Un 3ème œil sur la réalité

James Redfield – La Vision des Andes – 1 : Les premières intuitions.

James Redfield – La Vision des Andes – 1 : Les premières intuitions.

Notre nouvelle conscience spirituelle a commencé à émerger à la fin des années 1950, quand, à l’apogée du matérialisme moderne, un phénomène très profond a ébranlé notre psyché collective. Comme si, après des siècles de réussites matérielles, nous semblions marquer une pause et nous demander : « Et maintenant ? » Une intuition collective prenait forme : nous pouvions attendre quelque chose de plus de la vie, atteindre un sentiment d’accomplissement plus profond que ce que notre culture avait été capable d’exprimer et de nous faire partager.

Qu’avons-nous fait de cette intuition ? Nous avons, bien sûr, commencé par nous critiquer nous-mêmes, ou plutôt par critiquer les institutions et les modes de vie que nous observions dans la culture qui nous entourait, d’une façon assez brouillonne. Le climat émotionnel de l’époque était rigide et très marqué par un système de castes. Les juifs, les catholiques et les femmes avaient du mal à obtenir des positions de direction aux États-Unis. Les Noirs et les différentes minorités ethniques étaient complètement exclus. Et les autres catégories sociales qui vivaient dans cette société d’abondance ne se préoccupaient pas de la réussite.

Le sens de la vie ayant été réduit aux performances économiques, le statut de chacun dépendait de ses succès matériels. On essayait, de façon vraiment dérisoire, de paraître aussi riche que son voisin, voire davantage. La plupart d’entre nous dirigeaient tous leurs efforts vers l’extérieur. Cette pression interne terrible nous amenait toujours à nous juger en fonction de l’opinion de notre entourage. Et nous aspirions désespérément à vivre dans une société qui, d’une façon ou d’une autre, libérerait notre potentiel.

Les années 1960.

Nous avons donc d’abord demandé plus à notre culture, ce qui a suscité l’apparition des différents mouvements qui ont caractérisé les années 1960. Rapidement, ces groupes ont abouti à de nombreuses initiatives et réformes juridiques visant à obtenir l’égalité entre les races et les sexes, la protection de l’environnement, et même la fin de la désastreuse guerre non déclarée contre le Viêt-Nam. Que se cachait-il derrière toute cette agitation ? La décennie des années 1960 a représenté le premier ébranlement généralisé de la conception matérialiste du monde qui dominait jusqu’alors[6], la première « fissure à l’intérieur de l’oeuf cosmique » comme Joseph Chilton Pearce l’a appelée, bouleversement suivi par l’apparition d’une nouvelle orientation. La culture occidentale, et dans une certaine mesure la culture de l’humanité dans son ensemble, découvrait les limites de son horizon matérialiste, et se mettait en quête d’un sens de la vie plus profond sur le plan philosophique.

À une échelle plus vaste que jamais auparavant, nous avons compris que notre conscience et notre expérience étaient étouffées par les étroites préoccupations du matérialisme, et que chacun devrait fonctionner et entrer en interaction à un niveau supérieur, spirituel. Nous savions que, à un niveau plus profond que ce que nous pouvions expliquer, nous avions la possibilité de rompre avec nos schémas antérieurs, de devenir plus créatifs, vivants et libres.

Malheureusement, nos premières actions reflétaient les mécanismes compétitifs de l’époque. Chacun observait son voisin et les différentes institutions qui nous irritaient, et l’on exigeait que les structures sociales soient réformées. En clair, nous regardions la société autour de nous et nous disions à nos congénères : « Vous devriez changer. » Si cet activisme a certainement abouti à des réformes juridiques essentielles et fort utiles, il ne s’est absolument pas attaqué à des problèmes plus individuels comme l’insécurité psychologique, la peur et la cupidité qui ont toujours été à l’origine des inégalités et préjugés sociaux et raciaux, ainsi que des dommages causés à l’environnement.

Les années 1970.

Dès le début de cette décennie nous avons commencé à comprendre ce problème. Comme nous le verrons plus tard, l’influence de la psychologie des profondeurs, des nouvelles thérapies humanistes et la multiplication des ouvrages consacrés aux groupes d’entraide et de développement personnel ont commencé à exercer une certaine influence sur notre culture[7]. Nous nous sommes rendu compte que nous demandions aux autres de changer, mais fermions les yeux sur nos conflits intérieurs. Nous avons découvert que, si nous voulions trouver le plus qui nous manquait, nous devions regarder en nous-mêmes plutôt que de nous soucier de la conduite d’autrui. Pour changer le monde, nous devions d’abord nous changer nous-mêmes.

Presque du jour au lendemain, le fait d’aller consulter un thérapeute n’était plus mal vu, et il est devenu acceptable, voire « branché », d’explorer activement son moi intérieur. Nous avons découvert que l’examen de notre petite enfance, comme le savaient les freudiens depuis longtemps, provoquait souvent une sorte de révélation ou de catharsis à propos de nos angoisses et de nos mécanismes de défense. Nous avons compris comment et quand ces complexes se formaient au cours de nos premières années[8].

À travers ce processus, nous avons pu identifier les façons dont on nous empêchait de nous réaliser ou dont nous nous freinions nous-mêmes. Immédiatement, nous avons compris que cet examen exclusivement intérieur, cette analyse de notre histoire personnelle, jouait un rôle utile et important. Cependant, en fin de compte, nous avons découvert qu’il nous manquait encore quelque chose. Nous nous sommes aperçus que nous aurions beau analyser notre psychologie intérieure pendant des années, cela n’empêcherait pas nos vieilles peurs, nos automatismes et nos emportements passagers de revenir chaque fois que nous nous trouverions dans des situations extrêmement stressantes ou déstabilisatrices.

À la fin des années 1970, nous nous sommes rendu compte que notre intuition d’un plus ne serait pas satisfaite par la seule thérapie. Nous pressentions l’avènement d’une nouvelle conscience, d’un nouveau sentiment de soi, et d’un flux plus important d’expériences qui remplaceraient les vieilles habitudes et réactions qui nous empoisonnaient la vie. La plénitude existentielle que nous pressentions ne concernait pas seulement notre croissance psychologique. La nouvelle sensibilité nécessitait une transformation plus profonde, d’ordre spirituel.

Les années 1980 et 1990.

Pendant les années 1980, cette révélation nous amena dans trois directions différentes.

Tout d’abord un retour aux religions traditionnelles. L’engagement religieux connut un certain essor, beaucoup d’entre nous se replongèrent dans la lecture des Écritures et redécouvrirent les rituels sacrés. Pour répondre à notre intuition, nous désirions examiner plus sérieusement les chemins spirituels traditionnels.

À la même époque, certains entreprirent une quête spirituelle plus globale et personnelle. Ils cherchaient une compréhension plus fine des itinéraires spirituels ésotériques qui avaient été explorés au cours de l’Histoire.

Enfin, d’autres désiraient échapper à la fois à l’idéalisme et à la spiritualité. Frustrés par les échecs de l’introspection des années 1960 et 1970, ils voulurent revenir au matérialisme qui déclinait depuis les années 1950, à l’époque où la réussite financière semblait être l’unique valeur importante. Cependant, cette tentative de remplacer la quête spirituelle, la recherche d’un sens profond à notre vie, dont nous sentions la nécessité, par l’amélioration de notre statut économique n’aboutit qu’à augmenter la pression interne pour s’enrichir rapidement. Les excès qui caractérisent les années 1980 se traduisirent aux États-Unis par les scandales des sociétés de crédit ainsi que de nombreuses opérations de corruption boursière.

Les années 1980 marquèrent une sorte de retour aux débuts de la conquête de l’Ouest, alors que nous éprouvions trois besoins impérieux, qui se faisaient concurrence : revenir au vieux matérialisme, redécouvrir les vieilles religions et nous éveiller à de nouvelles formes de spiritualité. Comme nous le comprenons aujourd’hui avec le recul, toutes ces tentatives visaient à trouver le plus dont la découverte nous paraissait imminente. Nous nous sommes livrés à des expériences, nous avons joué la comédie, nous nous sommes battus pour attirer l’attention d’autrui, nous avons plus ou moins consciemment transformé une grande partie de nos activités en une lubie superficielle, et, bien sûr, nous avons fini par être déçus.

Néanmoins, toutes ces tentatives des années 1980 ont joué un rôle important, en particulier la première vague massive d’intérêt pour les différentes approches spirituelles. Cette étape nécessaire nous a finalement lassés des modes et des engouements passagers et nous a amenés à un niveau plus profond. Dans un sens, cette clarification nous a permis de comprendre que nous recherchions un contenu réel, un changement plus profond de nos attitudes et de notre façon d’être.

L’intuition collective des années 1980 véhiculait un message fondamental : quel que soit le contenu de ce que nous étudions, l’enseignement spirituel des religions traditionnelles ou les expériences des mystiques qui ont parcouru des chemins plus ésotériques, il existe une profonde différence entre la connaissance théorique, livresque, des perceptions spirituelles et l’expérience effective, personnelle de ces mêmes perceptions.

Au début des années 1990, nous sommes parvenus à une étape très importante. Si notre intuition des années 1960 se révélait juste, si une vie plus accomplie était possible, nous devions donc faire un pas de plus : la réflexion intellectuelle ne suffisait plus, il nous fallait maintenant vivre une expérience spirituelle véritable. Alors, le clinquant et le superficiel disparurent, et il ne resta plus que la quête d’une expérience authentique. Notre ouverture vers la spiritualité atteignait désormais un nouveau niveau d’authenticité et de discussion.

Rechercher l’authentique.

C’est dans ce contexte que La Prophétie des Andes, La Dixième Prophétie et toute une série d’autres livres traitant des véritables perceptions spirituelles ont été publiés, et lus par des millions de gens dans le monde. Ces ouvrages ont touché le grand public parce qu’ils décrivaient nos aspirations spirituelles véritables, et dépeignaient des expériences à la portée de tous.

Dans les années 1960, l’idéalisme en vogue à cette époque m’avait amené à travailler avec des adolescents ayant des problèmes psychologiques sérieux et avec leurs familles, d’abord en tant que thérapeute, puis comme administrateur d’un centre de santé. Si je réexamine mon travail aujourd’hui, je discerne une profonde relation entre ces expériences professionnelles et la conception de mon premier roman, La Prophétie des Andes. Mon travail avec ces jeunes, tous gravement maltraités durant leur petite enfance, m’a permis d’avoir une vision plus globale des obstacles qu’ils allaient devoir surmonter. Pour soigner leurs traumatismes, ils seraient obligés de s’embarquer pour un long voyage qui, dans un certain sens, engloberait la dimension transcendantale.

L’angoisse des êtres maltraités durant leur prime jeunesse crée un grand besoin, chez les jeunes, de maîtriser totalement leur vie. Ils fabriquent des mécanismes de défense, parfois cruels et autodestructeurs, pour donner un sens à leur existence et donc diminuer leur anxiété. Briser ces scénarios peut se révéler extrêmement difficile, mais les thérapeutes ont obtenu un certain succès à travers des activités comme le sport, les interactions de groupe, la méditation, etc. Elles promeuvent l’expérience d’un moi supérieur qui remplacera la vieille identité et son schéma réactionnel correspondant.

Dans une certaine mesure, chacun d’entre nous a déjà ressenti, d’une façon ou d’une autre, le même genre d’angoisse que ces enfants maltraités. Le plus souvent, heureusement, cette anxiété est moins intense, et nos réactions ne sont pas aussi extrêmes, mais le processus, l’étape de croissance concernés sont exactement les mêmes. Ce phénomène, que j’ai pu observer dans mon travail, m’a indiqué l’étape que traversait notre culture. Notre train-train quotidien souffrait d’une carence : pour la repérer, pour atteindre une identité personnelle plus élevée, plus spirituelle, il nous fallait subir une transformation interne, changer radicalement la façon dont nous nous percevions et percevions la vie. La description de ce voyage, de cette aventure psychologique, est le point de départ de La Prophétie des Andes.

« La prophétie des Andes »

J’ai écrit ce premier livre entre janvier 1989 et avril 1991, et j’ai pas mal tâtonné pour le rédiger. De façon tout à fait surprenante, plus je me souvenais d’expériences antérieures, plus j’écrivais à leur propos et les intégrais dans mon récit d’aventures, et plus des coïncidences frappantes se produisaient et illustraient des points particuliers que je voulais souligner. Des livres apparaissaient mystérieusement, ou je rencontrais juste au moment opportun le type exact de personnes que j’essayais de décrire. Parfois des inconnus s’ouvraient à moi sans raison apparente et me parlaient de leurs expériences spirituelles. Cela me poussa à leur faire lire mon manuscrit, et leurs réactions me permirent à chaque fois de préciser ma pensée ou de la développer.

J’eus la certitude que mon manuscrit était presque terminé quand de nombreuses personnes m’en demandèrent des copies pour des amis. Je cherchai un éditeur et ma première tentative n’eut aucun succès. Je heurtai alors l’un de mes premiers murs de brique, comme je les appelle maintenant. Toutes les coïncidences cessèrent et je me sentis complètement bloqué. À ce moment, je décidai d’appliquer l’un des enseignements les plus importants de la nouvelle conscience. Je connaissais cette méthode et je l’avais déjà expérimentée auparavant, mais elle n’était pas encore suffisamment intégrée dans ma conscience pour que j’y aie recours dans une situation stressante.

J’avais interprété mon incapacité à trouver un éditeur comme un échec, un événement négatif, et ce jugement avait stoppé les coïncidences qui me faisaient progresser jusque-là. Quand je me rendis compte de ce qui se passait, je redoublai d’attention et modifiai mon manuscrit à plusieurs endroits, en développant certains points. Et en ce qui concerne ma propre vie, je savais que je devais analyser cette situation comme je le ferais avec n’importe quel événement. Quelle était sa signification ? Quel était le message ?

Quelques jours plus tard, une amie m’informa qu’elle avait rencontré quelqu’un qui avait récemment quitté New York pour venir habiter dans notre région. Il avait travaillé dans l’édition pendant de nombreuses années. Immédiatement, une image passa dans mon esprit : je le rencontrais, et cette intuition me sembla être une riche source d’inspiration. Le jour suivant, je me rendis chez lui et les coïncidences recommencèrent à se produire. Il voulait désormais s’occuper d’auteurs qui envisageaient de s’éditer eux-mêmes, m’expliqua-t-il, et puisque mon manuscrit, d’après ses premiers lecteurs, semblait bon, il pensait que cette démarche me serait sans doute bénéfique.

Peu après cette rencontre, et alors que nous étions prêts à imprimer mon livre, je rencontrai Salle Merrill, qui m’apporta une perspective, une sensibilité féminines et me fit opportunément comprendre combien il est important de donner aux autres. Sur les trois premiers milliers de livres qui furent imprimés, nous en envoyâmes ou en apportâmes personnellement près de mille cinq cents à des petites librairies ou à des particuliers en Alabama, en Floride, en Caroline du Nord et en Virginie. Le bouche à oreille fit le reste.

En l’espace de six mois, le livre se vendit à plus de cent mille exemplaires sur tout le territoire des États-Unis et fut publié dans de nombreux pays.

S’il se vendit autant et si rapidement, ce n’est pas à cause de la publicité que je fis, mais parce que, partout, les lecteurs le conseillaient à leurs amis autour d’eux.

Poursuivre nos rêves.

Je mentionne cette anecdote personnelle pour montrer que notre nouvelle conscience spirituelle nous aide à réaliser nos rêves, préoccupation qui a toujours été au coeur des efforts des hommes partout dans le monde. L’univers semble vraiment être conçu comme une plate-forme pour la réalisation de nos aspirations les plus profondes et les plus authentiques. Il s’agit d’un système dynamique propulsé par le flux constant des petits miracles. Mais il y a un hic. L’univers est construit pour répondre à notre conscience, mais il ne nous rendra que le niveau de qualité que nous lui conférons. C’est pourquoi il nous faut absolument découvrir qui nous sommes, ce que nous sommes venus faire ici-bas et apprendre à suivre les mystérieuses coïncidences qui peuvent nous guider. La réussite de ce processus dépend, dans une grande mesure, de notre capacité à rester positifs et à trouver les deux facettes de chaque événement.

Pour mettre en pratique notre nouvelle conscience spirituelle, nous devons passer par une série d’étapes ou de révélations. Chaque étape élargit notre perspective. Mais elle offre aussi une série de défis. On ne peut se contenter de survoler superficiellement chaque niveau de conscience élargie. Nous devons vouloir vraiment les mettre en pratique, intégrer chaque augmentation de notre conscience spirituelle dans notre vie quotidienne. Une seule interprétation négative peut tout arrêter.

Dans les pages qui suivent, nous examinerons les différentes étapes de notre expérience intérieure. Et nous verrons aussi comment en conserver fermement les enseignements dans notre vie et les appliquer efficacement.

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