Un 3ème œil sur la réalité

James Redfield – Le Secret de Shambhala – 3 : Comment cultiver l’énergie.

James Redfield – Le Secret de Shambhala – 3 : Comment cultiver l’énergie.

Au moment d’atteindre la route, je remarquai une Jeep marron qui devait bien avoir une dizaine d’années. Lorsque je m’en approchai, je vis qu’elle était remplie de glacières, de conserves lyophilisées, de sacs de couchage et de parkas matelassées. Plusieurs jerricanes d’essence étaient arrimés à l’arrière.

– D’où vient tout ce bazar ? m’étonnai-je.

Yin m’adressa un clin d’oeil.

– Nous nous préparons à ce voyage depuis longtemps.

Après avoir quitté le monastère de Lama Rigden, Yin prit la direction du nord pendant quelques kilomètres, puis il quitta la large route caillouteuse pour une piste étroite, presque un chemin de randonnée. Nous continuâmes à rouler pendant plusieurs kilomètres sans échanger un mot.

En fait, je ne savais pas quoi lui dire. J’avais accepté de poursuivre ce voyage parce que le lama s’était montré très persuasif et que Wil m’avait beaucoup aidé dans le passé. Cependant cette décision avait provoqué en moi un sentiment d’angoisse de plus en plus fort. J’essayais de chasser ma peur et de me remémorer les explications de Lama Rigden, notamment en ce qui concernait la façon de « maîtriser la force de mes attentes ». Que signifiait cette expression ?

Je jetai un coup d’oeil à Yin. Il observait la route avec attention.

– Où allons-nous ? demandai-je.

– Nous prenons un raccourci pour rejoindre la route de l’Amitié, me répondit-il sans me regarder. Il faut que nous atteignions Tingri, au sud-ouest, près de l’Everest. Nous roulerons pratiquement toute la journée. L’altitude va s’élever considérablement.

– Serons-nous en sûreté dans cette région ?

Yin me lança un bref coup d’oeil.

– Nous devons être très prudents, concéda-t-il. Il faut que nous trouvions M. Hanh.

– Qui est-ce ?

– Un Thaïlandais très savant, et celui qui connaît le mieux la Première Extension, extension que vous devrez apprendre.

Je hochai la tête et détournai les yeux.

– Je ne suis pas sûr d’avoir bien compris ce que sont ces extensions. Pouvez-vous m’en dire plus ?

– Vous savez que vous disposez d’un champ d’énergie qui rayonne tout le temps autour de vous ?

– Oui.

– Ce champ affecte la réalité, ce qui se passe autour de vous. Il peut être petit et faible, ou étendu et puissant.

– Jusqu’ici je vous suis.

– Eh bien, il existe des méthodes précises pour développer et étendre votre champ afin de devenir encore plus créatif et puissant. Selon les légendes, tous les êtres humains finiront par maîtriser cette technique. Mais vous, vous devez vous initier tout de suite, si votre but est d’aller à Shambhala et de trouver Wil !

– Avez-vous déjà accompli toutes les extensions ? demandai-je.

Yin fronça les sourcils.

– Je n’ai pas dit ça.

Je le regardai, stupéfait. C’était le bouquet ! Comment pouvais-je apprendre si même Yin avait du mal à y parvenir ?

Pendant des heures nous roulâmes en silence, grignotant de temps à autre des noix et des légumes crus. Nous ne nous arrêtâmes qu’une seule fois chez un routier pour faire le plein d’essence. La nuit était tombée depuis longtemps quand nous traversâmes Tingri.

– À partir d’ici, il faut redoubler de prudence, dit Yin. Nous sommes près du monastère de Rongphu et du camp de base de l’Everest. Des soldats chinois contrôlent les déplacements des touristes et des alpinistes. Mais nous aurons le loisir d’admirer de superbes vues sur l’une des faces de l’Everest.

Yin tourna dans plusieurs rues avant d’arriver dans un quartier où se dressaient des bâtiments en bois et, derrière ceux-ci, une simple maison en brique d’adobe.

Le jardin qui entourait la maison de Hanh était absolument impeccable. On y voyait de superbes parterres de fleurs et une allée de rocaille. À notre arrivée, un homme assez corpulent, vêtu d’une robe voyante brodée à la main, se montra sur la véranda. Il paraissait avoir une soixantaine d’années mais se déplaçait avec l’agilité d’un jeune homme. Son crâne était complètement rasé.

Yin fit un geste de la main tandis que notre hôte s’efforçait de deviner l’identité de ses visiteurs. Quand il reconnut mon compagnon de voyage, un grand sourire éclaira son visage. Il se dirigea vers nous tandis que nous descendions de la Jeep.

Les deux hommes parlèrent un moment en tibétain, puis Yin me désigna du doigt.

– Voici mon ami américain, déclara-t-il.

Je me présentai tandis que Hanh s’inclinait légèrement et s’emparait de ma main.

– Bienvenue chez moi. Entrez, s’il vous plaît, me dit-il avant de se diriger vers l’entrée.

Tendant le bras par la vitre baissée, Yin attrapa ses affaires à l’intérieur de la voiture et me conseilla de prendre aussi mon sac.

L’intérieur de Hanh était modeste, mais décoré de tableaux et de tapis tibétains très colorés. Nous nous dirigeâmes vers un coin-réception, d’où je pouvais apercevoir la plupart des autres pièces : à gauche, une petite cuisine et une chambre à coucher ; à droite, une sorte de salle de soins, dotée d’une table de massage ou d’examen. Contre un mur, on apercevait un petit lavabo et des classeurs.

Yin dit quelque chose en tibétain à Hanh, qui répéta mon nom. Le Thaïlandais se pencha en avant avec une vigueur apparemment nouvelle. Prenant une profonde inspiration, il se mit à m’observer.

– Une grande peur vous habite, décréta-t-il après m’avoir examiné de près.

– Sans blague ! rétorquai-je d’un ton sarcastique.

Hanh gloussa.

– Nous devons y remédier si vous voulez aller jusqu’au bout de ce voyage. (Il marcha autour de moi, m’inspectant en détail, puis continua 🙂 Les habitants de Shambhala ne vivent pas comme la plupart des êtres humains. Ils ont toujours vécu ainsi. En fait, au cours des siècles, un véritable fossé s’est établi entre le niveau d’énergie de la plupart des hommes et celui des gens de Shambhala. Cependant, au cours des dernières années, l’humanité a évolué et son niveau de conscience s’est élevé ; la distance entre les deux mondes s’est réduite, bien qu’elle soit encore importante.

Tandis que Hanh parlait, je jetai un coup d’oeil à Yin. Il avait l’air aussi nerveux que moi. Le Thaïlandais s’en aperçut et en profita pour développer son raisonnement :

– Yin est aussi effrayé que vous-même, dit-il. Mais il sait qu’il peut maîtriser cette peur. Je ne crois pas que vous ayez pleinement saisi les conséquences de cette idée. Vous devez commencer à agir et à penser comme les habitants de Shambhala. Il vous faut d’abord cultiver votre énergie, puis la stabiliser.

Hanh s’arrêta. Il se concentra pour m’observer de nouveau, puis il sourit.

– Vous avez vécu de nombreuses expériences, remarqua-t-il. Vous devriez être plus solide.

– Peut-être ai-je du mal à comprendre les caractéristiques de l’énergie ? dis-je.

– Oh non ! ce n’est pas le problème, répondit Hanh en souriant. En fait, vous ne voulez pas changer votre style de vie. Vous préférez vous enthousiasmer pour de belles idées, tout en continuant à baigner dans l’inconscience, comme vous avez presque toujours vécu.

Cette conversation ne prenait pas du tout le cours que j’espérais. Mon anxiété céda la place à une légère irritation.

M’examinant très attentivement des pieds à la tête, Hanh tournait toujours autour de moi.

– Que regardez-vous ? demandai-je.

– Lorsque j’évalue le niveau d’énergie de quelqu’un, j’observe d’abord la façon dont il se tient, m’expliqua-t-il posément. Votre position n’est pas trop mauvaise en ce moment, mais vous avez dû la travailler, n’est-ce pas ?

La perspicacité de Hanh m’étonna. Lors de mon adolescence, à une certaine époque, j’avais eu une forte poussée de croissance. Je me tenais très voûté et j’avais constamment mal au dos. Cela ne cessa que lorsque je commençai à pratiquer des exercices de yoga chaque matin.

– L’énergie ne circule pas encore très bien dans votre corps, ajouta Hanh.

– Vous pouvez établir ce diagnostic rien qu’en me regardant ? m’étonnai-je.

– Et en vous sentant. La quantité et l’intensité de l’énergie de quelqu’un produisent le même effet que sa présence dans un lieu donné. Vous avez sûrement déjà remarqué la personnalité ou le charisme d’un individu au moment où il entre dans une pièce, par exemple ?

– Oui, bien sûr.

Sa réflexion me rappela l’homme qui m’avait abordé à la piscine de l’hôtel, à Katmandou.

– Plus une personne a d’énergie, plus les autres sentent sa présence. Souvent ce brutal déploiement d’énergie provient de l’ego : puissante au départ, elle se dissipe très rapidement. Mais parfois, il s’agit d’un flux constant et authentique, qui demeure fiable à long terme.

J’acquiesçai.

– Vous avez en tout cas une qualité importante, poursuivit Hanh, vous êtes ouvert. Vous avez déjà fait l’expérience d’une ouverture mystique, d’un afflux soudain d’énergie divine, n’est-ce pas ?

– Oui, dis-je en me souvenant de ce qui m’était arrivé au Pérou, au sommet d’une montagne. Cette expérience est encore très vivace dans ma mémoire. Suspendu dans le vide, à l’extrémité d’une corde, j’étais convaincu que les soldats péruviens allaient me tuer, quand, tout à coup, j’ai été envahi par une euphorie, une légèreté, un calme inhabituels. C’était la première fois de ma vie que je vivais ce que les mystiques des différentes religions appellent un état transformationnel.

– Comment l’énergie a-t-elle empli votre corps ? me demanda Hanh. Que s’est-il passé exactement ?

– J’ai senti une poussée de calme et toute ma peur s’en est allée.

– Comment votre angoisse s’est-elle évacuée ?

Je n’avais jamais réfléchi à cette question auparavant mais les souvenirs me revinrent rapidement.

– J’ai eu l’impression qu’elle remontait ma colonne vertébrale et sortait par le haut du crâne, en soulevant mon corps. Je flottais, comme si une corde attachée au sommet de ma tête me tirait vers le ciel.

Hanh hocha la tête avec approbation, puis intercepta mon regard.

– Et combien de temps cela a-t-il duré ?

– Pas longtemps, répondis-je. Mais j’ai appris à absorber, en inspirant, la beauté qui m’entoure afin de raviver cette sensation.

– Ce que vous ignorez encore, dit Hanh, c’est la façon d’attirer l’énergie, en inspirant, puis de la maintenir consciemment à un niveau élevé. C’est la Première Extension. Vous devez apprendre à laisser l’énergie pénétrer en vous de façon plus fluide et constante. À cette fin, il faut prendre certaines précautions, et par exemple veiller à ce que vos autres actions ne minent pas votre champ, une fois que vous l’avez établi.

Il marqua une pause puis reprit.

– Est-ce clair ? Toutes vos actions doivent soutenir votre énergie spirituelle. Vous devez être en harmonie. (Il me jeta un regard espiègle.) Et mener une vie plus sage. Bon, assez parlé, il est l’heure de dîner.

Il disparut dans la cuisine et revint avec un plat de légumes, accompagnés d’une sauce. Il nous invita, Yin et moi, à nous asseoir à une table, puis servit la nourriture dans trois petits bols. Je compris rapidement que ce repas faisait partie de l’enseignement que Hanh me transmettait.

Tandis que nous mangions, il continua.

– Il est impossible de maintenir un haut niveau d’énergie à l’intérieur de soi si l’on consomme des aliments morts.

Je détournai les yeux. Cette conversation ne m’intéressait plus. Si Hanh devait m’infliger un laïus sur les vertus de la diététique, je n’allais pas rester longtemps à table.

Mon attitude sembla irriter le Thaïlandais.

– Êtes-vous fou ? cria-t-il presque. Votre survie dépend peut-être de cette information et vous ne voulez pas faire le moindre effort pour la comprendre ? Qu’est-ce que vous croyez ? Que vous continuerez à vivre comme bon vous semble et pourrez quand même accomplir des choses notables ?

Il se calma et me lança un regard de côté. Je compris que sa colère était réelle, mais qu’elle faisait également partie de sa démonstration. J’eus l’impression qu’il me donnait des informations à plusieurs niveaux. Me décidant à lever les yeux vers lui, je ne pus m’empêcher de sourire. Hanh était vraiment un gars très sympa.

Il me donna une petite tape sur l’épaule en me rendant mon sourire.

– La plupart des gens, poursuivit-il, débordent d’énergie et d’enthousiasme quand ils sont jeunes mais, lorsqu’ils atteignent la cinquantaine, ils se laissent lentement glisser le long d’une pente descendante qu’ils voudraient ignorer. Après tout, leurs amis sont moins actifs et leurs enfants travaillent, alors ils passent de plus en plus de temps à ramasser sans rien faire et à déguster de bons petits plats.

« Peu après, ils commencent à se plaindre continuellement et à avoir des problèmes de santé chroniques : des troubles digestifs, par exemple, ou de subites irritations cutanées. Mais ils n’en tiennent pas compte. Ils prétendent qu’il s’agit seulement d’un effet du vieillissement. Puis, un beau jour, une maladie sérieuse se déclenche et s’installe. Généralement ils vont consulter un médecin qui néglige de leur expliquer l’importance de la prévention. Ils prennent des médicaments, et parfois leur problème se résout, parfois non. Ensuite, au fur et à mesure des années, leur maladie s’aggrave et ils se rendent compte qu’ils vont bientôt mourir. Leur seule consolation est alors de penser que cela arrive à tout le monde, que c’est inévitable.

« Parfois cet effondrement de l’énergie affecte même des gens qui prétendent mener une vie spirituelle. (Il se pencha vers moi et fit mine de vérifier si quelqu’un était en train d’épier notre conversation.) Y compris certains de nos lamas les plus respectés.

J’aurais voulu éclater de rire mais je n’osai pas.

– Si nous cherchons à élever notre énergie et qu’en même temps nous absorbons des aliments qui l’affaiblissent, continua Hanh, nous ne progressons pas. Nous devons évaluer tous les éléments que nous laissons régulièrement entrer dans notre champ d’énergie, spécialement la nourriture, et ne consommer que les meilleurs produits, si nous voulons que notre champ conserve sa force.

De nouveau, il se pencha vers moi.

– La plupart d’entre nous ont du mal à le faire, parce que nous entretenons une relation de dépendance avec notre nourriture quotidienne, qui contient le plus souvent d’horribles poisons. Je détournai les yeux.

– Je sais que l’on diffuse beaucoup de données contradictoires sur l’alimentation, continua-t-il. Mais il nous incombe de découvrir la vérité en cette matière. Chacun doit faire ses propres recherches, afin d’atteindre une vision globale de la situation. Nous sommes des êtres spirituels, nous venons sur terre pour élever notre énergie. Cependant, ce monde propose surtout des plaisirs à nos sens, des distractions à notre esprit ; tous sapent notre énergie et risquent de nous mener à la désintégration physique. Si nous croyons vraiment que nous sommes des êtres d’énergie, nous devons suivre une voie étroite au milieu de toutes ces tentations.

« Réfléchissez au chemin parcouru par l’homme durant son évolution, vous vous apercevrez que, dès le départ, nous avons dû tâtonner pour tester plantes et fruits, découvrir ceux qui étaient bons pour nous et ceux qui pouvaient nous tuer. Vous mangiez telle plante, vous surviviez ; vous consommiez telle autre, vous mouriez. Aujourd’hui, nous savons parfaitement ce qui peut nous faire du mal. Mais nous commençons tout juste à découvrir que certains aliments augmentent notre longévité et conservent notre énergie à un niveau élevé, tandis que d’autres finissent par nous épuiser totalement.

Il s’arrêta de parler, comme s’il voulait vérifier que j’avais bien compris.

– Les gens de Shambhala ont une vision globale, reprit-il. Ils connaissent la véritable nature des êtres humains. En apparence, nous semblons faits de matière, de chair et de sang, mais en réalité nous sommes des atomes ! De l’énergie pure ! La science occidentale l’a prouvé. Quand nous analysons plus en détail les atomes, nous voyons d’abord des particules, puis, au-delà, ces particules se réduisent à de l’énergie pure, qui vibre à un certain niveau. Et si nous réfléchissons à notre alimentation selon cette perspective, nous découvrons que ce que nous absorbons affecte l’état vibrationnel de notre corps. Certains aliments renforcent notre énergie et nos vibrations, d’autres les affaiblissent. La vérité est aussi simple que cela.

« Toute maladie résulte d’une baisse de l’énergie vibrationnelle, car lorsque notre énergie diminue trop, cela permet à certaines forces naturelles de désintégrer notre corps.

Il me regarda comme s’il venait d’énoncer une idée très profonde.

– Vous voulez dire… désintégrer, au sens physique ? demandai-je.

– Oui. Encore une fois, considérez la question globalement. Lorsque quelque chose meurt, qu’un chien est écrasé par une voiture, ou qu’une personne décède au terme d’une longue maladie, les cellules du corps perdent immédiatement leurs vibrations. Leur composition chimique devient très acide. Cet état acide envoie un signal pour prévenir qu’il est temps de décomposer les tissus morts. Microbes, virus, bactéries et champignons ont en effet pour fonction, dans l’univers physique, de faire retourner les corps à la terre.

« Comme je vous l’ai déjà dit, quand l’énergie de notre corps baisse à cause de la nourriture que nous ingérons, cela nous prédispose à des maladies. C’est ainsi que cela fonctionne. Lorsque nous ingérons des aliments, ils sont transformés par notre métabolisme, et ils laissent des déchets, ou des cendres, dans notre corps. Ces résidus sont soit de nature alcaline, soit de nature acide. Dans le premier cas, ils peuvent être rapidement extraits de notre organisme avec peu d’énergie. Mais dans le second, il est très difficile pour le sang et le système lymphatique de les éliminer car nos organes et nos tissus les conservent sous forme solide. De petits amas cristallins se constituent : ils vibrent faiblement et créent des blocages ou des perturbations dans la vibration de nos cellules. Plus notre corps stocke de dérivés acides, plus les tissus eux-mêmes deviennent acides. Et il est facile de deviner ce qui se passe.

De nouveau, Hanh me regarda intensément.

– Un microbe apparaît, il sent tout cet acide et il se dit : « Oh, ce corps est prêt pour la décomposition ! » Vous comprenez ? Lorsqu’un organisme meurt, il se transforme promptement en un élément hautement acide avant d’être attaqué très rapidement par les microbes. Si notre corps s’approche de cet état très acide, quasi létal, alors les microbes se ruent sur nous. Toutes les maladies humaines proviennent de leurs agressions.

L’explication de Hanh était très claire. Quelque temps auparavant, en consultant Internet, j’étais tombé sur des informations concernant le pH du corps. D’ailleurs, j’avais l’impression de connaître tout cela intuitivement.

– Vous êtes en train de me dire que notre alimentation conditionne directement les maladies que nous attrapons ?

– Oui, des aliments toxiques peuvent réduire notre niveau vibrationnel au point que les forces de la nature commencent à vouloir rendre notre corps à la terre.

– N’existe-t-il pas des maladies qui ne sont pas causées par des microbes ?

– Non. Même la recherche occidentale le démontre. Les microbes sont responsables de lésions artérielles, qu’il s’agisse de maladies cardiaques ou de tumeurs cancéreuses. Mais souvenez-vous : les microbes ne font que leur travail. Les véritables responsables sont les aliments nocifs qui créent un environnement acide.

Il marqua une pause, puis ajouta :

– Imprégnez-vous bien de cette idée. Les êtres humains se trouvent soit dans un état alcalin, à un haut niveau d’énergie, soit dans un état acide. Celui-ci incite les microbes, qui nous habitent ou nous entourent, à intervenir pour précipiter notre décomposition. La maladie résulte littéralement d’un pourrissement de telle ou telle partie de notre corps, lorsque les microbes de notre environnement envoient le signal que nous sommes déjà morts.

Il me lança de nouveau un regard malicieux.

– Désolé d’être aussi direct, dit-il. Mais nous ne disposons pas de beaucoup de temps. Notre alimentation détermine presque entièrement l’état, alcalin ou acide, où nous nous trouvons. Généralement, les aliments qui laissent des déchets acides dans notre corps sont lourds, trop cuits, trop traités ou sucrés ; il s’agit des viandes, farines et gâteaux, des fruits les plus sucrés, de l’alcool et du café. Les aliments alcalins sont plus verts, plus frais et plus vivants, tels que les légumes frais et leur jus, les légumes verts à feuilles, les choux de Bruxelles et les fruits comme les avocats, les tomates, les pamplemousses et les citrons. C’est vraiment extrêmement simple. Nous sommes des êtres spirituels dans un monde spirituel, rempli d’énergie. Beaucoup d’entre vous, en Occident, ont été élevés dans l’idée que les viandes cuites et les aliments traités sont bons pour la santé. Mais nous savons désormais qu’ils créent les conditions d’une lente désintégration dont nous sommes victimes à long terme.

« Toutes les maladies graves qui affectent l’humanité, l’artériosclérose, les infarctus, l’arthrite, le sida et surtout les cancers, se déclenchent parce que nous polluons notre corps, annonçant ainsi aux microbes que nous sommes prêts à nous effondrer, à perdre notre énergie, à mourir. Nous nous sommes toujours demandé pourquoi certaines personnes, exposées aux mêmes microbes que d’autres, ne tombent pas malades. La différence réside dans l’état intérieur de ces individus privilégiés. Mais il ne faut jamais désespérer : même si notre corps renferme trop d’acidité et que nous commençons à nous décomposer, nous pouvons toujours renverser la situation en améliorant notre alimentation. Ce qui nous permettra de revenir à un état alcalin et à un niveau d’énergie élevé.

Il agitait maintenant les deux bras, et ses yeux grands ouverts pétillaient.

– Nous en sommes encore à la préhistoire, en ce qui concerne certaines questions, comme la façon de maintenir notre corps à un haut niveau d’énergie et à une forte vibration. Les êtres humains devraient vivre plus de cent cinquante ans. Mais les aliments que nous absorbons nous détruisent à petit feu. Partout, nous voyons des gens se désintégrer sous nos yeux. Mais cela n’a rien d’une fatalité.

Il marqua une pause et respira profondément.

– Cela ne se passe pas ainsi à Shambhala.

Au bout d’un moment, Hanh se remit à tourner autour de moi et à m’inspecter sous toutes les coutures.

– Eh bien, maintenant, vous le savez, conclut-il. Les légendes affirment que les êtres humains doivent d’abord découvrir la vraie nature des aliments pour choisir ceux qui leur sont bénéfiques. Ils seront alors en mesure de pleinement s’ouvrir aux sources intérieures d’énergie qui accroîtront encore davantage leurs vibrations. Il écarta sa chaise de la table et me regarda.

– Vous n’avez apparemment aucun mal à affronter l’altitude ici, au Tibet, mais j’aimerais qu’il en soit de même pour le reste.

– Moi aussi, dis-je, mais pour le moment je suis épuisé.

– Oui, approuva Yin, nous avons eu une longue et rude journée.

– Préparez-vous mentalement à attendre un rêve, ajouta Hanh, en me conduisant vers ma chambre.

– Attendre un rêve ? Hanh se retourna.

– Vous avez davantage de pouvoir que vous ne le croyez.

Je ris.

Je me réveillai brusquement et regardai par la fenêtre. Le soleil brillait haut dans le ciel. Je n’avais fait aucun rêve. J’enfilai mes chaussures et me dirigeai vers la pièce voisine.

Assis à une table, Hanh et Yin bavardaient.

– Avez-vous bien dormi ? me demanda Hanh.

– Très bien, merci, dis-je en m’écroulant sur une chaise. Mais je ne me souviens pas d’avoir rêvé.

– C’est parce que vous n’avez pas assez d’énergie, remarqua-t-il, un peu distrait.

De nouveau, il m’examinait intensément, de haut en bas. Je me rendis compte qu’il se concentrait sur la façon dont j’étais assis.

– Que regardez-vous ? demandai-je.

– Vous réveillez-vous ainsi tous les matins ? dit Hanh.

Je me levai.

– Où est le problème ?

– Après avoir dormi, on doit éveiller son corps et commencer à canaliser l’énergie, avant de faire quoi que ce soit d’autre.

Il se mit debout, les jambes bien écartées, les mains sur les hanches. Tandis que je l’observais, il joignit lentement les pieds et tendit les bras vers le ciel. Son corps s’éleva en un seul mouvement jusqu’à ce qu’il se tînt sur la pointe des pieds, les paumes des mains jointes au-dessus de son crâne. Je plissai les yeux. Il y avait quelque chose d’inhabituel dans la façon dont son corps bougeait, et je ne parvenais pas à le définir exactement. Le Thaïlandais donnait l’impression de flotter plutôt que d’utiliser ses muscles. Quand je pus de nouveau me concentrer, Hanh arborait un sourire rayonnant. Tout aussi rapidement, son corps se mit à se déplacer et il marcha vers moi avec grâce. Je clignai de nouveau les yeux.

– La plupart des gens se réveillent très lentement, dit le Thaïlandais, ils traînent en sortant de leur lit et croient se donner du tonus avec une tasse de thé ou de café. Ils vont ensuite travailler dans un endroit où ils continuent à traîner ou à n’utiliser qu’un seul type de muscles. Des schémas s’installent et, comme je vous l’ai dit, des blocages se développent, freinant l’énergie qui coule dans leur organisme.

« Assurez-vous que votre corps est ouvert partout afin de recevoir toute l’énergie disponible. Pour cela, faites bouger chacun de vos muscles, chaque matin, à partir de votre centre. (Il me désigna un endroit situé juste sous le nombril.) Si vous vous concentrez sur la façon de bouger à partir de cette zone, alors vos muscles seront libres d’opérer à leur niveau maximum de coordination. C’est le principe central de tous les arts martiaux et de la danse. Et vous pouvez même inventer vos propres mouvements, si vous le désirez.

Après avoir fait ce commentaire, il se lança dans une série de figures que je n’avais jamais vues auparavant. Cela ressemblait aux déplacements de poids et aux tournoiements du taï chi. Il effectuait sans doute des variations sur ces mouvements classiques.

– Votre corps, ajouta-t-il, saura comment bouger afin d’aider à dénouer vos blocages individuels.

Hanh se tint sur une jambe, se pencha en avant et propulsa son bras comme s’il lançait une balle de softball par en dessous, mais sa main toucha presque le sol tandis qu’il effectuait cet exercice. Puis, s’appuyant sur la jambe opposée, il tournoya sur place. Je ne vis pas son poids se déplacer et il sembla de nouveau flotter.

Je secouai la tête et essayai de me concentrer, mais il s’était immobilisé sur place, comme si un photographe avait figé ses mouvements sur un instantané, ce qui paraissait impossible. Soudain, il se mit à marcher vers moi.

– Comment faites-vous ? demandai-je.

– Je commence lentement et je me souviens du principe fondamental. Si vous bougez à partir de votre centre et si vous vous attendez à ce que l’énergie afflue en vous, vous vous déplacerez de plus en plus légèrement. Bien sûr, pour perfectionner cette technique, il faut vous ouvrir à toute l’énergie divine disponible en vous.

Il s’arrêta et me regarda.

– Quels souvenirs vous a laissés votre ouverture mystique ?

Je pensai de nouveau au Pérou et à mon expérience au sommet de la montagne.

– J’ai presque tout en mémoire, je crois.

– Bon, alors sortons.

Yin se leva et me sourit. Nous suivîmes Hanh jusqu’à un petit jardin, puis grimpâmes quelques marches avant d’atteindre une plate-forme où quelques plaques d’herbe jaunâtre étaient encadrées de rochers dentelés, ornés de stries rouges et brunes. Pendant une dizaine de minutes, Hanh m’expliqua certains des mouvements qu’auparavant il avait effectués devant moi, puis il m’invita à m’asseoir par terre et s’installa à ma droite. Yin se plaça derrière nous. Le soleil matinal baignait les montagnes, au loin, dans une chaude lumière dorée. J’étais frappé par leur beauté.

– Les légendes racontent, commença Hanh, qu’un jour tous les êtres humains sauront s’ouvrir à un état d’énergie supérieure. Ils commenceront par apprendre qu’un tel état est possible. Puis ils découvriront tous les facteurs qui permettent d’acquérir et conserver de hauts niveaux d’énergie.

Il marqua une pause et me regarda.

– Vous connaissez déjà la procédure de base, mais vos sens ont besoin de s’affiner. Selon les légendes, vous devez d’abord vous apaiser et observer ce qui vous entoure. La plupart d’entre nous examinent rarement avec attention leur environnement. Celui-ci n’occupe qu’une place secondaire dans notre esprit par rapport à nos préoccupations quotidiennes. Mais souvenons-nous : tout ce qui est dans l’univers vit d’une énergie spirituelle et constitue une partie de Dieu. Nous devons demander très consciemment à nous brancher sur le divin qui se trouve en nous.

« Comme vous le savez, c’est notre perception de la beauté qui mesure notre connexion avec cette énergie. Demandez-vous toujours : Où est la beauté dans ce que je vois ? Quoi que nous voyions en regardant un objet pour la première fois, nous pouvons toujours lui trouver plus de beauté la seconde fois, si nous essayons de le faire. Le degré de beauté que nous percevons est proportionnel à la quantité d’énergie divine que nous recevons à l’intérieur de nous.

Hanh voulait m’inciter à examiner soigneusement tout ce qui m’entourait.

– Une fois que notre connexion avec l’énergie divine est établie, dit-il, et que nous la sentons en nous, tout commence à acquérir davantage de présence pour nos sens. Des choses se détachent, nous remarquons leur forme et leur couleur uniques. Quand nous jouissons de cette perception, nous pouvons aspirer encore davantage d’énergie.

« En fait, l’énergie provient rarement des éléments qui nous entourent, sauf quand nous aspirons directement celle que dégagent certains lieux ou plantes sacrés. L’énergie sacrée provient de notre connexion au divin, à l’intérieur de nous-mêmes. Tout ce que nous contemplons, qu’il s’agisse de la nature ou de ce qui est fabriqué par la main de l’homme : les fleurs, les rochers, l’herbe, les montagnes, l’art, est déjà majestueusement beau et possède une présence supérieure à tout ce que la plupart des êtres humains peuvent percevoir. Lorsque nous nous ouvrons au divin, nous ne faisons qu’élever la vibration de notre énergie, et par là même notre capacité de perception, afin de voir le monde tel qu’il est, ici et maintenant. Suis-je assez clair ? Les êtres humains vivent dans un monde dont les couleurs et les formes sont d’une immense beauté. Le paradis se trouve ici même. Mais nous ne sommes pas suffisamment ouverts à notre énergie intérieure pour nous en apercevoir.

Je l’écoutais, fasciné. Son explication me paraissait encore plus limpide qu’auparavant.

– Concentrez-vous sur la beauté, m’ordonna Hanh. Commencez à aspirer l’énergie de l’intérieur.

Je pris une profonde inspiration.

– Maintenant observez comment la beauté de l’univers devient plus palpable lorsque vous respirez, me dit Hanh.

Je jetai de nouveau un coup d’oeil aux rochers et aux montagnes. À ma grande surprise, je remarquai que la chaîne la plus élevée, au loin, était celle de l’Everest. Pour une raison que j’ignorais, je ne l’avais pas reconnue auparavant.

– Oui, oui, concentrez-vous sur l’Everest, approuva Hanh.

Tandis que je fixais les hauteurs, je remarquai que les crêtes aux ondulations enneigées constituaient des sortes de marches menant vers un sommet en forme de couronne. Cette vision aiguisa brutalement ma perception, et la plus haute montagne du monde me sembla aussitôt plus proche ; d’une certaine manière, elle faisait partie de moi, comme si j’étais capable de tendre le bras et de la toucher.

– Continuez à respirer, me conseilla Hanh. Votre vibration et votre capacité de perception vont augmenter encore. Tout ce que vous verrez va devenir brillant, comme illuminé de l’intérieur.

De nouveau, j’inspirai profondément et commençai à me sentir plus léger. Mon dos se redressa aisément. Aussi incroyable que cela puisse paraître, je me sentais exactement comme lors de mon expérience sur la montagne au Pérou.

Hanh hocha la tête.

– Votre perception de la beauté est la première façon de vérifier que l’énergie divine pénètre bien en vous. Mais il existe d’autres critères.

« Vous vous sentirez plus léger, continua Hanh. L’énergie montera en vous et vous soulèvera, comme vous dites, telle une corde qui vous tirerait vers le haut à partir du sommet de votre crâne. Et vous considérerez avec une plus grande prudence ce que vous êtes et ce que vous faites. Vous serez visité par des intuitions et des rêves concernant les prochaines étapes de votre chemin de vie.

Il marqua une pause et examina ma posture. J’étais à présent assis bien droit, sans le moindre effort.

– Nous arrivons maintenant à la partie la plus importante, affirma-t-il. Vous devez apprendre à conserver cette énergie, à la laisser s’écouler en vous. Il vous faut utiliser ici le pouvoir de vos attentes, de votre énergie de prière.

De nouveau il employait ce mot : « attentes« . Je ne l’avais jamais entendu dans un tel contexte.

– Et comment dois-je faire ? demandai-je, l’esprit confus, tandis que l’énergie de mon corps diminuait, que formes et couleurs s’atténuaient autour de moi.

Les yeux de Hanh s’écarquillèrent et il éclata de rire. Il essaya, en vain, de se maîtriser mais finit par laisser libre cours à une crise d’hilarité incontrôlable. Il reprit son sérieux à plusieurs reprises, mais chaque fois qu’il me regardait, il se remettait à rire. J’entendis même Yin littéralement hennir derrière nous.

Finalement, Hanh réussit à inspirer et à se calmer.

– Je suis vraiment désolé, dit-il enfin. Mais l’expression de votre visage était si drôle ! Vous êtes vraiment persuadé que vous n’avez pas le moindre pouvoir, n’est-ce pas ?

– Mais non, vous vous trompez ! protestai-je. Seulement je ne comprends pas ce que signifie le mot « attentes » pour vous.

Hanh continuait à sourire.

– Vous savez que votre vie est faite d’attentes, n’est-ce pas ? Vous vous attendez à ce que le soleil se lève ou à ce que votre sang circule, par exemple.

– Oui, bien sûr.

– Eh bien, je vous demande d’essayer de prendre conscience de ces attentes. C’est la seule façon de conserver et d’amplifier le niveau supérieur d’énergie que vous venez de connaître. Vous devez apprendre à anticiper ce niveau d’énergie, et le faire délibérément, de façon très consciente. C’est l’unique manière de réaliser la Première Extension du champ de prière. Tâchez d’essayer encore une fois.

Je lui répondis par un sourire, et nous passâmes plusieurs minutes à inspirer et à accumuler de l’énergie. Quand je perçus autour de moi le même niveau de beauté que précédemment, je lui fis un signe de tête.

– Maintenant, dit-il, vous devez anticiper que cette énergie qui vous envahit continue à vous remplir et s’écoule dans toutes les directions. Visualisez cette étape.

J’essayai de conserver mon niveau d’énergie tout en demandant :

– Cet écoulement d’énergie, comment puis-je savoir s’il se produit réellement ?

– Vous allez le sentir. Pour le moment, contentez-vous de le visualiser.

J’inspirai profondément et visualisai l’énergie qui pénétrait en moi puis rayonnait dans toutes les directions.

– Je ne sais toujours pas si le phénomène est en train de se produire, dis-je.

Un peu impatient, Hanh me regarda droit dans les yeux.

– Vous savez que l’énergie rayonne autour de vous, parce que son niveau ne baisse pas, que les couleurs et les formes restent bien distinctes. Et vous sentez qu’elle vous envahit, puis s’écoule à l’extérieur de vous.

– Quelle sensation cela produit-il ? demandai-je.

Il me regarda, incrédule.

– Vous connaissez la réponse à cette question.

Je fixai de nouveau les montagnes, tout en visualisant l’énergie qui sortait de moi pour se diriger vers elles. Toujours aussi belles, elles commencèrent à devenir extraordinairement attirantes. Ensuite, une profonde vague d’émotion me submergea, et je me souvins de ce que j’avais vécu au Pérou.

Hanh approuva de la tête.

– Bien sûr ! m’exclamai-je. Je sais que l’énergie rayonne autour de moi quand j’éprouve une grande sensation d’amour.

Le visage de Hanh s’éclaira d’un large sourire.

– Oui, l’amour devient une émotion fondamentale, qui subsiste en vous tant que l’énergie de votre prière s’écoule vers le monde. Vous devez rester dans ‘ un état d’amour.

– Une telle conception doit paraître terriblement idéaliste aux yeux de la plupart des humains ordinaires, dis-je.

Hanh gloussa.

– Je ne cherche pas à vous apprendre à être un homme ordinaire, mais à vous hisser à la pointe de l’évolution, à être un héros. Rappelez-vous seulement que vous devez anticiper que l’énergie divine pénètre en vous à une intensité supérieure et qu’ensuite elle déborde de vous, comme une tasse trop pleine. Quand vous perdez la connexion, souvenez-vous de ce sentiment d’amour. Essayez de ranimer consciemment cet état spirituel.

Ses yeux pétillèrent de nouveau.

– Seule votre attente vous permettra de continuer cette expérience. Vous devez visualiser sa réalisation, croire qu’elle sera toujours là pour vous, dans toutes les situations. Cultiver et affirmer cette attente chaque jour.

J’acquiesçai.

– Maintenant, me demanda-t-il, avez-vous bien retenu toutes les techniques dont je vous ai parlé ?

Avant que je puisse répondre, il poursuivit :

– Le point de départ fondamental, c’est votre façon de vous réveiller le matin. C’est pourquoi j’ai observé comment vous vous teniez au sortir du lit. Vous devez faire preuve de beaucoup de discipline. Éveillez votre corps afin qu’il accepte un afflux d’énergie, comme je vous l’ai montré. Bougez à partir de votre centre. Contactez immédiatement votre énergie. Attendez-vous à ce qu’elle soit présente immédiatement.

« Ne mangez que des aliments vivants. Au bout d’un certain temps, il vous sera beaucoup plus facile d’aspirer en vous l’énergie divine intérieure. Prenez le temps de vous emplir d’énergie chaque jour. Au réveil, n’oubliez pas de faire certains mouvements. Rappelez-vous quels sont les critères. Visualisez que cette énergie pénètre en vous. Sentez comment elle s’écoule vers le monde. Faites ces exercices et vous aurez réalisé la Première Extension. Non seulement vous parviendrez à capter cette énergie de temps en temps, mais vous pourrez l’entretenir et la maintenir à un niveau élevé.

Il s’inclina profondément pour me saluer puis, sans un mot, il se dirigea vers sa maison. Yin et moi le suivîmes. Lorsque nous entrâmes, Hanh était en train de choisir des aliments et de les placer dans un grand panier.

– Et qu’en est-il du portail ? demandai-je à Hanh.

Il s’arrêta et me regarda.

– Il y en a beaucoup.

– Je veux dire : savez-vous où nous pouvons trouver le portail de Shambhala ?

Il me jeta un regard sévère.

– Vous venez de découvrir la Première Extension. Il vous faut maintenant apprendre à maîtriser cette énergie qui s’écoule à partir de vous. De plus, vous êtes non seulement têtu, mais enclin à la peur et à la colère. Vous devrez surmonter ces handicaps avant de songer à vous approcher de Shambhala.

Sur ces derniers mots, Hanh salua Yin d’un signe de tête, lui tendit le panier et sortit de la pièce.

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