Un 3ème œil sur la réalité

James Redfield – La Vision des Andes – 5 : Dépasser les luttes de pouvoir.

James Redfield – La Vision des Andes – 5 : Dépasser les luttes de pouvoir.

Les psychologues ont fait une découverte fondamentale quand ils ont identifié et expliqué la façon dont les êtres humains entrent en concurrence et cherchent à se dominer les uns les autres à cause de leur profonde insécurité existentielle. Ce sont cependant les philosophies et religions orientales qui nous ont permis d’approfondir les soubassements psychologiques de ce phénomène.

Comme la science et le mysticisme le démontrent, les êtres humains sont essentiellement un champ d’énergie. Cependant les philosophies orientales affirment que notre niveau normal d’énergie demeure faible et plat tant que nous ne nous ouvrons pas aux énergies absolues disponibles dans l’univers. Lorsque cette ouverture se produit, notre ch’i, notre niveau d’énergie quantique, s’élève à une puissance qui met un terme à notre insécurité existentielle. Mais, en attendant ce moment, nous cherchons fébrilement autour de nous comment puiser de l’énergie supplémentaire chez autrui.

Commençons par observer ce qui se passe réellement au cours d’une interaction entre deux êtres humains. Un vieux dicton mystique affirme que « l’énergie suit le trajet de l’attention ». Ainsi, quand deux personnes concentrent leur attention l’une vers l’autre, elles fusionnent littéralement leurs champs d’énergie, et mettent en commun leurs énergies. Le problème devient rapidement de savoir qui va contrôler cette énergie accrue. Si nous dominons l’autre au point de réussir à ce qu’il abandonne son point de vue, qu’il regarde le monde à notre façon, à travers nos propres yeux, alors nous accaparons deux énergies au lieu d’une. Nous éprouvons une sensation immédiate de pouvoir, de sécurité, d’autovalorisation, voire d’euphorie.

Mais nous éprouvons ces sentiments positifs au détriment de l’autre, car l’individu dominé se sent désorienté, est angoissé et a l’impression d’avoir été vidé de son énergie[42]. Nous avons tous connu ce genre de sentiment à un moment ou à un autre. Quand nous cédons devant quelqu’un qui nous a manipulés, a rendu notre esprit confus, nous a fait perdre notre équilibre, nous a fait éprouver de la honte, nous nous sentons soudain à plat. Et naturellement nous tentons de récupérer l’énergie que nous a prise l’autre, et ce par tous les moyens à notre disposition.

Ce processus de domination psychologique s’observe partout, et est à l’origine de tous les conflits irrationnels, qu’ils se déroulent entre les individus, les sociétés, les cultures ou les nations. Si nous faisons preuve de réalisme, nous nous rendons compte que, dans ce type de relation, chacun se bat pour obtenir de l’énergie, et cherche à manipuler les autres d’une façon très habile (souvent sans même s’en rendre compte). La plupart des manipulations utilisées dans ce but, la plupart des jeux auxquels les gens jouent sont le résultat de postulats sur la vie. En d’autres termes, elles forment le champ d’intention de l’individu.

Quand nous entrons en relation avec un autre être humain, nous devons garder tout cela à l’esprit. Chaque personne est un champ d’énergie incluant un ensemble de postulats et d’opinions qui rayonnent vers l’extérieur et influencent le monde. Ces croyances concernent aussi ce qu’un individu pense des autres, et la façon de « gagner » en conversant avec eux.

Pour atteindre cet objectif, chacun possède un ensemble unique d’opinions et de méthodes d’interaction, que j’ai appelés des mécanismes de domination. Ils couvrent toute une gamme d’attitudes allant de la plus passive à la plus agressive.

La victime.

Il s’agit du mécanisme le plus passif. Dans ce scénario, plutôt que de lutter directement pour obtenir de l’énergie, la personne cherche à attirer les égards et l’attention de l’autre en manipulant sa sympathie.

Lorsque vous entrez dans le champ d’énergie d’une Victime, vous êtes immédiatement plongé dans une relation où vous occuperez une position marginale. Vous vous sentez subitement coupable sans aucune raison, comme si l’autre vous avait imposé ce comportement. Il vous dira : « Eh bien, je m’attendais à ce que tu m’appelles hier, mais tu ne l’as pas fait » ; ou « Beaucoup de choses désagréables me sont arrivées dernièrement et tu étais injoignable. » Il ajoutera même parfois : « Bien d’autres événements terribles vont bientôt m’arriver, et je suis sûr que tu ne seras pas là non plus pour m’aider. »

Selon le type de relation que vous avez avec cette personne, celle-ci orientera la conversation sur un thème ou un autre. S’il s’agit de l’un de vos collègues, il vous confiera qu’il est submergé de travail ou qu’il n’arrive pas à respecter les délais, en insinuant que vous ne l’aidez pas assez. Si votre interlocuteur ne vous connaît guère, il vous tiendra seulement des propos négatifs sur la vie en général. Il existe des dizaines de variations, mais la stratégie et l’atmosphère sont toujours les mêmes. La Victime est en quête de sympathie et cherche à vous rendre responsable de sa situation, d’une manière ou d’une autre.

Sa stratégie vise à vous désorienter et à capter votre énergie en créant chez vous un sentiment de culpabilité ou de doute. Si vous acceptez cette culpabilité, vous vous arrêtez et regardez le monde à travers les yeux de l’autre. Dès que vous agissez ainsi, votre interlocuteur capte votre énergie, son moral remonte et il se sent plus sûr de lui.

Souvenez-vous que ce mécanisme est presque entièrement inconscient. Il découle d’une vision du monde et d’une stratégie personnelles pour contrôler les autres, acquises durant l’enfance. La Victime ne peut compter sur personne pour répondre à ses besoins d’affection et de bien-être; le monde l’effraie trop, elle manque trop de confiance en elle-même pour prendre le risque d’exprimer directement ce qu’elle veut. Dans son univers, il n’existe qu’une façon raisonnable d’agir : tenter d’obtenir la sympathie en étalant ses blessures et en culpabilisant autrui.

Malheureusement, à cause de l’effet de ces croyances et intentions inconscientes sur la réalité, très souvent les Victimes laissent entrer dans leur vie les personnes mauvaises qu’elles redoutent tant de rencontrer. Et les événements qu’elles vivent sont fréquemment traumatiques. L’univers répond en produisant exactement le genre de situations auquel s’attend la Victime, et de cette façon le scénario se reproduit et se vérifie sans cesse. Sans le savoir, la Victime est prisonnière d’un cercle vicieux.

Comment se comporter face à une Victime.

Lorsque vous entrez en relation avec une Victime, souvenez-vous que son objectif est de capter de l’énergie. Acceptez au départ de lui en donner, ainsi vous viendrez très rapidement à bout de ce scénario. (Dans le chapitre 9 nous aborderons plus précisément la façon d’envoyer de l’énergie.)

Demandez-vous ensuite si votre culpabilité est justifiée. Certes, au cours de votre existence, vous vous demanderez souvent si vous avez laissé tomber quelqu’un, ou bien vous éprouverez de la sympathie pour une personne en difficulté. Mais vous seul êtes à même de décider comment et quand vous devez aider quelqu’un qui en a besoin.

Une fois que vous avez donné de l’énergie à la Victime en sachant que vous vous trouvez face à un mécanisme de domination, mettez au jour ce mécanisme, discutez-en franchement avec l’autre[43]. Aucun jeu inconscient ne peut perdurer s’il est dévoilé et discuté franchement. Dites par exemple : « Tu sais, j’ai l’impression, en ce moment précis, que tu penses que je devrais me sentir coupable. »

Soyez prêt à affronter la réaction de l’autre avec courage. Même si vous abordez honnêtement cette situation, il peut interpréter vos propos comme un rejet. Dans ce cas, il vous rétorquera sans doute : « Oh, de toute façon, je savais bien que tu ne n’aimais pas ! » Dans d’autres cas, la personne se sentira insultée et se mettra en colère.

Incitez la personne à vous écouter et à poursuivre le dialogue. C’est très important. Mais cela ne marchera que si vous lui donnez constamment l’énergie qu’elle désire durant cette conversation. Surtout, persévérez si vous voulez que la qualité de la relation s’améliore. Dans le meilleur des cas, la personne entendra ce que vous dites lorsque vous désignerez son mécanisme de domination et elle s’ouvrira à un stade supérieur de conscience d’elle-même.

L’indifférent.

Ce mécanisme de domination est un peu moins passif que le précédent. Lorsque vous commencez une conversation avec un Indifférent, il refuse de répondre clairement à vos questions. Il se montre distant, détaché, ses propos sont sibyllins. Par exemple, si vous lui demandez quel genre de vie il a menée jusqu’ici, il vous répondra de façon très vague : « J’ai roulé ma bosse », sans donner d’autres détails.

À ce moment vous poserez une autre question, ne serait-ce que pour mieux connaître votre interlocuteur. Vous direz : « Ah bon, et quels pays connais-tu ? » Et il vous répondra : « Un bon nombre. »

Vous êtes clairement devant un Indifférent qui crée une aura diffuse et mystérieuse autour de lui. Il veut vous forcer à investir votre énergie dans la recherche d’informations qui sont habituellement échangées de manière spontanée. Quand vous agissez ainsi, vous vous concentrez intensément sur le monde de cette personne, vous cherchez à lire dans ses yeux, vous essayez de comprendre son parcours, et vous donnez à l’autre l’énergie dont il a besoin et lui remontez le moral.

Rappelez-vous, cependant, que ceux qui répondent vaguement à vos questions ou refusent de vous faire des confidences ne sont pas tous des Indifférents. Ils peuvent souhaiter rester anonymes pour d’autres raisons. Chacun a le droit d’avoir un jardin secret, et de ne partager avec autrui que ce qu’il désire.

Mais le fait d’utiliser une stratégie de distanciation pour gagner de l’énergie est totalement différent. Pour l’Indifférent il s’agit d’une technique de manipulation : il cherche à vous attirer tout en vous maintenant à distance. Si vous en concluez que cette personne ne veut pas vous adresser la parole, par exemple, et qu’alors vous dirigez votre attention vers quelqu’un d’autre, très souvent l’Indifférent cherchera à renouer contact avec vous, en lâchant quelques mots destinés à reprendre l’interaction et à capter votre énergie.

Comme la stratégie de la Victime, celle de l’Indifférent puise ses racines dans son passé. Habituellement, l’Indifférent n’avait pas la possibilité de partager librement ses sentiments quand il était enfant parce qu’il pensait que c’était dangereux ou périlleux de le faire. Dans un tel environnement familial, l’Indifférent a appris à toujours rester vague quand il communique avec les autres tout en cherchant à ce qu’on l’écoute pour capter leur énergie.

Comme la stratégie de la Victime, celle de l’Indifférent reflète un ensemble d’opinions inconscientes sur le monde. L’Indifférent croit que personne n’est digne de confiance, qu’il ne doit jamais faire de confidences sur sa vie privée, sinon elles seront utilisées contre lui plus tard, ou serviront à le critiquer. Et, comme toujours, ces conceptions rayonnent autour de l’Indifférent et provoquent le genre d’événements qu’il veut éviter, réalisant ainsi son intention inconsciente.

Comment se comporter face à un Indifférent.

Souvenez-vous qu’il faut d’abord lui envoyer de l’énergie et de l’amour, et non adopter une position défensive. Il se sentira moins obligé de continuer sa manipulation. Lorsque cette pression intérieure disparaît chez lui, abordez le problème ouvertement pour que votre interlocuteur en soit conscient.

Comme dans le cas précédent, attendez-vous à deux réactions possibles :

– L’Indifférent souhaitera mettre un terme à votre relation et interrompre toute communication. Il s’agit bien sûr d’un risque à courir, mais si vous ne le prenez pas vous jouez le jeu de l’autre. Si votre intervention a un résultat négatif, votre franchise permettra peut-être que l’autre prenne conscience de son attitude un peu plus tard.

– Il désirera continuer la conversation tout en niant qu’il ait un comportement distant. Dans ce cas, comme toujours, demandez-vous si ses propos contiennent une part de vérité. Cependant, si vous êtes sûr de votre perception, maintenez votre position et continuez à dialoguer. Un nouveau modèle de comportement en résultera peut-être.

L’interrogateur.

Plus agressif, ce mécanisme de domination est extrêmement répandu dans la société actuelle. Cette stratégie manipulatrice utilise la critique pour dérober de l’énergie aux autres.

En présence d’un Interrogateur, vous éprouverez toujours l’impression très claire d’être contrôlé par l’autre. En même temps vous vous sentirez forcé d’endosser un rôle, celui d’une personne inadaptée ou incapable de gérer sa propre vie.

Vous sentirez cela parce que votre interlocuteur vous aura plongé dans son univers mental. L’Interrogateur croit que la plupart des gens commettent de graves erreurs dans leur vie et qu’il a la charge de corriger cette situation. Par exemple, il vous dira : « Tu sais, tu ne t’habilles vraiment pas de façon assez élégante pour le type de boulot que tu as », ou : « J’ai remarqué que ta maison n’est pas très propre. » Ses critiques porteront aussi bien sur votre façon de travailler, de parler ou toute autre caractéristique personnelle. Peu importe la cible, pourvu que cela marche, que cela vous décontenance et vous fasse perdre votre assurance.

Quelle est la stratégie inconsciente de l’Interrogateur ? Il veut que vous en veniez à douter de vous-même pour que vous acceptiez ses critiques et adoptiez sa vision du monde. Quand cela se produit, vous regardez votre situation à travers les yeux de l’Interrogateur et lui donnez de l’énergie. Son but est de juger sans appel la vie des autres dès qu’il entre en contact avec eux, de leur faire adopter sa conception du monde, et d’obtenir ainsi un courant d’énergie continu.

Comme les autres mécanismes de domination, celui-ci provient d’hypothèses sur la société, hypothèses que l’individu projette autour de lui. L’Interrogateur croit que le monde n’est pas en sûreté ou en ordre s’il ne surveille pas le comportement et l’attitude de chacun, et s’il ne les corrige pas. Dans ce scénario, il tient le rôle du Héros, de la seule personne qui soit attentive et s’assure que les autres agissent correctement, voire parfaitement. Habituellement, l’Interrogateur vient d’une famille où les parents n’étaient guère présents ou bien ignoraient ses besoins. Dans ce vide d’énergie insécurisant, l’Interrogateur obtenait de l’attention et de l’énergie d’une seule façon : en soulignant les erreurs et en critiquant le comportement des membres de sa famille.

Quand cet enfant devient adulte, il continue à croire à ces postulats sur la société et les êtres humains, et ceux-ci, en retour, modèlent la vie réelle de l’Interrogateur.

Comment se comporter face à un Interrogateur.

Il faut rester suffisamment centré pour lui expliquer vos sentiments en sa présence. Évitez d’adopter une position défensive, envoyez-lui de l’énergie et de l’amour, tout en lui expliquant pourquoi vous vous sentez contrôlé et critiqué par lui.

L’Interrogateur refusera peut-être votre analyse, même si vous lui proposez des exemples. Réfléchissez : il est possible que vous vous soyez trompé et qu’il n’ait pas eu la moindre intention de vous dénigrer. Cependant, si vous êtes sûr de votre diagnostic, expliquez votre position dans l’espoir qu’un véritable dialogue s’engage.

L’Interrogateur pourra aussi retourner la situation et vous accuser d’être trop sévère avec lui.

Dans ce cas vérifiez s’il dit vrai. Si vous pensez avoir raison, décrivez-lui quels sentiments il suscite en vous.

Si l’Interrogateur affirme que ses critiques sont justifiées, qu’elles doivent être formulées et que vous évitez d’examiner vos propres défauts, écoutez-le attentivement et réfléchissez à son point de vue. S’il a tort, essayez de lui montrer pourquoi ses remarques sont soit inutiles, soit énoncées de façon inadéquate.

Chacun de nous s’est trouvé et se trouvera dans des situations où il sent qu’une autre personne n’agit pas dans son intérêt et où il a envie de lui signaler son erreur. Attention à la façon dont vous intervenez. Exprimez-vous avec modestie : « Si mes pneus étaient aussi usés que les vôtres, j’en achèterais tout de suite des neufs » ou : « Quand je me suis trouvé dans une situation semblable, j’ai quitté mon travail avant d’en trouver un autre et par la suite je l’ai regretté. »

Il existe des façons d’intervenir qui ne déstabilisent pas l’autre, ne minent pas sa confiance en lui-même comme le fait l’Interrogateur. Ces méthodes doivent être portées à sa connaissance. Certes il peut décider d’interrompre la conversation et refuser d’entendre ce que vous avez à lui dire, mais il s’agit d’un risque à courir si vous voulez rester fidèle à votre propre expérience.

L’intimidateur.

Il s’agit du mécanisme de domination le plus agressif. Quand vous entrez dans le champ d’énergie d’un tel individu, vous vous sentez non seulement vidé ou mal à l’aise, mais vous avez aussi l’impression de ne pas être en sécurité, voire d’être en danger. Le monde autour de vous semble inquiétant, menaçant, incontrôlable. L’Intimidateur dira et fera des choses qui suggèrent que sa rage ou sa violence peut éclater à tout moment. Il racontera comment il a fait du mal à d’autres personnes ou démontrera la force de sa colère en cassant ou jetant des objets dans la pièce.

Sa stratégie vise à attirer votre attention, et donc à capter votre énergie, en créant un environnement dans lequel vous vous sentez tellement menacé que vous vous concentrerez totalement sur lui. Quand une personne donne l’impression qu’elle pourrait perdre le contrôle de ses nerfs ou commettre un acte violent à n’importe quel moment, vous vous mettez à la surveiller très attentivement. Si vous êtes en train de lui parler, vous adoptez généralement son point de vue très rapidement. Bien sûr, quand vous observez son regard et cherchez (afin de vous protéger) à déceler ce qu’il pourrait faire, l’autre reçoit l’énergie dont il a désespérément besoin et son moral remonte.

Cette stratégie d’intimidation s’est habituellement forgée dans un environnement où le sujet était gravement privé d’énergie, confronté le plus souvent à d’autres Intimidateurs qui le dominaient et le maltraitaient quand il était enfant. S’il jouait les Victimes et voulait culpabiliser ses parents, cela ne marchait pas car personne ne faisait attention à lui. S’il jouait les Indifférents, son entourage ne remarquait rien. S’il jouait les Interrogateurs, il ne suscitait que la colère et l’hostilité. Par conséquent il ne lui restait plus qu’un seul choix. Il a donc supporté ses carences en énergie jusqu’à devenir suffisamment grand pour, à son tour, intimider autrui dans son intérêt.

Selon l’Intimidateur, la violence aveugle et l’hostilité dominent le monde; chacun est totalement seul, désespéré, chacun rejette son prochain et personne ne se soucie d’autrui, et c’est exactement la situation dans laquelle il se retrouve, à cause même de sa conception de la vie.

Comment se comporter face à un Intimidateur.

Cela s’avère difficile et dangereux. Dans la plupart des cas, mieux vaut éviter de se trouver en compagnie de ce genre de personnage (43). Mais si vous êtes engagé dans une relation à long terme avec un Intimidateur, faites appel à un thérapeute. Comme dans les autres mécanismes, l’objectif du psy sera de redonner confiance à l’Intimidateur, lui communiquer de l’énergie et le soutenir, et le rendre conscient de son attitude. Malheureusement, beaucoup de ces personnes ne reçoivent aucune aide et vivent constamment entre la peur et la rage.

Nombre d’entre eux finissent entre les mains de la justice, et la société a sans doute raison, sur le court terme, de se protéger contre ces gens-là. Mais un système qui enferme des malades sans les soigner et ensuite les relâche ne comprend pas les racines du problème ou ne cherche pas à s’y attaquer[44].

Dépasser notre mécanisme de domination.

Nous avons presque tous, au cours de notre vie, entendu quelqu’un se plaindre de tel ou tel de nos comportements. Nous avons tendance à ignorer ces critiques ou à nous justifier pour ne pas être obligés de changer. Même si aujourd’hui nous savons que nous pouvons répéter des attitudes qui nous sont préjudiciables, il nous est très difficile d’observer notre comportement personnel d’une façon objective.

Dans les cas où un mécanisme de domination aux effets graves pousse quelqu’un à chercher une aide thérapeutique, des crises peuvent éclater et détruire des années de progrès et de croissance personnelle, et les vieux schémas réapparaître, même si le sujet pense les avoir surmontés. En fait, selon l’expérience des thérapeutes, la catharsis qui se produit pendant que l’on explore les premiers traumatismes de l’enfance n’est que le début d’un long processus[45]. Nous savons maintenant que, pour mettre un terme à ces tentatives inconscientes de dérober de l’énergie et de se rassurer, il faut se concentrer sur le fondement profond, existentiel du problème. Il faut aller au-delà d’une compréhension intellectuelle de celui-ci pour trouver une nouvelle source de sécurité qui fonctionnera, quelles que soient les conditions extérieures.

Je fais ici référence à un type de catharsis différent, celle que les mystiques ont expérimentée à travers l’Histoire et dont nous entendons parler de plus en plus. Une fois que nous prenons conscience de la compétition générale qui existe dans cette société pour obtenir de l’énergie, nous pouvons passer à l’étape suivante : nous observer attentivement, identifier l’ensemble particulier d’idées et d’intentions qui fondent notre mécanisme de domination, et trouver une autre expérience qui nous permette de nous ouvrir à notre énergie intérieure.

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