’arrive-t-il à ceux qui sont à l’intérieur des temples ? demandai-je à Tashi.

Il regarda fixement le nuage de poussière qui s’élevait au-dessus des décombres.

– Ne vous inquiétez pas, ils sont indemnes. Ils peuvent se déplacer sans qu’on les voie. Le seul problème est que, pendant un temps, ils ne pourront plus envoyer d’énergie aux autres. (Il nous regarda.) Mais s’ils ne peuvent intervenir dans ces situations, qui le fera ?

Wil se rapprocha de Tashi.

– Nous devons prendre une décision. Il ne nous reste plus beaucoup de temps.

– Ma grand-mère se trouve ici, quelque part, dit-il. Mon père m’a informé qu’elle travaillait dans un des temples centraux.

Je regardai le dédale des structures en pierre.

– Je ne vois pas de centre dans ce dédale, remarquai-je.

– Ce n’est pas ce que je voulais dire, répondit Tashi. Ma grand-mère travaille dans un temple où les gens se focalisent sur les problèmes centraux, les points limites de l’évolution humaine.

Tout en parlant, Tashi examinait les bâtiments.

– Tu vois les gens d’ici mieux que nous, remarquai-je. Ne pourrais-tu leur parler et leur demander où nous devons aller ?

– J’ai essayé, répondit-il, mais mon énergie est insuffisante. Peut-être en serais-je capable si je restais un certain temps.

Tashi avait à peine prononcé ces mots qu’un autre temple s’écrasa sur le sol, cette fois beaucoup plus près de nous.

– Il faut que notre énergie soit plus puissante que celle des soldats, déclara Wil.

– Attendez une minute, dit Tashi. J’aperçois quelqu’un.

Il observait la multiplicité des temples. J’examinai aussi le paysage, mais ne distinguai rien de différent. Quand j’échangeai un regard avec Wil, il haussa les épaules.

– Tu as vu quelque chose ? demandai-je à Tashi. Il dévalait déjà un sentier à notre droite, en nous faisant signe de le suivre.

Après avoir marché précipitamment une vingtaine de minutes, nous nous arrêtâmes devant un temple dont l’architecture ressemblait beaucoup à celle des autres, excepté qu’il était plus grand et que ses pierres ocre foncé tiraient sur le bleu.

Immobile, Tashi fixait l’immense porte en pierre.

– Que se passe-t-il ? lui demanda Wil.

Loin derrière nous, un autre édifice s’effondra bruyamment.

Tashi me regarda.

– Dans votre rêve concernant le temple où nous rencontrions quelqu’un, le bâtiment n’était-il pas bleu ?

J’examinai plus attentivement les murs devant nous.

– Oui, tu as raison, répondis-je.

Wil marcha vers la porte et se retourna pour nous regarder. Tashi acquiesça. Wil poussa l’énorme bloc de pierre qui pivota sur ses gonds.

Ce temple était rempli de gens mais je ne distinguais toujours que les contours de leurs corps. Ils semblaient se regrouper autour de nous et je me sentis inondé de joie. Ils se déplaçaient de telle façon qu’ils me donnaient l’impression de se diriger vers le centre du temple. Suivant leur mouvement, j’aperçus une fenêtre spatiale. Plusieurs scènes se déroulaient au Moyen-Orient, et elles furent suivies par des images du Vatican, d’Asie, toutes indiquant apparemment qu’un dialogue intense se nouait entre les principales religions de la planète.

Nous vîmes des scènes qui illustraient le développement de la tolérance. Les chrétiens, catholiques, protestants et orthodoxes comprenaient que leur expérience de la conversion authentique était exactement la même que celles de la dévotion et de l’illumination dans les religions orientales, ou que les états mystiques du judaïsme et de l’islam. La seule différence était que chacune de ces croyances insistait sur un aspect spécifique de l’interaction mystique avec Dieu.

Les religions orientales soulignaient les effets sur la conscience elle-même, la sensation de légèreté, l’impression d’unicité avec l’univers, l’abandon des désirs de l’ego et un certain détachement. L’islam accordait de l’importance au sentiment d’unité qui naissait lorsque l’on partageait une expérience religieuse avec d’autres et au pouvoir des grandes actions collectives. Le judaïsme incarnait une tradition qui combinait le sentiment d’une élection collective des fidèles avec la responsabilité individuelle de chacun par rapport à l’évolution spirituelle de l’humanité.

Les chrétiens mettaient l’accent sur l’idée que l’Esprit se manifestait chez les êtres humains. Les croyants prennent alors conscience qu’ils font partie de Dieu mais aussi qu’ils ont un Moi supérieur. En quelque sorte, nous devenons une version plus étendue de nous-mêmes et nous nous sentons plus complets, plus capables ; nous recevons une orientation spirituelle intérieure et une sagesse qui nous conduisent à agir comme si la personnalité de Dieu, le Christ, voyait tout maintenant à travers nos propres yeux.

Nous pouvions observer les effets de cette tolérance et de cette unité nouvelles. On mettait de plus en plus l’accent sur l’expérience de la connexion interne avec le divin, et non sur des nuances d’opinions différentes. Une volonté croissante de résoudre les conflits ethniques et religieux semblait se manifester ; une meilleure communication s’établissait entre les chefs religieux ; et peu à peu l’on comprenait mieux le formidable pouvoir de la prière, à condition que tous étendent leurs champs de prière, dans un effort commun de l’ensemble des religions.

Tandis que j’observais tout cela, je compris enfin ce que Lama Rigden et Ani m’avaient tous les deux expliqué à propos de l’unification des religions, et du fait que ce phénomène indiquerait que les secrets de Shambhala seraient bientôt dévoilés.

À ce moment, la scène changea. Nous vîmes un groupe de gens qui parlaient avec animation et fêtaient joyeusement la naissance d’un enfant. Tout le monde riait et le bébé passait de main en main. Les participants à cette fête paraissaient très différents les uns des autres, ils représentaient diverses nationalités, et aussi différentes confessions, me sembla-t-il. J’observai mieux et j’eus l’impression de connaître les parents du bébé. Ils ressemblaient beaucoup à Pema et à son mari, même si je savais qu’il ne s’agissait pas d’eux.

Je plissai les yeux pour mieux voir, sentant que ce que l’on nous montrait revêtait une immense importance. Mais laquelle ?

La scène changea de nouveau et nous vîmes alors une région tropicale, en Asie du Sud-Est ou peut-être en Chine. Comme auparavant, on se trouvait à l’intérieur d’une maison où il y avait beaucoup de gens, de diverses origines, qui prenaient dans leurs bras un bébé et félicitaient les parents.

– Comprenez-vous ce que cela signifie ? dit Tashi. Ce sont les familles qui ont reçu les foetus disparus de Shambhala. Ces enfants sont partis pour naître dans différents pays. Il a dû s’agir d’un processus très dirigé. D’une manière ou d’une autre, ils recueillaient l’énergie génétique supérieure de Shambhala avant de s’en aller vers les civilisations extérieures.

Wil baissa les yeux pour mieux réfléchir puis il nous regarda fixement.

– C’est la mutation, affirma-t-il. Celle dont parlent les légendes. Shambhala ne va plus seulement changer d’emplacement ; son énergie se diffusera dans de multiples lieux sur la surface du globe.

– Comment ? demandai-je. Tashi me regarda.

– Selon les légendes, les guerriers de Shambhala apparaîtront à l’est et vaincront les pouvoirs des ténèbres pour créer une nouvelle société. Mais je pense qu’ils n’auront ni chevaux ni épées. Cette mutation se réalisera par l’extension de nos champs de prière, au fur et à mesure que les connaissances de Shambhala pénétreront le monde extérieur. Si tous ceux qui croient en Dieu reconnaissent leur connexion intérieure avec le divin, s’ils évitent de formuler des prières négatives et travaillent ensemble, nous pourrons tous utiliser les extensions des champs de prière et reprendre à notre compte le rôle de Shambhala.

– Mais nous ignorons comment ils opèrent, objectai-je. Nous ne connaissons pas les éléments manquants de la Quatrième Extension !

Au moment où je prononçais ces mots, la scène que l’on apercevait par la fenêtre spatiale changea : nous distinguions maintenant une chaîne de montagnes enneigées et un groupe d’hélicoptères qui se dirigeaient vers nous. Les temples continuaient à s’effondrer au fur et à mesure que les Chinois approchaient. Le paysage se couvrait de ruines, qui s’émiettaient ensuite en soulevant un nuage de poussière. La scène montra alors l’extérieur, puis l’intérieur du bâtiment où nous nous trouvions.

Nous nous vîmes dans le temple, mais cette fois nous pûmes enfin distinguer clairement les personnes qui nous entouraient, et pas seulement des formes vagues. Beaucoup portaient les habits traditionnels des moines tibétains mais d’autres étaient habillées de différentes façons : tenues religieuses orientales, costumes de juifs hassidiques, djellabas de mollahs, aubes de prêtres arborant la croix du Christ.

Curieusement, l’un d’eux me rappela quelqu’un qui vivait près de chez moi, dans la vallée. Mes yeux s’attardèrent sur lui. Je glissai dans un rêve éveillé. Dans mon imagination, je pouvais tout voir très clairement : les montagnes telles qu’on les apercevait de la baie de mon living-room, et ensuite la même vue, mais à partir de la source. Je pensai au goût de l’eau là-bas. Je m’imaginai en train de me pencher vers la source pour en boire.

De nouveau, nous entendîmes le grondement des hélicoptères, tout proche, et le fracas d’un autre temple qui s’effondrait.

S’étant séparé de nous, Tashi était parti vers la droite. Dans la fenêtre spatiale, nous pouvions suivre ses mouvements. Il s’était approché de l’un des moines tibétains.

– Qui est-ce ? demandai-je à Wil.

– Sans doute sa grand-mère, répondit Wil.

Ils se parlaient mais je ne pouvais comprendre ce qu’ils se disaient. Ils finirent par s’étreindre tendrement, puis Tashi se précipita vers nous.

Je regardai encore la fenêtre spatiale mais, lorsque Tashi nous rejoignit, la scène disparut. La fenêtre se trouvait encore là, mais à l’intérieur les images étaient brouillées, comme lorsque l’on capte une fréquence non attribuée à une chaîne.

Tashi rayonnait.

– Ne comprenez-vous pas ? dit-il. Nous sommes dans le temple où nos amis vous observaient, vous et Wil, pendant tout le temps où vous avez essayé de rejoindre Shambhala. Ils ont utilisé leur champ de prière pour vous guider. Sans leur aide, aucun d’entre nous ne serait ici.

Je regardai autour de moi et me rendis compte que je ne pouvais plus distinguer les contours de quiconque.

– Où sont-ils partis ? criai-je.

– Ils devaient s’en aller, répondit Tashi qui fixait maintenant la fenêtre spatiale vide, au milieu de la pièce. C’est à nous d’agir, dorénavant.

À ce moment-là, un énorme choc ébranla le temple. Plusieurs pierres tombèrent à l’extérieur avec un bruit sourd.

– Les soldats ! hurla Tashi. Ils sont là !

Il tendait l’oreille et regardait dans la direction d’où provenait le bruit des hélicoptères.

Soudain, la fenêtre spatiale redevint très nette et, non loin de là, nous vîmes les Chinois sortir de leurs appareils. Le colonel Chang marchait en tête, donnant des ordres à ses troupes. Nous pouvions parfaitement voir son visage.

– Il faut que nous élevions son énergie avec nos champs, dit Wil.

Tashi acquiesça et nous aida à accomplir successivement les différentes extensions. Nous visualisâmes que nos champs d’énergie s’écoulaient autour de nous et pénétraient les champs des soldats chinois, surtout de Chang, les amenant ainsi à prendre conscience de leurs intuitions spirituelles.

Tandis que j’observais le visage du colonel, il sembla s’arrêter et lever les yeux, comme s’il sentait une énergie supérieure.

Je guettai attentivement une expression de son Moi supérieur. Je remarquai un petit changement dans ses yeux, et peut-être même un demi-sourire. Il donnait l’impression de passer ses soldats en revue.

– Concentrez-vous sur son visage, dis-je. Son visage.

Quand nous agîmes tous en même temps, Chang sembla de nouveau s’arrêter. L’un des soldats, apparemment son bras droit, se rapprocha de lui et commença à lui poser des questions. Pendant quelques secondes, Chang ignora le jeune officier. Mais son subordonné attira son attention en désignant du doigt le temple où nous nous trouvions. Le colonel parut peu à peu récupérer ses facultés de concentration. Une expression de colère envahit de nouveau son visage. Il fit signe à tous les soldats de le suivre, tandis qu’il se dirigeait vers nous.

– Cela ne marche pas, dis-je.

Wil me regarda.

– Les dakini ne sont pas là.

– Il faut que nous partions.

– Comment ? demanda Wil. Tashi se tourna vers nous.

– Nous devons passer par la fenêtre spatiale D’après ma grand-mère, nous pouvons rejoindre les civilisations extérieures en empruntant cette voie. Mais seulement si nous recevons de l’aide de ceux qui se trouvent dans le lieu où nous allons, pour que l’énergie s’élève aussi de l’autre côté.

– Que voulait-elle dire par là ? m’étonnai-je. Qui donc pourrait nous aider ?

Tashi secoua la tête.

– Je l’ignore.

– Eh bien, nous devons essayer, cria Wil. Immédiatement !

Tashi avait l’air troublé.

– Comment faisais-tu pour revenir dans les cercles périphériques ? lui demandai-je.

– Là-bas, nous disposions des amplificateurs d’énergie, répondit-il. Je ne suis pas sûr d’y arriver sans ces appareils.

Je touchai l’épaule de Tashi.

– D’après Ani, tous ceux qui vivaient dans les cercles périphériques pourraient bientôt agir sans la technologie. Réfléchis. Comment faisais-tu ?

Tashi résistait encore.

– Je n’en sais vraiment rien. C’était automatique, en quelque sorte. (Il marqua une pause.) Je pense que nous anticipions juste que cela arrive. Ensuite cela se produisait instantanément.

– Allez, Tashi, essaie, l’encouragea Wil en désignant la fenêtre spatiale. Essaie tout de suite.

Tashi se concentra davantage puis il me regarda.

– Si je dois visualiser l’endroit, il faut que je sache où je veux aller. Où sommes-nous censés nous rendre ?

– Attends une minute, dis-je. Et le rêve que tu as fait ? N’apercevais-tu pas de l’eau ?

Tashi réfléchit un instant puis répondit :

– Je me trouvais au-dessus d’une source. Un puits, peut-être ou…

– Une source ? m’écriai-je. Une source avec un étang entouré d’un petit muret de pierre ?

Il me fixa quelques secondes.

– Je crois.

Je regardai Wil.

– Je la connais. Il s’agit d’une source au nord de la vallée où j’habite. C’est là que nous devons aller.

Une violente secousse ébranla alors de nouveau le bâtiment. Mon esprit fut envahi par des images du temple qui s’effondrait et des explosions qui nous tuaient, mais je les chassai aussitôt. Je visualisai que nous nous échappions. Je commençais à me sentir engagé, comme mon père, dans une bataille que je n’avais pas choisie mais que, en raison des enjeux, je ne pouvais éviter. À cette différence près qu’il s’agissait d’une bataille mentale.

– Concentrez-vous ! ordonnai-je. Que faisons-nous ensuite ?

– Nous visualisons l’endroit où nous allons, répondit Tashi. Décris-le-nous.

Hâtivement, je leur dépeignis chaque détail : le sentier dans la montagne, les arbres, les méandres de l’eau qui coulait, la couleur des feuilles à cette époque de l’année. Ensuite nous essayâmes d’aider Tashi à se concentrer sur cette image. Alors que nous regardions la fenêtre spatiale, nous pûmes soudain voir très clairement ma vallée au beau milieu du printemps.

– Ça y est ! criai-je.

Wil se tourna vers Tashi.

– Et maintenant ? Ta grand-mère a dit que nous aurions besoin d’aide de l’autre côté.

À travers la fenêtre, nous aperçûmes une personne à l’arrière-plan et nous nous concentrâmes tous sur l’image brouillée. Je m’efforçais de deviner de qui il s’agissait, lorsque je remarquai que c’était une jeune fille de l’âge de Tashi.

Finalement l’image devint plus nette et je la reconnus.

– C’est Natalie, la fille de mon voisin ! m’écriai-je, me souvenant de ma première intuition à son propos, dans ce paysage.

Tashi arborait un grand sourire.

– C’est ma soeur !

À ce moment, une partie du temple s’effondra à l’extérieur.

– Elle est en train de nous aider, cria Wil, elle nous pousse tous vers la fenêtre. Allons-y !

Dans un bruissement, Tashi plongea à travers la fenêtre spatiale, suivi de Wil. Au moment où je m’en approchais, le mur du fond s’écroula et, de l’autre côté, j’aperçus le colonel Chang.

Je lui jetai un bref coup d’oeil puis franchis la fenêtre.

Le visage empreint d’une grande détermination, il saisit une radio à ondes courtes dans sa ceinture.

– Je sais où vous allez ! cria-t-il alors que le reste du temple commençait à s’écrouler. Je vous retrouverai !

Dès que j’eus franchi la fenêtre, mon pied se posa sur un sol familier et je sentis de l’air chaud sur mon visage. J’étais de retour dans mon pays.

Tandis que je regardais autour de moi, je remarquai que Tashi et Natalie étaient déjà plongés dans une grande conversation. Tout près l’un de l’autre, ils parlaient avec volubilité en se regardant droit dans les yeux. Leurs visages rayonnaient, comme s’ils venaient de faire une grande découverte. Wil se tenait à leurs côtés.

Derrière eux, j’aperçus le père de Natalie, Bill, et plusieurs voisins, dont le père Brannigan, Sri Devo, et Julie Carmichael, une femme pasteur. Tous semblaient un peu perturbés.

Bill marcha vers moi.

– Je ne sais pas d’où tu viens mais, grâce à Dieu, tu es là.

Je pointai le doigt vers les religieux.

– Pourquoi sont-ils ici ?

– Natalie leur a demandé de venir. Elle nous a parlé des légendes et nous a montré comment créer les champs de prière, toutes sortes de choses. Apparemment, ces idées lui sont venues récemment. Elle nous a raconté qu’elle pouvait voir ce qui vous arrivait. En plus, nous avons surpris quelqu’un en train de surveiller ta maison.

Je regardai en haut de la colline et j’allais dire quelque chose quand Bill m’interrompit.

– Natalie m’a aussi raconté quelque chose d’étrange. Elle prétend qu’elle a un frère. Qui est ce garçon auquel elle est en train de parler ?

– Je t’expliquerai plus tard, répondis-je. Qui espionne ma maison ?

Bill resta silencieux. Il observait Wil et les autres qui marchaient maintenant vers nous.

Nous entendîmes plusieurs voitures approcher sur la colline au-dessus de nous. Une camionnette bleue s’arrêta à côté de ma maison. Deux hommes en sortirent, nous virent et se dirigèrent vers un promontoire qui nous surplombait, à une trentaine de mètres.

– Ce sont des agents chinois, dit Wil. Chang a dû les prévenir. Il faut que nous créions un champ.

Je m’attendais à ce que les deux religieux lui posent des questions, mais ils acquiescèrent. Tashi à ses côtés, Natalie commença à nous guider à travers les extensions.

– Commencez par l’énergie du Créateur, dit-elle. Laissez-la pénétrer dans votre corps et vous remplir complètement. Puis faites-la s’écouler à partir du sommet de votre crâne et à travers vos yeux. Laissez-la pénétrer le monde extérieur, dans un champ de prière constant, jusqu’à ce que vous ne voyiez plus que la beauté et ne sentiez plus que de l’amour. Redoublez de vigilance, anticipez que ce champ sort de vous et stimule les champs spirituels des deux espions au-dessus de nous, les poussant à puiser dans leurs intuitions.

Du haut du tertre, les agents chinois nous jetaient des regards menaçants. Ils commencèrent à descendre le sentier.

Tashi regarda Natalie et lui fit un signe.

– Maintenant, commença Natalie, nous pouvons déléguer nos pouvoirs aux anges.

Je regardai Wil.

– Comment ?

– Tout d’abord, continua Natalie, assurez-vous que vos champs sont bien réglés de façon à pouvoir pénétrer ceux des agents chinois. Visualisez le processus. Ce ne sont pas des ennemis, ce ne sont que des hommes, des âmes qui vivent dans la peur. Reconnaissez sincèrement l’existence des anges et, très consciemment, visualisez qu’ils se dirigent vers les deux espions.

« Ensuite, avec toutes vos attentes, visualisez que les anges amplifient nos champs de prière. Chargez-les de donner de l’énergie au Moi supérieur de ces deux hommes, beaucoup plus d’énergie que nous ne pouvons leur en fournir, en les amenant à un niveau de conscience qui les rende incapables de faire le mal.

Je regardais fixement les deux hommes sur la hauteur, cherchant la zone illuminée qui indiquerait la présence des dakini, essayant d’accommoder ma vue, mais je n’apercevais rien.

– Cela ne marche pas, dis-je à Wil.

– Regarde ! cria-t-il. Là-bas, à droite.

Tandis que je fixais la direction indiquée, je commençai à déceler une lumière qui s’approchait, puis je remarquai qu’elle entourait quelqu’un qui marchait vers les deux agents chinois. Le personnage nimbé de lumière portait un uniforme de shérif adjoint.

– Qui est cet homme ? demandai-je à Bill. Il me semble le connaître.

– Attends, dit Wil. Ce n’est pas un être humain. J’observai de nouveau le shérif adjoint, tandis qu’il parlait aux deux agents chinois. La lumière les enveloppa, eux aussi, et ils finirent par remonter dans leur véhicule. Bien que l’adjoint restât immobile, la clarté s’étendit jusqu’aux deux espions et entoura la camionnette. Ils partirent rapidement.

– L’extension a fonctionné, conclut Wil.

Je n’écoutais pas réellement. Mes yeux étaient braqués sur l’adjoint, qui maintenant nous regardait. Il était très grand et avait les cheveux noirs. Où l’avais-je déjà vu ?

Je m’en souvins au moment où il tourna le dos pour s’éloigner. C’était le même homme que j’avais rencontré à la piscine de L’Himalaya ; celui qui, le premier, m’avait parlé des recherches menées sur l’efficacité de la prière ; celui que j’avais entraperçu à plusieurs occasions ; celui que Wil avait appelé mon ange gardien.

– Ils se font toujours passer pour des êtres humains lorsque c’est nécessaire, m’expliqua Tashi, en marchant vers moi avec Natalie. Bon, nous venons donc d’accomplir la Quatrième et dernière Extension. Maintenant que nous connaissons le secret de Shambhala, nous pouvons désormais agir comme ceux qui travaillaient dans les temples. Ils observaient le monde extérieur et lorsqu’ils rencontraient des situations critiques, ils intervenaient avec la force de leurs champs de prière, mais en s’appuyant aussi sur le pouvoir des royaumes angéliques. Tel est le rôle des anges, ils servent à amplifier notre action.

– Je ne comprends pas, dis-je. Pourquoi cela n’a-t-il pas marché lorsque nous avons essayé d’arrêter Chang, juste avant de traverser la fenêtre spatiale ?

– Je ne connaissais pas la dernière étape, dit Tashi. Avant de parler à Natalie, j’ignorais une partie importante du travail effectué dans les temples. Nous avons envoyé de l’énergie à Chang, ce qui était nécessaire, mais nous ne savions pas comment permettre aux forces angéliques de se joindre à notre énergie et d’intervenir. Il nous faut commencer par reconnaître l’existence des anges ; puis, une fois parvenus à ce niveau d’énergie, nous devons leur déléguer le pouvoir d’agir en leur demandant, très consciemment, de venir.

Tashi se tut et, perdu dans ses pensées, tourna les yeux vers l’horizon. Un sourire se dessina sur ses lèvres.

– Qu’y a-t-il, Tashi ? demandai-je.

– C’est Ani et les gens de Shambhala, dit-il. Ils sont connectés avec nous. Je les sens.

Il nous demanda à tous de lui prêter attention.

– Il nous reste encore une chose à faire aujourd’hui. Nous pouvons charger les anges de protéger cette vallée.

Natalie nous aida à installer un champ d’énergie spécial qui s’écoulait vers les crêtes boisées entourant la vallée, dans toutes les directions, et conférait tous pouvoirs aux anges pour qu’ils nous protègent.

– Visualisez qu’un ange est posté sur chaque crête, dit-elle. Shambhala a toujours bénéficié de leur protection. Nous pouvons le faire ici aussi.

Nous nous concentrâmes sur les montagnes pendant plusieurs minutes. Puis les deux adolescents s’engagèrent dans une conversation animée, que nous écoutâmes.

Tashi et Natalie parlaient des embryons qui étaient venus de Shambhala et de la nécessité pour eux de s’éveiller à leur rôle, où qu’ils se trouvent. Ensuite, les deux jeunes gens nous expliquèrent que les enfants d’aujourd’hui étaient plus puissants, grands et forts que ceux de toutes les générations précédentes. Leur intelligence était plus vive et revêtait des formes nouvelles. Beaucoup d’entre eux pratiquaient des activités extrascolaires. Ils chantaient, dansaient, se livraient à une grande variété de sports, jouaient de la musique ou écrivaient. Leurs talents se développaient souvent à un âge plus précoce.

– Pourtant il y a un problème. La force de leurs attentes est beaucoup plus grande, mais ils ne savent pas contrôler totalement les effets de leurs pensées. Ils doivent apprendre comment fonctionne le champ de prière. Nous pouvons les y aider.

Tous mes amis, y compris Natalie et Tashi, qui étaient engagés dans une conversation apparemment très intense, partirent en direction de la maison de Bill. Wil et moi les regardâmes s’en aller.

Une vague momentanée de scepticisme m’envahit. Même après tout ce que j’avais vu, je doutais encore que les hommes fussent vraiment en mesure de s’en remettre à l’intervention des anges.

– Penses-tu réellement que nous puissions demander aux anges de nous aider, nous et d’autres personnes ? dis-je. Pourquoi un tel pouvoir nous serait-il attribué ?

– Ce n’est pas aussi simple, répondit-il. En fait, quelqu’un qui a des intentions négatives ne peut faire appel à eux. Rien ne fonctionne tant que nous ne sommes pas parfaitement branchés, à l’intérieur, sur l’énergie du Créateur. Il faut que nous fassions très consciemment s’écouler notre énergie hors de nous et qu’elle touche les autres. Si la moindre parcelle de notre ego ou d’un sentiment négatif se manifeste, alors toutes les énergies s’effondrent et les anges ne peuvent agir. Comprends-tu où je veux en venir ? Nous sommes les agents de Dieu sur cette planète. Nous pouvons affirmer et conserver la vision de la volonté divine. Si nous entrons authentiquement en harmonie avec ce futur positif, nous aurons assez d’énergie de prière pour enjoindre les anges d’agir.

J’acquiesçai, sachant qu’il avait raison.

– Vois-tu ce que tout cela représente ? me demanda-t-il. Toutes ces informations constituent la onzième révélation. La connaissance des champs de prière permet à l’humanité de faire un bond. Lorsque nous avions assimilé la dixième révélation, le but des hommes sur cette planète est de créer une civilisation spirituelle idéale en conservant la Vision, quelque chose nous manquait. Nous ne savions pas exactement comment conserver cette Vision, ni comment utiliser pratiquement notre foi et nos attentes en vue d’élever le niveau d’énergie.

« Maintenant nous le savons. Nous sommes dépositaires de la vérité de Shambhala, du secret des champs de prière. Nous pouvons dorénavant conserver la vision d’un monde spirituel et agir pour qu’elle se concrétise grâce à notre pouvoir créateur. La civilisation humaine ne saurait progresser tant que nous n’utiliserons pas consciemment ce pouvoir au service de l’évolution spirituelle. Nous devons agir comme ceux qui travaillaient dans les temples : régler méthodiquement notre champ de prière pour intervenir dans les situations critiques, celles dont l’issue est décisive pour l’avenir de l’humanité. Le véritable rôle des médias, spécialement de la télévision, devrait être d’attirer l’attention sur ce type de problèmes fondamentaux. Il faut que nous suivions tous les débats scientifiques, les discussions, que nous observions les situations dans lesquelles nos congénères se débattent entre l’obscurité et la lumière, et prenions le temps d’utiliser nos champs d’énergie pour les aider.

Il regarda autour de lui.

– Nous pouvons le faire dans de petites communautés, des églises, des cercles d’amis, dans tous les pays du monde. Que se passerait-il si toutes les religions associaient leurs pouvoirs pour créer un gigantesque champ de prière unifié ? Pour le moment, ce champ est fragmenté, voire annulé par les prières négatives et la haine. Des gens pleins de bonnes intentions laissent leurs pensées renforcer le mal, en s’imaginant que leurs idées négatives n’ont pas d’impact.

« Et si nous changions tout cela ? Si nous installions un champ plus vaste que tout ce qui a jamais été réalisé, et qui engloberait l’ensemble de la planète ? Nous pourrions élever l’énergie de toutes les forces insidieuses qui veulent centraliser le pouvoir et contrôler les citoyens. Chaque groupe de réflexion, dans chaque profession, chaque branche d’activité, apprendrait à le faire. Que se passerait-il si la conscience de ce champ prenait une telle ampleur ?

Wil marqua une pause puis reprit.

– Que se passerait-il si nous croyions sincèrement aux royaumes angéliques et savions que nous avons parfaitement le droit de leur donner tous pouvoirs ? Il nous faudrait remédier à toutes les situations critiques. Ce nouveau millénaire nous paraîtrait bien différent de ce qu’il est présentement. Nous serions véritablement les guerriers de Shambhala : nous remporterions la bataille qui déterminera le cours de l’avenir.

Il se tut et me regarda d’un air grave.

– Voilà le vrai défi de notre génération. Si nous échouons, les sacrifices de nos ancêtres auront été vains. Nous risquons de ne pas survivre aux catastrophes écologiques qui se préparent en ce moment… ou aux agissements insidieux de ceux qui veulent tout contrôler.

« L’important c’est de commencer à construire un réseau « mental » conscient. Qui relie les guerriers entre eux. Chaque personne qui connaît les enseignements de Shambhala se connectera avec les membres de son entourage désireux d’en savoir plus.

Je restai silencieux. Les propos de Wil me faisaient penser à Yin et à tous les autres Tibétains qui subissaient la tyrannie des Chinois. Que lui était-il arrivé ? Sans son aide, je n’aurais jamais réussi à m’en sortir. Je fis part de mes pensées à mon ami.

– Il est encore possible de le retrouver, affirma-t-il. Souviens-toi, la télévision ne fait qu’annoncer ce qu’un jour notre esprit saura accomplir. Essaie d’imaginer l’endroit où il se trouve.

J’acquiesçai et tentai d’effacer toute autre pensée de mon esprit, de me focaliser uniquement sur Yin. Au lieu de cela, le visage du colonel Chang m’apparut et j’eus un mouvement de recul. Je racontai à Wil ce qui s’était passé.

– Souviens-toi d’un moment où il t’a semblé particulièrement inspiré, puis visualise l’expression de son visage à cet instant.

Je retrouvai ce souvenir dans mon imagination. Soudain l’image changea. Je vis Yin dans une cellule de prison, entouré de gardiens.

– Ça y est, je le vois, dis-je.

J’étendis alors mon énergie de prière, donnant les pleins pouvoirs aux royaumes supérieurs, jusqu’à ce que toute la scène s’éclaire autour de Yin. Puis je visualisai que la lumière englobait tous ceux qui le gardaient dans sa prison.

– Visualise un ange auprès de Yin, dit Wil, et un autre auprès du colonel.

J’acquiesçai, me rappelant le code tibétain de la compassion.

Wil haussa un sourcil et sourit tandis que je me concentrais de nouveau sur ces images. Yin s’en sortirait, sain et sauf. Et un jour le Tibet serait libre.

Cette fois, je n’avais plus le moindre doute.

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