Un 3ème œil sur la réalité

Croyances, Sectes et Religions

L’Evangile de Judas: Interview avec Daniel Meurois-Givaudan

DANIEL MEUROIS-GIVAUDAN
« Le Christ est venu résoudre sur terre un problème de nature énergétique… La rémission des péchés est un mensonge»

L’écrivain d’origine française installé au Canada, Daniel Meurois-Givaudan, s’est longuement intéressé à la vie de Jésus en tant qu’homme historique d’abord et puis en tant qu’entité porteuse d’un message. Il a voulu dresser le portrait d’un homme concret, émotionnellement signifiant et pour ce faire, il a fait appel à des sources qui ne cadrent pas avec les versions officielles. Il fait partie de ces auteurs qui considèrent que tout événement, tout acte humain, laisse une signature énergétique qui finit pas former une sorte de gigantesque banque virtuelle de données, les « annales akashiques », une réserve infinie d’informations qu’il est possible de consulter si l’on suit une certaine discipline mentale.  L’intéressé s’est donc principalement concentré sur les sources  «non autorisées » pour reconstituer la vie quotidienne à l’époque du Christ ainsi que la biographie de celui-ci. Que l’on donne foi ou non à l’existence d’une énorme mémoire virtuelle ayant enregistré tous les événements historiques, il est fascinant de prendre connaissance du récit cohérent que l’auteur a fait de ces épisodes mythiques. Ensuite, il semble évident que Daniel Meurois s’est longuement plongé dans les textes et évangiles gnostiques, qui montrent les épisodes de la vie de Jésus sous un tout autre angle, radicalement différent des perspectives qu’offrent les textes du Nouveau Testament. Nous nous sommes dit que Daniel Meurois pouvait nous offrir des réponses originales et iconoclastes aux questions que chacun se pose sur l’étrange spectacle qu’offre la diversité des croyances et des textes relatifs à cette époque.

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L’Evangile de Judas: Interview avec John Lash

John LASH
«Il n’y a ni messie, ni élus, ni fin des Temps»

John Lash, auteur d’origine américaine vivant en Espagne et en Belgique est devenu à la longue une sorte de « puriste » dans le cadre de l’étude des textes gnostiques. Puriste dans la mesure où il a toujours voulu démontrer que les gnostiques n’étaient en aucun cas des chrétiens mais plutôt les ennemis jurés des religions messianiques. Lash pense que l’on a tort de vouloir faire passer les gnostiques pour des chrétiens new age dont les principes semblent séduire un nombre croissant de personnes. Mais cette séduction repose sur un malentendu, nous dit John Lash, dans la mesure où les gnostiques n’affirment pas qu’un homme est mort et ressuscité par amour de l’humanité. Selon eux, l’homme se doit plutôt de combattre une partie de lui-même, une partie qui fait de lui une sorte de machine : la partie placé sous le joug des archontes. Tous les textes gnostiques ne trouvent pas grâce aux yeux de Lash qui ne retient que les textes « sethiens », à savoir ceux qui sont les moins influencés par le christianisme en train de s’imposer. C’est la raison pour laquelle l’évangile de Judas ne semble pas séduire Lash qui la juge avec une certaine sévérité. Car, selon lui, il y a lieu de se rebeller à l’égard de cette religion qui fait de la douleur et d’un instrument de torture – la croix – un moyen de rédemption et de vie éternelle. pour John Lash, le groupe qui a donné naissance au christianisme messianique n’était rien d’autre qu’une secte vouant un culte à une entité extraterrestre qui se faisait passer pour un dieu –Yahveh– et qui est à l’origine d’une fiction religieuse : le monothéisme judéo-chrétien.

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L’Evangile de Judas: Deuxième partie

La double humanité
et l’intrusion extraterrestre.

Dans un passage clé de l’évangile de Judas, Jésus révèle à ce dernier des informations capitales qui ne peuvent être entendues que par Judas car il serait suffisamment initié pour en comprendre la portée, signe dans cet Evangile que Judas avait effectivement un statut privilégié aux yeux du Christ. Judas s’inquiète de son avenir et Jésus lui enseigne ce qu’il advient des âmes après la mort. En d’autres termes, il y est question de « salut » Malheureusement, ce passage critique est amputé de certains mots parce que le codex a été abîmé. Mais de quel « salut » parle le Christ ? Du salut venant d’un messie, d’un « jugement » qui va sauver des élus ? Pas exactement. Jésus apprend à Judas qu’il existe deux sortes d’êtres humains, en réalité deux lignées humaines : « la grande génération sans archonte au dessus d’elle » et la « génération perdue » (in « l’Evangile de Judas » et « Le christianisme mis sans dessus dessous », Flammarion, 2006). La génération adamique, ceux à qui l’archange Gabriel a accordé l’esprit éternel et qui appartient par conséquent à « la grande génération sans archonte » regagnera le royaume dont elle est issue. Elle retrouvera sa source, toujours porteuse de son âme éternelle. Quant à la seconde génération, elle est dépourvue d’âme éternelle mais possède « un esprit à titre temporaire pour le service » reçu de l’archange Michel, une notion assez mystérieuse qui met en évidence que l’intelligence –une forme d’intelligence plus mécanique- aurait été donnée à cette humanité uniquement pour servir pour un temps déterminé. Voilà d’étranges notions qui jettent un autre éclairage sur cette notion d’élus qui nous est parvenue sous une autre forme, sans doute manipulée, via certains dogmes chrétiens fondamentalistes. Comme par exemple, les témoins de Jéhovah pour lesquels seule, une petite partie de l’humanité (144.000 âmes) seront choisis par le Seigneur à la Fin des Temps. En réalité, cette conception déformée est l’arbre qui cache la forêt. A savoir qu’au départ, des textes apocryphes voulaient tout simplement nous informer de l’existence d’une double humanité, d’un double héritage, d’une double création et d’une double influence. Et non d’un cercle élitiste d’âmes obéissantes choisies par Dieu en récompense de leur stricte observance des commandements du dogme.

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L’Evangile de Judas: Première partie

Les mystères
de l’évangile de Judas

L’évangile de Judas est aujourd’hui le texte gnostique le plus populaire et le plus connu car il a bénéficié d’une gigantesque campagne marketing du National Geographic. Il n’est pas le texte le plus typiquement « gnostique » puisque selon certains spécialistes, il serait porteur de conceptions et d’influences plus proches du christianisme comme cette étrange notion d’une humanité damnée et d’une autre, plus authentique.
Cette conception d’une double humanité paraît à première vue dérangeante mais elle cache peut-être un lourd secret que les autorités du monde antique –le pouvoir romain et puis plus tard, les Pères de l’Eglise– ont voulu dissimuler, voire éradiquer. Cette notion de double humanité a subi une mutation sémantique et donc idéologique au cœur du christianisme et c’est sans doute les restes de cette conception qui ont permis de générer une croyance typique du christianisme radical : celle d’un cercle d’élus de Dieu face à la multitude des pêcheurs impies, des hommes rigoureux, vertueux et obéissant aux lois de l’église face aux hérétiques et autres incroyants. Ce système fondamentaliste existe encore aujourd’hui et est représenté par certains courants évangélistes ou bien sectaires comme la secte des témoins de Jéhovah qui prévoit que seul un nombre restreint d’élus (144.000 en fait) seront sauvés.  Dans ce dossier, nous tenterons d’en savoir plus sur cette mystérieuse « double humanité » mais également sur certains autres thèmes très étranges développés par les gnostiques et qui nous invitent à examiner le phénomène de l’intrusion extraterrestre d’un autre œil.
La popularité de l’évangile de Judas trouve son origine dans l’affirmation selon laquelle Judas était sans doute le disciple préféré du Christ et qu’il n’a fait, en le dénonçant, que remplir une mission que Jésus lui avait confié. De la sorte, la boucle était bouclée et cette dénonciation auprès des Romains permettait à l’épisode de la crucifixion de se dérouler et au message chrétien de se propager.  Quel message ? La venue d’un messie, «ressuscité d’entre les morts» qui « enlève les péchés du monde » ? Rien n’est moins certain !
Les gnostiques considéraient que la crucifixion de même que la mort et la résurrection étaient des aberrations du christianisme messianique, une sorte de virus idéologique et que le message du Christ n’était certainement pas sa mise au supplice et la promesse d’une vie meilleure après cette incarnation terrestre. C’est sans doute pour cette raison que l’évangile de Judas s’arrête net, précisément au moment de la dénonciation, juste avant le calvaire du Christ, peut-être parce que justement, la promesse et le message de Jésus ne résidaient pas dans le dolorisme.  Selon la conception gnostique, le message central est un message de libération portée par une entité, « XRS » (prononcez Krest), peut être le Christ historique et il s’agissait d’une libération par le biais de la connaissance. Pas d’une connaissance livresque et intellectuelle mais bien d’une connaissance du fonctionnement intérieur de la psyché humaine et de ses relations avec le monde qui l’entoure.
Car en fin de compte, les religions monothéistes comme les sectes gnostiques se posent la question suivante : de quoi l’homme est-il prisonnier ? Et que doit-il faire pour se libérer ? Pour les dogmes judéo-chrétiens, l’homme est prisonnier d’une faute commise par son ancêtre, « la faute originelle » et donc, l’être humain est l’objet d’une damnation qui ne sera levée qu’au jugement dernier. Or cela, point de salut ! Pour les gnostiques, l’homme est captif de son ignorance et doit combattre des ennemis : les Archontes. Nous en reparlerons. Il n’y a pas eu de « faute » mais une erreur commise par la déesse « Sophia » (sagesse) lors de la création de la terre et de la lignée humaine, une erreur aux proportions cosmiques qui a eu pour conséquences de couper l’homme de la source créatrice et donc, d’entraver son fonctionnement psychique et de le confiner dans la peur et le manque.
Pour mieux visualiser les enjeux cachées derrière la Gnose, deux auteurs nous ont livré leurs impressions et leur savoir : Daniel Meurois-Givaudan et John Lash.

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