Un 3ème œil sur la réalité

James Redfield – La Vision des Andes – 7 : Découvrons qui nous sommes.

James Redfield  – La Vision des Andes – 7 : Découvrons qui nous sommes.

Lorsque nous vivons une expérience transcendantale et nous ouvrons à un plus grand flux d’énergie et de sécurité intérieure, une transformation profonde s’amorce. Nous nous voyons nous-mêmes et nous observons notre comportement à partir d’une perspective supérieure, du point de vue de notre moi profond bien alimenté en énergie. Notre sentiment d’identité dépasse les réactions anxieuses de notre ego et assume le point de vue d’un témoin situé à un plan supérieur, qui s’assimile maintenant à toute la création divine et est capable d’examiner avec une nouvelle objectivité notre moi conditionné par notre milieu.

À cette étape de notre développement personnel, le premier progrès sensible se manifeste dans nos réactions au cours de moments de stress. Pour la première fois, nous percevons clairement notre mécanisme de domination. Peu importe l’endroit où cette prise de conscience se produit : au travail, au marché, ou alors que nous conversons avec une personne importante dans notre vie. D’abord, nous vivons pleinement notre nouvelle ouverture, mais ensuite quelque chose se produit. La situation devient stressante, et nous retombons dans notre vieux scénario.

Nous luttons pour maintenir l’énergie de notre moi profond, pour garder cette position de témoin, même si une partie de nous continue à avoir une attitude défensive. À ce stade nous pouvons avoir le sentiment d’une révélation sur nous-mêmes quand nous observons nos actions. Les vieux commentaires des autres sur nos automatismes et nos scénarios, commentaires que nous avons rejetés avec véhémence dans le passé, refont surface avec un nouveau sentiment de validité. Nous avons même parfois envie de dire : « Alors, c’est comme ça que j’agis quand je suis sous pression ! »

Tout devient clair, que ce soient les manoeuvres de culpabilisation qu’opère une Victime, les distances que prend un Indifférent, les critiques que lance un Interrogateur, ou les attitudes menaçantes d’un Intimidateur. Nous distinguons maintenant nos propres manipulations pour obtenir l’énergie des autres.

Les luttes de pouvoir dans notre famille.

D’où vient notre comportement ? Que pouvons-nous faire à ce propos ?

De telles questions nous renvoient aux recherches novatrices menées sur la dynamique familiale dans les années 1960 et 1970. La famille, et spécialement notre père et notre mère, structure nos premiers contacts avec le monde. (Si nos parents biologiques ne nous éduquent pas, d’autres personnes jouent ce rôle.) Ils nous donnent une première idée de la société, tandis que nous prenons exemple sur leurs attitudes et leur comportement.

Comme le psychologue James Hillman le démontre dans The Soul’s Code, nous nous incarnons tous avec un caractère et une mission[52]. Mais le brouillard de la naissance obscurcit cette compréhension de soi-même, et les conflits de l’enfance peuvent souvent être intenses et très effrayants. Durant nos premières années sur Terre, nous perdons notre solide connexion avec l’énergie et l’amour divins. Nous sommes soudain dépendants des autres pour notre nourriture, notre protection et notre sécurité personnelle.

Trop souvent, nous ne recevons pas assez d’amour et d’énergie parce que nos parents ont trop peu à donner et qu’ils agissent selon leurs propres mécanismes de domination. Certains parents dérobent inconsciemment l’énergie de leurs jeunes enfants, en les forçant à forger leurs propres techniques de manipulation pour se défendre. Par exemple, la Victime culpabilisera constamment son enfant parce qu’il ne l’aide pas assez, voire le rendra responsable de ses problèmes, en lui disant : « Si je ne m’occupais pas de toi, je pourrais me soucier de ma carrière. » L’Indifférent se montrera distant et insinuera que son amour est conditionnel. L’Interrogateur trouvera constamment des défauts chez son enfant. Et l’Intimidateur créera un climat de peur.

Durant notre enfance, nous accepterons ces scénarios, et permettrons que notre énergie soit drainée par nos parents. Mais à un certain âge, nos défenses se renforceront et nous élaborerons nos propres manoeuvres pour stopper notre perte d’énergie et d’auto-estime. Face à la Victime et à l’Indifférent, nous utiliserons la position de l’Interrogateur, nous mettrons un terme aux tentatives de culpabilisation ou aux attitudes distantes en critiquant certaines de leurs caractéristiques ou de leur comportement. Face à un Interrogateur, nous nous mettrons à notre tour à lui poser des questions ou nous adopterons la froideur apparente de l’Indifférent.

Le cas de l’Intimidateur est plus complexe. Quand un enfant est maltraité et menacé, il riposte en général en utilisant le mécanisme de la Victime. Si l’Intimidateur réagit à la culpabilisation et commence à rendre de l’énergie, cela s’arrête là. Mais si la position de la Victime ne fonctionne pas, le seul recours, pour un enfant auquel on vole son énergie et dont la vie est menacée, est d’exploser et d’avoir lui-même recours à l’intimidation, tantôt contre ceux qui essaient de l’intimider, tantôt contre ses frères et soeurs ou d’autres personnes plus jeunes ou moins fortes[53].

Le pardon nous libère.

Dynamisés par le niveau actuel de notre énergie spirituelle, un nouveau défi s’offre à nous si nous voulons poursuivre notre évolution. Lorsque nous examinons attentivement l’éducation que nous a donnée notre famille, quels que soient les traumatismes qu’elle nous a infligés, nous devons éviter de la blâmer ou de la haïr. Comme nous le verrons plus loin, notre conscience en pleine progression nous amène finalement à analyser tous les événements de notre vie à partir de la perspective d’une autre dimension, celle de l’Après-Vie. À ce niveau nous étions intimement connectés au divin, et nous avons choisi de nous incarner dans une famille donnée. Nous voulions peut-être que le résultat final fût différent, mais nous désirions commencer notre vie exactement avec les parents qui nous ont conçus. Si nous ressassons nos critiques contre notre père, notre mère, nos frères, nos soeurs, ou toute autre personne qui a joué un rôle durant notre enfance, c’est habituellement parce que les reproches font partie de notre mécanisme de domination. Nous racontons nos mauvais traitements durant notre enfance pour gagner la sympathie ou capter l’énergie des autres, ou nous les utilisons pour justifier nos stratégies d’Indifférent ou d’Interrogateur. Nous n’arriverons donc pas à obtenir une connexion intérieure avec l’énergie divine tant que nous ne nous serons pas libérés de notre passé. Il nous sera impossible de progresser et de continuer à accroître notre énergie parce que nos reproches nous ramènent toujours en arrière, dans notre vieux scénario.

Seul le pardon peut libérer complètement notre potentiel pour dépasser ces automatismes comportementaux qui nous font perdre du temps. Pour qu’il ait des effets totalement libérateurs il faut l’exprimer publiquement. Beaucoup de thérapeutes recommandent à leurs patients d’écrire une lettre à tous ceux auxquels ils ont fait des reproches et de leur offrir leur pardon. Inutile pour autant de rencontrer ces personnes; une simple lettre peut mettre fin à un sentiment négatif et purifier l’air pour permettre à une nouvelle vie de commencer. Le pardon renforce la capacité que nous avons acquise de nous comporter comme un témoin dans une dimension supérieure. Pardonner, c’est reconnaître simplement que la personne à laquelle nous en voulons a agi de son mieux à l’époque des faits que nous lui reprochons[54].

Abandonner notre mécanisme de domination.

Il est temps de nous débarrasser de notre mécanisme de domination. Si nous procédons avec une certaine rigueur, que nous dépassons les vieilles attitudes à propos de notre passé qui nous enfermaient dans un certain nombre de réactions automatiques, nous pouvons commencer à assimiler complètement notre nouveau moi spirituel et abandonner notre autre moi, celui qui avait été conditionné par notre milieu familial.

À ce niveau de conscience, nous pouvons plus facilement maintenir une attitude de témoin qui observe son propre comportement et son chemin existentiel, qui analyse les événements grâce à sa foi objective et son amour de l’aventure. Telle est la position à partir de laquelle nous pouvons le mieux comprendre et suivre les messages des coïncidences, et le mieux demeurer vigilants, même dans les situations les plus stressantes.

Prenons un exemple : vous tentez de rester dans l’état de votre moi supérieur quand soudain quelqu’un fait quelque chose qui spontanément vous met sur la défensive. Si votre mécanisme de domination est celui de l’Interrogateur, la personne peut vous rappeler les Indifférents ou les Victimes que vous avez rencontrés dans le passé et vous amener à réagir de la même façon critique. Vous allez immédiatement chercher le défaut que vous avez remarqué chez cette personne et l’attaquer sur-le-champ, pour la déstabiliser et vous assurer que ses réactions de Victime ou d’Indifférent ne capteront pas votre énergie.

À ce moment, vous avez quitté la position de votre moi supérieur et vous vous trouvez à nouveau dans un état d’insécurité, où vous avez besoin de l’énergie des autres. Pour limiter puis éliminer ces moments où vous vous placez inconsciemment sur la défensive, retenez-vous de plus en plus tôt. Renforcez votre intention par une pratique spirituelle régulière comme la méditation ou la prière. Lorsque vous avez réussi à maintenir fermement votre position de moi supérieur et observé la façon dont votre mécanisme de domination se déclenche, restez cependant vigilant, ne perdez pas de vue votre intention, de façon à repérer les premières manifestations de votre technique de manipulation.

Lorsque vous réussissez à vous contenir à chaque fois, vous commencez à rompre ce mécanisme, à l’arrêter avant qu’il ne s’enclenche, et à vous accrocher fermement à votre position de témoin, jouissant d’une perspective supérieure.

Avoir l’intuition d’un objectif supérieur.

Lorsque nous réussissons à maintenir la plupart du temps notre position de moi supérieur, l’énergie accrue et le sentiment de liberté nous amènent immédiatement à nous poser des questions : si nous ne sommes plus la personne qui crée ce mécanisme répétitif pour se défendre, alors quel est l’objectif de notre vie ? Que devons-nous faire de notre existence ?

Ces interrogations découlent directement d’une caractéristique particulière de la connexion avec le moi supérieur : chacun d’entre nous sent intérieurement qu’il doit accomplir une mission dans la vie. Cette intuition crée un besoin de comprendre les potentialités de notre destinée à partir d’une perspective supérieure. Et cela inclut un besoin impératif de réinterpréter notre passé.

À quoi ressemblaient nos ancêtres ? Où ont-ils vécu et comment ont-ils passé leur vie ? Finalement notre intérêt se concentre de nouveau sur nos parents et notre famille durant nos premières années, et c’est alors que notre engagement de pardonner peut être vraiment productif, car nous sommes maintenant en mesure de dépasser nos vieux ressentiments pour considérer cette expérience avec un oeil objectif.

La véritable question concernant notre petite enfance devrait être : Pourquoi ai-je choisi de naître dans cette famille et avec ce groupe de personnes ? Qu’avais-je en tête ?

Le message familial.

Il nous faut trouver une compréhension plus profonde de notre expérience avec notre famille d’origine. Souvenez-vous : durant votre petite enfance vous avez découvert le monde et ce que l’on attendait de vous. Un enfant doit tout apprendre, non seulement le nom de chaque objet, mais aussi son sens. Pour cela nous devons examiner attentivement comment nos parents ou ceux qui nous ont éduqués ont interprété ce vaste monde. Nous passons donc la première décennie de notre vie à observer la réalité à travers les yeux de nos parents pour assimiler leurs descriptions, leurs réactions émotionnelles et leur créativité. Et cette identification façonne et structure notre vision du monde initiale.

Afin de trouver la raison spirituelle pour laquelle nous avons choisi nos parents, nous devons analyser très profondément leur personnalité, leur conception du monde et, peut-être encore plus important, leurs rêves, ceux qu’ils ont ou n’ont pas réalisés.

Observer nos mères.

Pour la plupart d’entre nous, le contact physique avec notre mère et son amour ont créé notre première description intérieure du monde extérieur. Nous répondait-il, nous nourrissait-il, se montrait-il bon ? Ou était-il négligent et menaçant ?

Selon les psychologues, les cinq premières années de notre vie nous apprennent si le monde répondra à nos attentes et si nos expériences seront positives. S’il apparaît que notre mère a satisfait nos besoins, alors notre conception de la vie sera, en principe, fondamentalement positive. Mais que faire si ce n’est pas le cas ? Et que faire si, bien que notre petite enfance ait été heureuse, nous devons lutter contre le pessimisme ou la peur qui surgissent en nous dans des moments angoissants ? Il nous faut alors nous demander si cette empreinte négative ne vient pas d’un moment encore antérieur, une naissance difficile, par exemple, voire une vie précédente.

Beaucoup d’entre vous ne sont pas convaincus de l’existence de la réincarnation. Si c’est votre cas, lisez l’oeuvre de Brian Weiss, le psychiatre dont le travail thérapeutique et les recherches sur les souvenirs de vies antérieures chez ses patients ont fait connaître et expliquer ce phénomène dans le monde entier[55]. Dans de nombreux cas, lorsque nous réévaluons les conséquences de notre petite enfance sur nos attitudes et le cours qu’a pris notre vie, nous devons inclure la possibilité que certaines de nos idées proviennent d’une existence passée.

Votre mère, bien sûr, vous a apporté davantage que cette première empreinte nourricière. Elle vous a aussi transmis une interprétation particulière, et parfois unique, du monde. Pour comprendre le point de vue de votre mère, vous devez la voir aussi complètement que possible, prendre le temps d’observer ses parents, ainsi que le conditionnement culturel qu’elle a subi durant sa jeunesse, et la façon dont ce climat a limité ou épanoui la personne qu’elle a rêvé et désiré devenir.

Les mères de la plupart d’entre nous ont atteint l’âge adulte entre les années 1940 et 1980, époque à laquelle les possibilités des femmes se sont beaucoup développées. Le fait que les femmes aient travaillé dans les usines et l’industrie de guerre durant la Seconde Guerre mondiale, par exemple, et occupé des postes auparavant tenus seulement par des hommes, a partout changé l’attitude généralement adoptée sur les capacités des femmes. Cependant, à la même période, des femmes, dans certaines familles, n’ont pu réaliser leurs aspirations. Et c’est pourquoi vous devez examiner attentivement la vie de votre mère.

Quelles valeurs défendait-elle, sur la vie, la famille, le travail ? En quoi étaient-elles différentes des idées dominantes dans votre milieu ? Lorsque vous l’avez vue vieillir, quelle a été son attitude par rapport à la santé, à la maladie et la guérison, à la vie spirituelle ? Au niveau de son moi supérieur, que pensait-elle de la façon dont les êtres humains doivent vivre ? Et dans quelle mesure a-t-elle pu mettre en pratique sa vision du monde ?

Demandez-vous aussi ce que vous éprouviez, étant enfant, à propos des rêves de votre mère.

Pensiez-vous intuitivement que ses valeurs et sa vision étaient justes ou erronées ? Quelle est votre opinion, maintenant que le pardon a épuré l’air et que vous avez dépassé votre rébellion d’adolescent ?

Et l’analyse intuitive que peut effectuer votre moi supérieur, aujourd’hui, sur l’ensemble de la vie de votre mère, peut jouer un rôle capital. Si vous aviez la possibilité de changer son passé, de corriger ses décisions, comment procéderiez-vous ? Enfin, le fait d’observer sa vie, à la fois durant votre enfance et depuis, a-t-il influencé la façon dont vous avez décidé de mener votre propre vie ?

Observer nos pères.

L’analyse de nos pères suivra la même méthode. Examinez attentivement la façon dont votre père concevait la vie, spécialement les relations qu’il entretenait avec les autres et son opinion sur les questions spirituelles. Quelle était pour lui la philosophie la plus efficace ? Que vous a enseigné son exemple ? Quel était son rêve personnel et dans quelle mesure a-t-il réussi ou échoué à le réaliser ?

Rappelez-vous qu’il a contribué à installer dans votre esprit, que cela vous plaise ou non, la moitié de votre conception de la réalité, y compris la façon dont vous agissez dans le monde, dont vous traitez avec vos associés ou vos collègues de travail, négociez ou honorez différents contrats et gagnez votre vie. Surtout, votre père vous a transmis des connaissances et des préjugés particuliers. Demandez-vous pourquoi vous vouliez avoir cette vision particulière de la vie au tout début de votre existence. Quels sont les problèmes auxquels vous désiriez être immédiatement sensibilisé ?

Comme avec votre mère, analysez vos réactions intuitives devant votre père. Quelle partie de sa vie, de son monde, de ses rêves, de son mode de vie approuvez-vous ? Quels éléments de son existence désapprouvez-vous ? Considérez-vous que la vie de votre père est un échec ou une réussite ? Et comment, à partir de votre conception actuelle, changeriez-vous ses décisions et le cours global de sa vie, si vous le pouviez ?

Fusionner les réalités.

Une fois que nous saisissons le sens de la vie de nos parents, nous nous apercevons souvent que leur personnalité et leur conception du monde, leurs valeurs et leurs intérêts étaient très différents. Pourquoi avons-nous été éduqués par deux personnes si opposées ? Sans aucun doute, nous avons assisté à certains conflits entre nos parents et les avons vus tenter d’harmoniser des points de vue divergents. Étant leurs enfants, nous avons une possibilité unique de comprendre cet effort de conciliation. Nous avons grandi entre deux personnes uniques, et nous avons assimilé leurs deux façons d’être pendant notre processus de socialisation[56].

Quelle est notre tâche dans une telle situation? Trouver une synthèse entre les perspectives de nos parents, qui trace la voie d’une existence plus authentique. Mon père a toujours voulu vivre de grandes aventures, voir le monde de façon positive et avec humour. Son monde était un monde matérialiste, dépourvu de toute spiritualité vivante, et sa volonté de s’amuser l’a souvent amené à des décisions catastrophiques, qui se sont parfois retournées contre lui. Pendant que je grandissais à ses côtés, j’ai observé son modèle de comportement et j’ai été sensibilisé au besoin d’une approche plus stratégique vis-à-vis de l’aventure. Ma mère, d’un autre côté, savait que le monde était profondément spirituel, mais elle faisait preuve d’une piété et d’une abnégation excessives. Elle a rejeté toute idée d’aventure personnelle et s’est sacrifiée en travaillant dur pour aider les autres et guérir les maux de l’humanité.

Pourquoi ai-je choisi de naître avec ces deux parents ? Ils avaient énormément de mal à maintenir l’harmonie entre eux. Ma mère voulait toujours mater mon père et l’enrôler au service de l’Église. Il se rebellait toujours, car il avait l’intuition que dans la vie on devait étendre ses horizons, même s’il ne savait pas très bien comment s’y prendre. Quand je pris du recul par rapport à leur situation et me mis à y réfléchir, la solution me sauta aux yeux. Je pouvais concilier la profonde spiritualité en laquelle croyait ma mère, et contribuer à rendre le monde meilleur, tout en en faisant un objectif amusant et une aventure. Ma mission me permettrait aussi de trouver ma source d’inspiration la plus profonde. Je compris que la compréhension de cette spiritualité élevée serait au centre de mon existence.

Cette synthèse entre les vies de mon père et de ma mère, qui me permettait de tirer le meilleur des conceptions de chacun d’eux, m’a aussi donné le sentiment que j’accomplissais en partie leurs objectifs existentiels et que je les aidais à évoluer dans le présent. Mais surtout je découvris que cette synthèse entre leurs idées cadrait exactement avec la façon dont, intuitivement, je voulais mener ma vie, comme si mon expérience avec eux avait simplement eu pour but de m’éveiller à cette vérité.

Le progrès des générations.

La nouvelle conscience spirituelle émerge maintenant aussi parce que nous sommes de plus en plus nombreux à comprendre l’influence de notre famille durant notre enfance. Poussés par l’intuition, beaucoup d’entre nous ont consulté des thérapeutes dans les années 1970. Notre conscience s’élargit quand nous passons en revue les premières années de notre vie. Nous ne sommes pas nés dans notre famille par hasard. Nous l’avons choisie. Ses idées et ses approches incomplètes nous ont justement permis de trouver notre propre conception et de découvrir la direction que nous désirions donner à notre existence.

Dans ce sens, comme nous l’exposerons dans les derniers chapitres de ce livre, chaque génération, quels que soient ses liens plus ou moins étroits avec la vérité spirituelle, élargit la conception du monde de la génération précédente tout en la faisant évoluer. C’est ainsi que nous participons au flux continu de l’évolution que de si nombreux penseurs ont aujourd’hui repéré. Nous ne faisons que rendre ce processus plus conscient.

Nos amis, nos études et nos premiers emplois.

Bien sûr, notre enfance et notre vie familiale ne représentaient qu’un début. Très jeunes, nous avons commencé à tracer notre propre chemin. Rappelez-vous toutes les influences que vous avez subies, à commencer par celle de vos frères et soeurs. Quels étaient vos sentiments à leur égard ? Qu’avez-vous appris à leur contact ? Pourquoi certains individus ont-ils attiré votre attention et en avez-vous rejeté d’autres ? Pourquoi avez-vous choisi de fréquenter certaines personnes et d’en ignorer d’autres ? Et pourquoi ces choix se sont-ils produits précisément au moment où ils se sont produits ?

Pourquoi avez-vous préféré certains professeurs ? Chacun d’entre nous a eu dans sa jeunesse quelques mentors dont les idées ou les attitudes nous attiraient. Nous nous passionnions pour leurs conceptions et la matière qu’ils enseignaient, nous traînions à la sortie de l’école pour continuer à discuter avec eux et apprendre d’eux. Pourquoi ces professeurs en particulier, et à cette époque précisément ? Quels sont les talents personnels qu’ils vous ont aidé à découvrir ?

Les études que vous avez choisies sont aussi significatives. Quels étaient vos centres d’intérêt et que rêviez-vous de faire plus tard? Quels étaient les cours et les sujets que vous aimiez ? Dans quel domaine avez-vous découvert que vous excelliez ? Les premiers emplois que vous avez occupés ont joué également un rôle dans votre passé. Quel genre de petits boulots avez-vous faits quand vous étiez lycéen ou étudiant ou, plus tard, quand vous étiez un jeune adulte ? Comment ces emplois vous ont-ils influencé en clarifiant ce que vous vouliez faire ?

Le but de cet examen est de trouver le sens synchronistique et spirituel de l’évolution de votre vie. Chacun de nous réunit et, dans une certaine mesure, complète les promesses non accomplies de ses parents. Nous pouvons saisir encore mieux notre objectif si nous repérons le domaine de la vie et de la connaissance humaines vers lequel nous semblons avoir été attirés au fur et à mesure que progressait notre existence. Des amis et des professeurs nous ont offert des optiques et des styles de vie différents que nous allions pouvoir assimiler et intégrer dans notre moi unique.

À quoi avons-nous été préparés ?

En examinant notre évolution personnelle, nous cherchons à comprendre le plus sincèrement possible notre enfance et l’histoire de notre vie depuis les premiers jours jusqu’au moment présent. Les éléments de votre puzzle personnel continueront à se mettre en place durant votre existence, mais maintenant vous pouvez regarder en arrière, examiner tout ce qui s’est produit et vous demander : Si je tiens compte de l’influence de mes parents pendant ma petite enfance, puis de tous les tournants et virages synchronistiques, des impasses, des erreurs et des succès de ma vie, qu’ai-je été préparé à dire au monde? Quelle vérité particulière, unique pour moi et mon expérience, puis-je exprimer et transmettre aux autres sur la façon dont on peut vivre sa vie de façon plus complète et plus spirituelle ?

Tel est le sens qui peut émerger d’une Revue de Vie. Nous pouvons avoir un aperçu des idées que nous devons défendre, des valeurs que nous voulons transmettre et qui expriment notre message pour les autres. La vérité que nous devons partager n’a pas besoin d’être compliquée ni très importante. Parfois les vérités essentielles sont les plus infimes et les plus simples. Avant tout, il nous faut trouver quelle est notre vérité actuelle et être prêt à l’exprimer avec courage, chaque fois que nous le jugeons adéquat. Ceux qui croisent notre route sont là pour entendre notre vérité. Même si, à vos yeux, elle est insignifiante, son impact peut être puissant et décisif selon la personne que vous voudrez influencer et la façon dont cela lui servira à clarifier les vérités des autres et leurs actions dans ce monde.

L’évolution de notre vérité.

Nos vérités évoluent toujours, non pas d’une façon sporadique ou indéfinie, mais de manière précise et claire, lorsque nous suivons la synchronicité dans notre vie. Mais que faire de notre vérité, comment la transmettre aux autres ? Va-t-elle s’incarner dans une carrière professionnelle ou dans un violon d’Ingres ?

Confrontez la réalité de votre vérité avec d’autres personnes et soyez attentif aux opinions de ceux qui ne sont pas d’accord avec vous. La meilleure description de la réalité surgira d’une conversation honnête. Une vérité sur une conception plus épanouissante de la vie peut être inefficace si elle est exprimée sous une forme trop compliquée ou présentée comme une philosophie pour laquelle les autres n’ont ni cadre ni référence. Votre vérité n’a pas besoin d’être de nature spirituelle. Certes, elle incitera d’une certaine façon les autres à se tourner vers la spiritualité. Mais elle peut s’appliquer au domaine particulier dans lequel vous travaillez déjà ou exercez une influence. Une vérité peut concerner la résolution des conflits, une autre proposer une nouvelle approche de l’informatique qui, à sa manière, libérera l’humanité.

Une chose est certaine : si nous demeurons vigilants, si nous restons centrés sur notre vérité et continuons à maintenir notre énergie à un niveau élevé, nous trouverons, à notre grand plaisir, que les coïncidences se multiplieront et deviendront de plus en plus significatives.

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