Un 3ème œil sur la réalité

Jimmy Guieu – E.B.E. Alerte Rouge – Chapitre 3

Jimmy Guieu – E.B.E. Alerte Rouge – Chapitre 3

« Qui  croit  savoir  est  un  sot. Mais  qui  nie  sans  savoir  est  un  fou. Cherche  la  vérité, tu  trouveras  la  Lumière. »

Vercors

                      

 

12  juin, sept  heures, Nevada, USA

 

Parti  d’Edwards Air Force Base, en  Californie, pour  effectuer  un  vol  destiné  à  tester  de  nouveaux  équipements  électroniques, le  bombardier  B-1B  de  la  North American  appartenant  à  la  flotte  d’intervention  du  SAC (Strategic  Air  Command), cinglait  vers  le  nord-est  en  direction  de  Nellis Air Force Range (extension  des  sites  de  tests  de  la  Nellis Air Force Base), Nevada. D’une  taille  inférieure  d’un  tiers  au  fameux  B-52  mais  d’une  capacité  d’emport  presque  deux  fois  supérieure, ce  bombardier  lourd  capable  d’emporter  trente-huit  bombes  nucléaires  B-83  ou  B-61, ou  encore  cent  quarante-deux  bombes  de  227  kilos  ou  trente-huit  de  907  kilos, était  également  conçu  pour  transporter  vingt-quatre  missiles  SRAM (Short  Range  Attack  Missile) en  soute  et  quatorze  autres  sous  le  fuselage. D’autres  types  de  cruise  missile  pouvaient  trouver  place  dans  sa  soute  interne.

Un  redoutable  quadriréacteur  pourvu  d’un  radar  offensif  multimode, Westinghouse  APG-164 (assurant  le  suivi  du  terrain, la  cartographie, l’identification  des  objectifs) outre  une  avionique  défensive  AN/ALQ 161 ; celle-ci  comprenait  un  dispositif  intégré  de  détection  de  radars  et  de  brouilleurs  à  réponse  pratiquement  instantanée, cela  dès  le  repérage  des  ondes  électromagnétiques  du  faisceau  adverse  s’efforçant  de  le  localiser !

En  substance, un  bombardier  stratégique  parmi  les  meilleurs  du  monde, doté  d’un  équipage  de  six  hommes  comprenant, pour  ce  vol  spécial, deux  ingénieurs  électroniciens  chargés  de  tester  les  perfectionnements  tout  récemment  apportés  au  système  de  contre-mesures  électroniques. Les  radars  de  Nellis Air Force Range  le  détectèrent  alors  qu’il  approchait  de  Groom Lake, zone  désertique  du  Comté  de  Lincoln, proche  de  la  pointe  méridionale  du  Nevada. Sa  signature  radar  s’évanouit… et  lui  avec !

Le  B-1B  du  Strategic  Air  Command, avec  six  hommes  à  bord, ne  fut  pas  retrouvé  malgré  les  recherches  entreprises  très  rapidement  par  des  avions  de  chasse  et  une  armada  d’hélicoptères…

 

 

12  juin, huit  heures, Colorado, USA

 

Le  Boeing  737  San Francisco-New York  enregistra  les  premières  trépidations  anormales  au-dessus  de  Grand Junction. Le  commandant  de  bord  procéda  aux  vérifications  d’usage, ne  découvrit  rien  qui  pût  justifier  ces  vibrations  et  appela  la  tour  de  contrôle  de  Denver  pour  signaler  l’anomalie  avant  l’escale.

A  l’approche  des  Rocheuses, l’amplitude  des  trépidations  prit  des  proportions  tellement  inquiétantes  que  les  passagers  se  mirent  à  crier, à  harceler  les  hôtesses  qui  eurent  bien  du  mal  à  les  apaiser. Pas  pour  longtemps : avec  un  fracas  terrible, l’aile  droite  se  détacha, entraînant  la  dépressurisation  de  la  carlingue  et, par  la  déchirure, l’expulsion  dans  le  vide  d’une  quinzaine  de  passagers !

Le  Boeing  s’inclina  à  bâbord. Les  trépidations  augmentèrent ; l’aile  gauche  se  détacha  à  son  tour  et  l’appareil  ainsi  démantelé  pirouetta  sur  lui-même  en  expulsant  d’autres  passagers, la  plupart  déjà  tués  par  la  décompression  brusque. La  carlingue  folle  et  les  deux  ailes  arrachées  percutèrent  les  contreforts  des  Rockies, près  de  Somerset. Il  n’y  eut  aucun  survivant…

 

A  seize  heures, au  Portugal, le  Boeing  747  Rio de Janeiro-Copenhague  explosait  en  vol  au-dessus  de  Vila Franca  de  Xira, peu  après  son  escale  à  Lisbonne.

Aucun  survivant  parmi  les  quatre cent  neuf  passagers  et  membres  d’équipage.

 

A  vingt  et  une  heures  trente, en  Inde, un  DC 10  s’écrasait  dans  les  monts  Ajanta, entre  Bombay  et  Nagpur. Nombre  de  victimes : trois  cent  quarante  et  une.

 

A  vingt-trois  heures  trente, en  Thaïlande  cette  fois, un  Lockheed  L-1011  en  provenance  du  Japon, inexplicablement  dévié  de  sa  route, s’écrasait  dans  la  jungle  de  Bukit  Panjang, à  quinze  kilomètres  au  nord-ouest  de  l’aéroport  international  de  Changi, à  Singapour. Sur  les  trois  cent  quinze  passagers, il  y  eut  cette  fois  vingt-neuf  rescapés…

 

Les  médias  se  firent, évidemment, l’écho  de  ces  catastrophes  en  chaîne  et  l’on  reparla  de  série  noire, de  malchance, d’erreur  humaine  en  matière  de  pilotage, de  défaillance  du  matériel (Boeing  avait  eu  déjà  bon  nombre  d’accidents  spectaculaires  durant  le  premier  semestre  de  l’année).

L’on  évoqua  aussi  les  attentats  imputables  aux  terroristes  arabes, aux  fanatiques  intégristes  financés, téléguidés, principalement  par  la  Lybie  et  l’Iran, lesquels  en  la  matière  détiennent  un  palmarès  imbattable ! Mais  en  l’occurrence, les  véritables  coupables  n’étaient-ils  pas  à  rechercher  ailleurs ? Peut-être  en  s’aidant  de  certaines  hypothèses… trop  hardies  pour  être  admises  par  les  médias ; trop  folles  pour  les  gens  « sensés »…

Trop  horribles  pour  ceux  qui  avaient  quelques  raisons  des  les  envisager…

L’hypothèse  de  représailles  dirigées  uniquement  contre  des  appareils  américains  était-elle  recevable ?

Mais  orchestrées, et  exécutées  par  qui ?…

 

 

13  juin, quinze  heures, New York

 

Une  foule  de  lecteurs de  tous  âges  et  de  toutes  les  couches  de  la  société  se  pressaient  cet  après-midi-là  dans  la  Science  Fiction  Shop, au  56  de  la  8e  Avenue, non  loin  de  Greenwich Village. Cette  8e  Avenue  qui, s’étirant  grosso modo  du  sud  au  nord  à  travers  Manhattan, change  de  nom  pour  devenir  Central Park West, le  long  de  ce  cœur  vert  de  New York, enchâssé  comme  une  émeraude  rectangulaire  dans  la  jungle  des  gratte-ciel…

Installé  depuis  moins  de  deux  ans  dans  cette  énorme  cité  américaine, Teddy  Cowen, un  jeune  auteur  plein  de  talent  et  de  promesses, dédicaçait  dans  ce  « temple  de  la  science-fiction »  son  troisième  roman : L’entité  noire  d’Andamooka, fort  bien  accueilli  par  la  critique, à  l’exception  de  Gay  Seale.

Ce  dernier, dans  son  compte  rendu  paru  deux  semaines  plus  tôt, avait  vomi  son  fiel  sur  ce  livre  « participant  de  tous  les  genres – aventure, science-fiction, thriller, fantastique  et  puéril – avec  un  titre  ronflant  et  aguicheur ! Andamooka ! Où  ce  jeune  écrivain, depuis  sa  chambre  de  Manhattan, a-t-il  pêché  un  nom  pareil, digne  des  aventures  infantiles  nées  de  l’imagination  débridée  d’un  Edgar  Rice  Burroughs ? »

Le  reste  était  du  même  tonneau. En  rationaliste  « constipé  du  bulbe  rachidien » (selon  la  plaisante  formule  du  professeur  Remy  Chauvin), Gay  Seale  s’était  déchaîné  pour  démolir  ce  roman, avec  la  plus  parfaite  mauvaise  foi. Le  critique  laissait  entendre  que  ce  nouvel  auteur  écrivait  ses  romans  dans  son  studio  de  Manhattan, au  lieu  d’imiter  son  idole  Jack  London  et  de  rouler  sa  bosse. C’était  vrai : Teddy  avait  écrit  ses  trois  premiers  ouvrages  dans  ce  petit  appartement  qui  dominait  Central Park, à  cinq  blocks  de  l’American  Museum  of  Natural  History. Mais  de  là  à  insinuer  qu’il  n’était  qu’un  sédentaire, un  écrivain  « en  chambre », le  gros  Seale  se  trompait. Teddy  avait  bourlingué  en  maints  pays  d’Asie, d’Océanie  et  longtemps  vécu  en  Australie, où  il  avait  vu  le  jour.

Et  ce  nom  étrange, « Andamooka », figurant  dans  le  titre  de  son  dernier  roman, n’était  pas  le  moins  du  monde  « infantile » : il  s’agissait  d’un  fameux  « champ  d’opales », près  du  lac  Torrens, en  Australie  méridionale. Un  pays  qu’il  connaissait  bien, qu’il  aimait  pour  avoir  justement, ici  et  là, creusé  son  sol, ses  monts, ses  déserts, à  la  recherche  des  opales, du  temps  où  il  ne  possédait  point  de  pseudonyme  littéraire  mais  s’appelait  de  son  vrai  nom, Philip (Phil) Jackson, dit  Lonesome  Jackson ! Il  avait  alors  plus  de  cinquante ans… et  en  paraissait  aujourd’hui  moins  de  trente !

Maintenant  New-Yorkais  d’adoption, écrivain  à  succès  dès  ses  premiers  livres, il  avait  opté  pour  le  pseudonyme  de  Teddy  Cowen. Les  amères  critiques  de  Gay  Seale  avaient  été  radicalement  effacées  par  l’éclatant  triomphe  obtenu  par  l’Australien  une  semaine  plus  tôt  devant  les  caméras  de  60  minutes, la  fameuse  émission  de  CBS  sur  Channel 2, le  dimanche  à  dix-neuf  heures. Le  journaliste-animateur, visiblement, avait  été  captivé  par  le  violon  d’Ingres  du  romancier : l’étude  des  UFO’s[1], des  Rencontres  du  IIIe  Type ; observations  et  récits  bien  réels  malgré  la  conspiration  du  silence  des  autorités, quand  elles  ne  se  lançaient  pas  dans  des  campagnes  de  dénigrement  à  l’endroit  des  témoins ! Le  romancier  n’hésitait  pas  à  aller  enquêter, parfois  fort  loin, auprès  d’une  personne  ayant  vécu  une  expérience  extraordinaire ; et  il  utilisait  volontiers  les  informations  recueillies  pour  les  insérer  dans  la  trame  romanesque  de  ses  livres, leur  donnant  dès  lors  un  ton  de  crédibilité  qui  ajoutait  au  caractère  attachant  de  l’intrigue.

La  station  de  télévision  CBS, outre  une  avalanche  d’appels  téléphoniques, avait  reçu  un  monceau  de  lettres, rassemblées  dans  des  sacs  postaux  acheminés  le  surlendemain  chez  l’écrivain. Ce  dernier, surchargé  de  travail, n’avait  d’ailleurs  pu  prendre  connaissance  que  d’un  dixième  à  peine  de  cette  volumineuse  correspondance !

 

Vers  trois  heures  et  demie  de  l’après-midi, un  « creux »  se  produisit  à  la  librairie. La  dernière  personne  à  déposer  sur  la  table  de  l’écrivain  l’un  de  ses  romans  à  dédicacer  fut  une  jeune  et  très  belle  femme  blonde, à  l’élégante robe  légère, pastel, qui  se  présenta  avec  un  sourire  amusé :

– Excusez-moi  de  troubler  votre  rêverie – je  vous  observais  depuis  deux  minutes, après  le départ  du  lecteur  qui  me  précédait – et  ne  m’en  veuillez  pas  d’avoir  été  indiscrète.

– Vous  ne  l’étiez  pas  et  c’est  vrai, je  ressassais  certains  souvenirs.

– Mon  nom  est  Linda  Buckley, antiquaire  de  profession  mais  aficionados  de  la  science-fiction, du  fantastique  et  des  OVNI. Suite  à  votre  participation  à  l’émission  60  minutes, je  vous  ai  écrit  à  CBS. Sans  doute  n’avez-vous  pas  eu  le  temps  de  me  répondre ?

– Votre  lettre  doit  figurer  parmi  les  centaines  d’autres – ou  davantage ! – que  CBS  m’a  fait  parvenir  dans  trois  sacs  postaux. C’est  à  peine  si  j’ai  pu  en  décacheter  une  cinquantaine. Mais  je  fouillerai  dans  le  tas  afin  d’extraire  votre  courrier  auquel  je  répondrai  par  priorité !

– Gagnons  du  temps, fit-elle. Ma  première  question  était, concernant  les  OVNI : y  croyez-vous ?

– Non, rit-il, mais  je  sais  qu’ils  existent. Asseyez-vous  donc, madame  Buckley, puisqu’une  accalmie  nous  permet  de  bavarder  un  peu.

Elle  prit  place  sur  la  chaise  à  gauche  de  la  table  où  l’écrivain  était  installé  et  enchaîna :

– Je  vais  tout  de  même  me  hâter  de  vous  dire… certaines  choses, avant  la  reprise  du  défilé  de  vos  admirateurs.

Il  lui  offrit  une  cigarette  qu’elle  refusa  gentiment :

– Non, merci, monsieur  Cowen. Mes  parents, de  confession  mormone, m’ont  servi  d’exemple : je  ne  fume  pas  et  ne  bois  pas  d’alcool. Dans  votre  livre, L’Entité  noire d’Andamooka, vous  imaginez  que  des  extraterrestres  nous  observent  et  que  certains  doivent  même  se  cacher  parmi  nous. Vous  l’avez  même  déclaré  la  semaine  dernière  sur  CBS.

– Oui, j’ai  bien  écrit  cela  et  c’est  ce  que  j’ai  dit  à  la  télévision.

La  jeune  et  belle  antiquaire  blonde  s’enhardit :

– Est-ce  seulement  le  fruit  de  votre  imagination  ou  bien  y-a-t-il  un  fond  de  vérité ?

La  question  parut  amuser  l’écrivain, auquel  l’on  avait  dû  la  poser  plus  d’une  fois. Il  répondit  de  bonne  grâce :

– Vous  savez, pour  écrire  des  romans  de  science-fiction, il  faut  avoir  acquis  un  nombre  impressionnant  de  connaissances  scientifiques, fût-ce  simplement  au  plan  de  la  vulgarisation. Pour  y  inclure  des  éléments  captivants, attachants… et  crédibles  liés  aux  OVNI  et  aux  extraterrestres, il  faut  avoir  aussi  accumulé  une  masse  d’informations, fait  soi-même  des  recherches  ufologiques, interrogé  des  témoins  d’observations  rapprochées  ou  ayant  vécu  une  Rencontre  du  IIIe  type.

Mais  vous, Linda, entrez-vous  dans  l’une  ou  l’autre  de  ces  catégories ?

Plongeant  ses  yeux  dans  les  siens, sans  ciller, elle  inclina  doucement  la  tête :

– Oui, j’entre  bien  dans… l’une  de  ces  catégories. Et  je  suis  prête  à  vous  apporter  mon  témoignage… pour  autant  que  vous  m’accordiez  votre  confiance, Teddy.

– Je  vous  l’accorde, Linda. Vous  n’avez  pas  du  tout  l’air  d’être  une  farfelue, ni  une  mystique  se  croyant  investie  d’une  mission  messianique… Et  en  disant  cela, je  ne  fais  aucune  référence  à  Joseph  Smith, le  prophète  de  l’Eglise  de  Jésus-Christ  des  Saints  des  Derniers  Jours… dont  vous  m’avez  dit  que  vos  parents  étaient…

– Sont  des  adeptes, corrigea-t-elle  en  souriant. Mes  parents, grâce  à  Dieu, sont  en  parfaite  santé  et  vivent  dans  la  petite  ville  de  Palmyra, au  sud  du  lac  Ontario  et  au  nord-ouest  de  l’Etat  de  New York, près  de  la  colline  de  Cumorah…

– Haut  lieu  par  excellence  des  Mormons  puisque  c’est  là  que… « l’Ange »  Moroni  apporta  à  Joseph  Smith  les  plaques  d’or  gravées[2], fondement  de  cette  religion  révélée  au  siècle  dernier. Je  n’appartiens  pas  à  cette  confession  mais  je  connais  assez  bien  l’historique  des… « contacts »  que  le  jeune  Joseph  eut  à  diverses  reprises  avec  ce  fantastique  personnage  qu’aujourd’hui  nous  appellerions  sûrement  un  « extraterrestre »… De  même  pourrions-nous  appeler  Joseph  Smith  un  contacté. Naturellement, cette  interprétation  néo-ésotérique  des  révélations  apportées  par  « l’Ange »  Moroni  à  Joseph  Smith  ne  sont  absolument  pas  partagées  par  son  Eglise, au  demeurant  fort  respectable  dans  son  essence  et  son  enseignement. Et  j’espère, ainsi, ne  pas  avoir  choqué  vos  convictions  religieuses, Linda ; ce  n’était  pas  là  mon  intention

Elle  lui  sourit  avec  chaleur :

– Cela  ne  me  choque  pas  du  tout, Teddy.

Elle  baissa  la  voix, se  hâta  de  lui  donner  sa  carte  de  visite  à  l’approche  de  plusieurs  lecteurs :

– Vous  allez  être  de  nouveau  accaparé  par  vos  admirateurs. Voulez-vous  me  téléphoner ? J’aimerais  qu’on  se  rencontre. J’aurais  beaucoup  de  choses… étonnantes  à  vous  dire, que  je  n’ai  pu  confier  à  ma  missive. Je  vis  à  Long Island, en  sa  partie  centrale, dans  la  nature, à  une  soixantaine  de  miles[3]  de  Manhattan. OK ?

– Il  lui  serra  la  main, manifestement  heureux  de  cette  rencontre :

– Promis, Linda. Je  vous  appelle  bientôt…

Quand  elle  fit  demi-tour, Linda  Buckley  faillit  heurter  un  homme  guère  plus  âgé  qu’elle – trente-cinq  ans  peut-être –, grand, blond, sympathique. Ils  se  regardèrent  tous  deux  avec  un  léger  froncement  de  sourcils, partageant  à  l’évidence  ll’impression  de  s’être  déjà  rencontrés. L’homme, très  cool, n’eut  qu’une  brève  hésitation  pour  lui  adresser  la  parole :

– Vous  voulez  bien  patienter  deux  minutes ? Quand  j’aurais  eu  ma  dédicace, nous  pourrions  aller  prendre  un  verre ?

Des  yeux  gris-bleu  pétillant  de  malice, l’allure  sportive  et  décontractée  d’un  homme  bien  dans  sa  peau.

Linda  Buckley  eut  un  bref  soupir :

– Cela  m’aurait  fait  plaisir, mais  je  dois  impérativement  rentrer  chez  moi, à  Long Island. Mon  fils  m’attend  et  je  n’aime  pas  le  laisser  seul  trop  longtemps.

Il  lui  tendit  sa  carte, souriant :

– Je  comprends. A  bientôt, peut-être…

Elle  fit  oui, de  la  tête, comme  à  regret, glissa  la  carte  de  visite  dans  la  poche  de  sa  robe  légère  et  la  rata  sans  s’en  rendre  compte ! De  la  même  façon, sans  le  vouloir, l’inconnu  poussa  le  bristol  avec  son  pied  sous  la  table  de  l’écrivain  auquel  il  présentait  son  dernier  roman  ouvert  à  la  page  de  garde  en  déclinant  son  nom :

– Kenneth  Fisher… Un  inconditionnel  de  Teddy  Cowen !

– Vous  avez  bien  raison ! rit  l’auteur  en  rédigeant  la  dédicace.

La  « corrida »  avait  repris, les  lecteurs  se  succédant  presque  sans  discontinuer. La  rançon  du  succès ; ceci  ne  l’empêchait  point  de  songer  aux  révélations  promises  par  cette  jeune  femme. Que  lui  apprendrait-elle, lorsqu’il  serait  en  mesure  de  la revoir ? Bientôt, l’espérait-il.

La  file  de  lecteurs  attendant  leur  tour  s’allongeait  et  il  sourit  à  une  grande  et  superbe  jeune  femme  noire, élégante, moulée  dans  une  robe  légère  blanc  cassé, fort  échancrée. Beauté  d’un  spécimen  propre  à  couper  le  souffle  à  l’écrivain, sensible  à  la  classe, aux  rondeurs  émouvantes  que  cette  lectrice  offrait  à  ses  regards, semblait-il, en  toute  innocence. Très  grande, elle  lui  rappelait  Grace  Jones, la  chanteuse, comédienne  et  top-model, vedette  féminine  de  Conan  le  Barbare.

– Puis-je  avoir  une  dédicace, monsieur  Cowen ?

– Non… Pas  avant  que  vous  ne  m’ayez  dit  votre  prénom  et  donné  votre  numéro  de  téléphone ! plaisanta-t-il  à  mi-voix, pour  elle  seule.

L’inconnue  se  pencha  davantage, confidentielle :

– C’est  moi  qui  vous  appellerai  peut-être  un  jour, si  mes  angoisses  métaphysiques  dégénèrent  en  insomnie. Mon  prénom  est  Maura – Kimball  pour  le  patronyme – et  je  ne  figure  pas  dans  l’annuaire !…

Devinant  la  fascination  qu’exerçaient  sur  lui  ses  seins  libres  sous  le  léger  tissu  de  sa  robe, elle  confia, dans  un  murmure :

– En  modifiant  de  quelques  degrés  angulaires  votre  axe  visuel  vers  le  point  zénithal  de  ma personne, vous  constaterez  que  lui  non  plus  ne  manque  pas  d’intérêt…

Sans  se  démonter, conquis  par  l’humour  et  la  culture  de  la  jeune  femme  de  couleur, il  obéit, admira  son  visage  et  lui  renvoya  son  sourire :

– Touché. Merci  d’être  si  belle, si  cultivée  et  si  spirituelle…

Tandis  qu’elle  s’éloignait, flattée, il  la  suivit  des  yeux, réduisant  cette  fois  très  sensiblement  en  déclinaison  l’axe  de  son  regard ; il  se  mit  alors  à  songer  au  symbole  de  l’infini, sa  fabuleuse  chute  de  reins  dessinant  un  « huit »  horizontal  au  gré  de  sa  démarche  avec, peut-être, un  soupçon  de  mécanique  quantique  dont  le  symbole  est  une  double  ondulation !

– Je  m’appelle  David  Larabee, monsieur, et  j’ai  dévoré  votre  livre ! Il  paraît  quand  le  prochain ?

Une  frimousse  intelligente, des  yeux  noirs  profondément  enfoncés  dans  les  orbites, tout  sourire, douze  ans  au  plus. Ce  jeune  lecteur, pour  la  seconde  fois, venait  de  répéter  ses  nom  et  prénom  en  donnant  au  romancier  très  entouré  son  livre  ouvert  à  la  page  de  titre.

– Content  de  te  connaître, Dave, fit  le  « jeune »  Australien  en  rédigeant  à  son  intention  une  dédicace  des  plus  sympathiques.

L’enfant  en  lut  le  libellé, accentua  son  sourire  et  tendit  à  l’écrivain  une  enveloppe :

– Ma  tante  n’a  pas  pu  venir – elle  aussi, dévore  vos  bouquins – et  elle  m’a  chargé  de  vous  remettre  cette  lettre. Ce  n’est  pas  pressé ; vous  la  lirez  en  sortant  de  la  librairie, ce  soir. Il  paraît  que  vous  êtes  voisins. C’est  une  drôle  de  coïncidence, non ?

Les  autres  lecteurs, livre  à  la  main, attendaient  leur  tour  et  Teddy  Cowen, ex-Lonesome  Jackson, passé  sans  transition  du  seuil  de  la  vieillesse  à  la  force  de  l’âge – Dieu  seul  savait  comment ! –, remercia  l’enfant, glissa  l’enveloppe  dans  la  poche  intérieure  de  son  veston  et  reprit  ses  dédicaces.

Ce  ne  fut  pas  avant  dix-huit  heures  trente  que  l’auteur  put  trouver  un  moment  pour  prendre  connaissance  de  cette  missive  qui  l’intriguait.

Un  texte  des  plus  laconiques :

Goï  o’  my  heart ! Tu  me  manques. Téléphone-moi  après-demain  soir (15  juin) vers  six  heures  au  741-0270. Ariellah.

Un  coup  au  cœur ! Un  tourbillon  d’images  de  sa  jeunesse  « d’antan » !

Phil  Jackson, ému, relut  plusieurs  fois  ce  message  et  en  particulier  la  signature. Il  n’avait  connu  qu’une  seule  Ariellah  dans  sa  vie, voici  plus  de  vingt-cinq  ans  de  cela !

Une  bouffée  de  tendresse, de  souvenirs  émouvants  l’envahit, tempérée  cependant  par  une  anxiété  larvée : ils  s’étaient  aimés, bien  sûr, en  1965, aux  portes  du  Grand  Désert  de  Victoria, en  Australie. Elle  avait  alors  dans  les  vingt-huit  ans  et  lui  deux  de  plus. Mais  aujourd’hui ?…

Aujourd’hui, en  1989, Ariellah  avait  donc  franchi  le  cap  de  la  cinquantaine. Et  lui, inexplicablement, comme  sous  l’effet  d’un  coup  de  baguette  magique, deux  ans  plus  tôt, s’était  réveillé  un  matin  rajeuni  d’une  trentaine  d’années !

Comment  lui  expliquerait-il  cette  métamorphose  démente, impossible, « dingue » ? C’avait  été  d’ailleurs  son  premier  mot  en  découvrant  son  nouveau  visage, dans  le  petit  miroir  du  policier  Edward  Lunan, en  Australie !

Et  elle, Ariellah, quinquagénaire – et  tante  du  garçonnet  David  Larabee, comment  réagirait-elle  devant  ce  jeune  homme… qui  lui  paraîtrait  peut-être  même  plus  jeune  qu’elle  ne  l’avait  connu  en  1965, lorsqu’ils  s’étaient  aimés ?

Téléphone-moi  après-demain…

Il  n’y  manquerait  pas, bien  sûr.

Et  avec  quelle  appréhension  formerait-il  son  numéro !

Cette  lettre  d’une  revenante, ce  fantôme  chéri  d’un  passé  révolu  à  jamais, le  tourmentait…

En  abandonnant  la  table, il  découvrit  une  carte  de  visite  et  la  ramassa :

Kenneth  Fisher, électronicien, 783  Lake  Tappan  Wayside, Old  Tappan, New Jersey. Phone : 385-91-27.

Fisher? Oui, il  se  souvenait  d’avoir  dédicacé  un  livre  à  ce  lecteur, lequel  avait  échangé  quelques  mots  avec  la  jolie  blonde : Linda… Oui, Linda  Buckley, de  Long Island. Ils  avaient  d’ailleurs  l’air  de  se  connaître.

Lonesome  Jackson, alias  Teddy  Cowen, mit  la  carte  dans  sa  poche  où  elle rejoignit  celle  de  Linda  Buckley  et  n’y  pensa  plus, sollicité  par  son  estomac  qui  criait  famine !

 

 

14  juin – Nouveau-Mexique

 

A  une  vingtaine  de  kilomètres  au  sud-est  de  Dulce, entre  la  route  537  et  le  Cordova Canyon, Bradford (Brad) Corliss, un  robuste  éleveur  de  bétail, possédait  un  ranch  en  rien  comparable  à  celui  du  professeur  Dennsmore  qui, lui, demeurait  au  nord  de  l’agglomération. Point  d’élégante  bâtisse  à  colonnades  et  piscine, ici. Non. Bien  que  vivant  confortablement  du  commerce  de  ses  bovins, Corliss, sa  femme  et  leurs  deux  filles  se  contentaient  d’une  grande  ferme (dominée  par  une  antenne  émettrice), avec  une  mare  assez  tendue  où  barbotaient  des  canards. Des  corrals, des  étables  et  des  pâtures  se  répartissaient  autour  de  la  chaîne  montagneuse  voisine.

Ce  matin-là, au  volant  de  sa  Jeep, Bradford  Corliss  inspectait  ses  troupeaux  épars  vers  l’est, ayant  laissé  à  Miguel  Mancaniello, l’un  de  ses  vaqueros  hispano-américains, le  soin  de  sillonner  le  Nord  et  l’Ouest  jusqu’à  la  route  64  et  au  John  Mills  Lake.

Le  talkie-walkie  accroché  à  la  ceinture  du  conducteur  crachota  et  l’éleveur  s’en  saisit, appuya  sur  le  contacteur  latéral  en  portant  le  combiné  contre  sa  joue :

– Corliss, over…

– Miguel, patrõn. Venez  vite ! conseilla-t-il  d’un  débit  rapide. Je  suis  à  l’arroyo  de  Conejos, près  de  la  vieille  cabane.

– Qué  passa, hombre ?

– Una  desgracia, patrõn, una  desgracia ! (un malheur, patron, un  malheur !).

Connaissant  la  propension  du  vaquero  à  savourer  plus  qu’il  n’eut  fallu  la  dive  tequila, l’éleveur  le  questionna  sans  détour :

– Miguel, tu  es  sûr  de  ne  pas  avoir  trop  éclusé, ce  matin ?

– Pas  si  tôt, patrõn, pas  si  tôt ! Venez  vite…

En  moins  d’un  quart  d’heure, la  Jeep  stoppait  en  dérapant, soulevant  un  nuage  de  terre  près  de  la  vieille  cabane  en  planches, au  bord  de  l’arroyo  de  Conejos  où  se  trouvait  déjà  la  Land Rover  du  ranch  pilotée  par  Mancaniello. La  quarantaine, trapu, chemise  écossaise  et  jean  élimé, un  Stetson  durci  par  la  sueur, brunâtre, rejeté  vers  la  nuque, le  vaquero (il  avait  horreur  qu’on  l’appelât  cow-boy, ce  qui  pourtant  signifiait  strictement  la  même  chose !) écrasa  sous  sa  botte  un  mégot  et  invita  du  geste  son  patrõn  à  le  suivre.

Ils  n’eurent  pas  à  marcher  longtemps  et  Corliss  poussa  une  bordée  de  jurons  en  apercevant  dans  la  pâture  trois  vaches  et  une  génisse  couchées  sur  le  flanc, la  panse  gonflée, les  jambes  raides, anormalement  écartées, une  énorme  plaie  béante  à  la  place  des  organes  génitaux  et  de  l’anus !

– Les  sales  fumiers  d’enfoirés  maudits ! Ils  ont  recommencé !

– Si, patrõn. Avant-hier, c’étaient  les  bêtes  du  señor  Ramirez, près  de  Lumberton, aujourd’hui, c’est  les  vôtres ! Ca  faisait  des  années  que  les  salopards  n’avaient  plus  touché  aux  troupeaux !

Bradford  Corliss, un  genou  à  terre, examinait  l’une  des  vaches  tuées, très  proprement : les  mamelles, la  vulve  et  le  rectum  avaient  été  découpés  avec  une  précision  chirurgicale  et  pas  une  seule  goutte  de  sang  n’était  visible, ni  sur  et  autour  du  « champ  opératoire », ni  au  sol.

– Regardez  aussi  leur  tête, à  ces  pauvres  bêtes…

L’une  d’elles  avait  subi  l’énucléation  de  l’œil  gauche, l’ablation  des  lèvres  supérieure  et  inférieure, de  la  langue  et, là  non p lus, pas  la  moindre  goutte  de  sang. La  génisse  présentait  une  tête  « nue », parfaitement  débarrassée  de  sa  peau, de  sa  chair, même  de  ses  gencives, les  os  et  les  cervicales  « nettoyés »  avec  minutie, le  tout  ayant  pris  une  coloration  rosée ; sans  trace  de  sang, comme  toujours…[4]

– « Ils »  lui  ont  fait  la  même  chose  qu’à  Snippy, ce petit  cheval  Appaloosa  palomino, découvert  avec  ce  même  type  de  mutilation, en  1967, dans  la  vallée  de  San  Luis, à  deux  cents  bornes  dans  le  Colorado.

– C’est  aussi  ce  que  je  me  suis  dit, patrõn, ragea  le  vaquero, attristé. Qu’est-ce  qu’on  va  faire, si  l’épidémie  de  massacres  reprend, comme  pendant  la  grande  vague  de  1973  à  1985[5] ?

Les  dents  serrées, fulminant  de  colère, l’éleveur  se  redressa :

– On  va  s’organiser, Miguel. Je  vais  téléphoner  à  tous  les  ranchers  de  la  réserve  indienne  puis  à  quelques  gros  éleveurs  du  comté  du  Rio  Arriba. A  leur  tour, ils  préviendront  les  autres. On  s’est  jamais  baladé  avec  des  ombrelles, mais  je  te  fous  mon  billet  qu’on  va  désormais  sortir  l’artillerie  et  on  s’en  servira, s’il  le  faut ! Quels  que  soient  les  coupables, sectes  sataniques – comme  l’ont  prétendu  certains – ou  militaires  de  chez  nous  procédant  à  des  expériences, ils  vont  déguster !

 

 

15  juin, dix-huit  heures, New York

 

Phil  Jackson, alias  Teddy  Cowen, passa  ce  jeudi  à  tourner  chez  lui  comme  un  lion  en  cage, incapable  de  se  concentrer  sur  la  fin  d’un  article  commandé  par  un  grand  magazine. L’image  d’Ariellah – telle  qu’elle  était  en  1965 – l’obsédait. Et  cette  aiguille  des  minutes  qui  n’en  finissait  pas  de  se  rapprocher  du  douze  pour  marquer  les  dix-huit  heures ! Sur  son  message  laconique, Ariellah  lui  avait  demandé  de  l’appeler  à  cette  heure-là  et  il  s’était  imposé  de  ne  pas  tenter  de  la  joindre  plus  tôt  au  téléphone.

A  dix-huit  heures  moins  une, n’y  tenant  plus, il  posa  sa  main  sur  le  combiné  et  s’apprêtait  à  pianoter  le  numéro  sur  le  clavier  lorsque  la  sonnerie  retentit. Ne  s’attendant  pas  à  être  appelé  à  cette  heure  précise, il  envoya  moralement  au  diable  son  correspondant, se  nomma  un  peu  sèchement… et  resta  bouche  ouverte : son  correspondant  était  une  correspondante, à  la  voix  chaude  et  grave, qui  fredonnait  les  premières  mesures  de  Peg  o’  my  heart !

– Ariellah !

– Jack ! Goï  o’  my  heart ! C’est  toi  qui  devais  m’appeler  à  six  heures  et  je  m’étais  promis  de  ne  pas  tenter  de  te  joindre  avant  l’heure… mais  j’ai  craqué  à  moins  une !

– J’allais  composer  ton  numéro  quand… Je  vais  te  chercher  et  nous  allons  dîner  dans  un  restaurant  de  Broadway ?

– Non. Tu  viens  chez  moi : je  vous  ai  préparé  un dîner… chinois  comme  tu  n’en  as  sûrement  jamais  mangé ! Tu  as  mon  adresse : 3107, 81e  rue  ouest, dix-septième  étage, appartement  1709. Les  pièces  en  enfilade  dominent  la  verdure  de  Central Park  et, par  sa  fenêtre  sud, ma  chambre  donne  même  sur  le  jardin  du  Hayden  Planetarium, tu  verras. Comment  viens-tu : métro  ou  voiture ?

– Je  viendrai  en  voiture…

– En  ce  cas, j’ai  un  double  box  au  parking  souterrain, niveau  3, travée  9, numéros  17-22  et  17-24. Le  17-24  sera  ouvert. Tu  verras…

Tu  verras… Ariellah  venait  pour  la  seconde  fois  de  répéter  ces  mots, la  première  à  propos  du  living  mais  aussi  de  sa  chambre…

Ils  n’avaient  pas  de  chambre, en  Australie, mais  un  matelas  de  camping  gonflable, disposé  soit  à  même  le  sol  du  désert, soit  à  l’arrière  du  Range Rover. Et  ils  s’étaient  follement  aimés…

Ils  avaient  à  peine  plus  d’un  demi-siècle  à  eux  deux !

Aujourd’hui, même  avec  les  artifices  d’un  salon  de  beauté, Ariellah  devait  peu  ou  prou  paraître  son  âge… Alors  que  lui, Teddy  Cowen, ex-Lonesome  Jackson, bénéficiant  d’un  inexplicable  rajeunissement, accusait  tout  au  plus  la  trentaine ! Et  cette  situation  déroutante, sans  précédent, l’angoissait…


[1]              Unidentified  Flying  Objects = OVNI. Le  sigle  américain  a  donné  ufologue, pour  désigner  celui  qui  étudie  ce  sujet.

[2]              Plaques  d’or  gravées  que  Joseph  Smith  montra  à  huit  témoins  qui  devinrent  ainsi  les  pionniers  et  apôtres  de  l’Eglise  mormone. (Cf. « L’Eglise  rétablie »  de  William  Edwin  Berrett, excellent  ouvrage  historique  édité  par  l’« Eglise  de  Jésus-Christ  des  Saints  des  derniers  jours », 77200  Torcy, France.)

[3]              100  km  environ.

[4]              Authentique.

[5]              Massacre  « mystérieux »  qui  coûta  plus  de  10  millions  de  dollars  aux  fermiers  américains  et  5  fois  plus  aux  contribuables  des  Etats-Unis ! Et  cet  holocauste  demeura – officiellement  du  moins – une  énigme…


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